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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
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  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 17:34
Georges Bartoli avec Henri Lhéritier. 9 min ·  Henri Lheritier est mort hier soir, celui qui partageait avec bonheur sa vie entre gastronomie et littérature ne nous régalera plus de sa verve et de ses nectars. C'est une vraie perte pour tous les rêveurs debout, les épicuriens de combat, les gourmets de l'existence !
Georges Bartoli avec Henri Lhéritier. 9 min · Henri Lheritier est mort hier soir, celui qui partageait avec bonheur sa vie entre gastronomie et littérature ne nous régalera plus de sa verve et de ses nectars. C'est une vraie perte pour tous les rêveurs debout, les épicuriens de combat, les gourmets de l'existence !

« Je n’arrive pas à le croire, c’est trop grand pour moi, mes propres livres ne me suffisent pas à endosser le costume d’un écrivain. Ils sont imparfaits certes, mais c’est surtout ce voisinage avec des gens que j’admire, au sein d’un moyen d’expression que je place si haut, qui m’intimide, au point que je n’ose pas m’attribuer ce titre. Moi, me classer en leur sein ? S’il m’était arrivé de soigner mon prochain, j’accepterais de me faire appeler médecin, ou si j’avais construit, ne serait-ce qu’un poulailler, architecte, ou épicier, ou président de la République, ces qualificatifs –là, je les porterais sans rougir, écrivain, non ! C’est un titre qu’on ne mérite que mort ! Mes livres sont là, sous mes yeux, extérieurs à moi, j’observe leur dos, leur couverture, je peux les peser, les ouvrir, les feuilleter, je les sens, je suis content de les avoir écrits et même fier, mais je me demande toujours comment j’ai pu faire, et si j’ai réussi à les écrire, c’est justement parce que ce ne sont peut-être pas tout à fait des livres. Cependant, je me rends à l’évidence, mon vieux ce que tu as fait, cela s’appelle un travail d’écrivain. »
Henri est mort, le voilà donc, selon son propre critère, pleinement écrivain ! N’allez pas croire qu’il attendait en candaleta que la camarde valide ce qu’il appelait lui-même son travail ! Ô que non, Henri aimait trop la vie, préférant à la gloire posthume tous les qualificatifs que d’aucuns, en mal de d’étiquettes, lui collaient allégrement, vigneron écrivain, par exemple, sous prétexte qu’il faisait aussi un vin merveilleux. Mais voilà, si en terre catalane, ils sont nombreux à faire des vins magnifiques, ils le sont beaucoup moins, ceux qui sont dignes aujourd’hui de délier les sandales qui chaque matin auraient eu le redoutable privilège de le porter vers ce quotidien si drôlement défini ; pied gauche vers les vignes, pied droit vers l’écriture. Non, Henri, c’est les deux pieds dans l’écriture qu’il était tout entier, il en vivait comme un prêtre sa foi, un marin son bateau, une petite culotte son popotin bien rebondi. Dire qu’il aimait l’humour et la dérision, plus que son propre vin, et ce n’est pas peu dire, était-il besoin de le lire pour en être convaincu ? A table, il n’y avait qu’à le regarder plisser les yeux et esquisser un sourire pour savoir qu’à la minute qui allait suivre, l’assistance allait exploser … Le talent, l’humour, et la foi, oui, oui, la foi, même s’il ne la portait pas en bandoulière. Elle n’était pas très riche de chasuble d’or ni de Veni Creator, mais Il y avait entre sa petite bedaine et son cœur, une grande place pour l’homme, celui auquel il collait le H de la majuscule royale , celui qui vit d’amour et de combat pour la justice et la liberté. Ce n’est pas la foi, ça ? Et puis, comment ne pas craquer à cet Henri de tendresse, et de timidité sous son apparence de patron de cotre pirate mal rasé et la chemise au vent de sa tramontane chérie, l’éternelle fiancée de son vieux platane des bords d’Agly. ..
Il est parti. Un homme de moins en notre expirante démocratie franchouillarde pour, à son humeur, hisser le drapeau noir face au politiquement correct, à la grande peur des bien- pensants, de son cher Bernanos, et lancer ses diatribes cinglantes à l’inébranlable stupidité de nous autres frères humains qui après lui restons… Mais il nous a laissé ses livres, un inestimable cadeau.

(merci à Michel Lloubes d'avoir passé le texte)

Le tout meilleur d'Henri Lhéritier:

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/henri%20lheritier/

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