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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
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  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 17:42
ÉCRIRE UN  « THRILLER » par l'écrivain Henri Lhéritier

Depuis des années, ils ne cessaient de l’attendre.
Ils avaient accepté l’idée qu’il ne reviendrait pas en plein jour, mais au cours d’une nuit sans lune ni étoiles, aussi dans cette maison au bord de la falaise, par mauvais temps, lorsque que le vent fripant la lande faisait siffler les portes et les fenêtres, attentifs à tous les bruits du dehors, ils s’installaient le soir autour de la cheminée et ils veillaient. Irénée, le grand-père, ressassait cette idée que les marins disparus en mer ne meurent jamais, leurs proches les croient toujours vivants. En revanche, sans avoir jamais perdu l’espoir de les revoir, puisque le béret, les objets familiers et les photos des disparus se trouvent toujours sur le buffet, fatigué de les attendre, leur famille finit par mourir. Alors plus personne ne pense à eux, et c’est comme s’ils n’étaient jamais morts. Pour Irénée, l’immortalité s’éloignait de lui, ne naviguant plus il n’avait plus aucune chance de disparaître en mer ou alors il faudrait qu’une vague vienne l’enlever de son fauteuil au bord de l’âtre et l’emporte dans les noirceurs de l’horizon, zébrées d’éclairs, où le ciel et l’eau se confondent.
Ce soir-là, trouant le vent, ils entendirent au loin une mélopée que les bourrasques rapprochaient d’eux ou bien atténuaient par moments jusqu’à en faire un murmure à peine chanté.
On gratta à la porte. Un frisson les parcourut, ils s’agrippèrent à leur fauteuil :
Enfin lui ! s’écria Irénée.
Une voix éraillée et hésitante pénétra dans la pièce en même temps qu’un individu titubant qui chantait :
« Dans le lit de la marquise, nous étions quatre vingt chasseurs ».
Et lui, fermant son ordinateur portable, dit, rageur :
J’en ai une indigestion de tenter d’écrire des « thrillers », je fais une première phrase convenable, alors tout ragaillardi, j’en profite pour me servir du sancerre dans le grand verre à pied que j’utilise lorsque je suis content de moi, c’est à dire tout le temps et aussitôt ce verre avalé, mon truc devient n’importe quoi, j’en oublie les mobiles, m’embrouille les pinceaux dans les alibis, je finis par perdre l’assassin et, au bout du compte, je n’ai même plus de cadavre.
Bon Dieu ! Que viennent faire ici cet ivrogne et cette marquise nymphomane ?
Il leva les yeux au ciel.
Désormais, il se consacrerait aux vies de saints.
Et pourquoi pas, lui dis-je, aux marquises nymphomanes ?

Le tout meilleur d'Henri Lhéritier:

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/henri%20lheritier/

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Published by L'archipel contre-attaque ! - dans Henri Lhéritier chroniques
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