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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
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  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 11:16


A mes amis indépendantistes qui me reprocheront d’être un catalan pour de rire et d’avoir attendu que le livre de Jaume Cabré soit traduit en français pour le lire, je répondrai que lorsque Puigdemont et Mas, seront capables de tracer un full de ruta aussi universel que son « VIatge d’hivern », je me déclarerai ipso facto et illico, foi de Bebelle, indépendantiste ! 
Et pourtant, rien de politiquement correct, de poétiquement revendicatif ou de militant, non, aucun itinéraire fléché, pas la moindre considération morale, ni même quelques gouttes de cette sève nourricière que Kavafis et Lluis Llach, semèrent magistralement dans les esprits à la mort du franquisme… Non, Cabré, simplement, s’est livré à ses lecteurs, la chemise et la corde au cou, comme les bourgeois de Calais devant les petits rois d’Angleterre que nous sommes tous. 
 Et c’est un étrange et merveilleux voyage en hiver que Cabré fait à pied dans une neige aussi inquiétante et mortifère que vivifiante ! Etonnant voyageur, dirait Michel Lebris, qui pérégrine entre laideur et beauté, bien et mal, désespoir le plus insondable et espérances discrètes, tranquilles ou anxiogènes. Et le voici en grand prêtre, Zarastro, d'un culte, ô Isis und Osiris, où le paradoxe n’est qu'apparent, en sa forme. Sur le fond, tout se tient, comme dans une vieille rengaine scoute qui liait en botte violettes et aubépines avec un brin de paille sur laquelle est couché le vieux monde cruel et énigmatique …Quatorze nouvelles, deux de plus qu’il n’y eut d’apôtres, brèves mais concises et ô combien méditées: paraboles païennes où le sacré est omniprésent comme dans un texte de Régis Debray, celui qui ne croit plus en Cuba. Quatorze paraboles donc, depuis la cruelle certitude de Treblinka, le clair-obscur de la chambre de Rembrandt, la chevauchée fantastique de Lambertus, Vienne du zentralfriedorf où sont enterrés Beethoven, Brahms et compagnie, jusqu'au ces "deux minutes" impromptues et triviales, d'un petit coup en douce d’une barcelonaise avec le réparateur de la machine à laver... Schubert ouvrant le bal avec sa monumentale sonate D 960,.le lecteur qui ne lit pas le solfège pourrait paniquer, se croire déjà immergé, irrémédiablement noyé, dans la musique ? Et bien non, celle-ci n'est là que pour inciter, comme au supermarché, à consommer au mieux, une nourriture devenue céleste par la grâce d'une écriture au fort degré d'octane, dont elle est à la fois l'essence, qui booste et le diesel, qui assure, Vais-je parler, et tant que j'y suis, conclure sur la tenue de route ? Pourquoi-pas, tant le danger est, pour un recueil de nouvelles, dans l’insuffisant gonflage des pneus ou la mauvaise répartition des charges. Cabré a trouvé l’équilibre parfait, temps forts et temps faibles, sans casser le rythme, ce qui n’est pas évident pour un auteur travaillant surtout le roman… Ah , Confiteor, Oh, Panamo ! . Il a enfin, grâce encore à la musique, points d’orgue ou demi soupirs-croche, senti le dosage subtil des effets et du suspense,sans que jamais, ou presque, le téléphone ne sonne avant que n’ait été composé le numéro. . Voilà. On l’aura compris, de la magnifique ouvrage avec l’essentiel dans sa conclusion « La vie n’est pas le chemin, pas même la destination, seulement le voyage… » L’indépendance, aussi ?

 

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Published by L'archipel contre-attaque ! - dans ARTICLES catalans
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