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L'archipel Contre-Attaque

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  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 20:03

 

Première circonscription 43% pour le socialiste Jacques Cresta, Daniel Mach sorti avec 33%, Louis Aliot FN 23%

Deuxième circonscription 50.5% pour l'UMP Fernand Siré link, 49.5 pour Toussainte Calabrése

Troisième circonscription 53% pour la socialiste Ségoléne Neuville link, 47% pour l'UMP Jean Casteix

Quatrième circonscription Pierre Aylagas 55.5 % Jacqueline Irlés 44.6%

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 16:24

aliot-morano.jpeg

Le front national reste en campagne dans les Po , même s'il ne croit pas qu'il puisse y obtenir un siège (le scrutin majoritaire à deux tours au prétexte de la stabilité de l'assemblée nationale (stabilisation?) tue la représentativité politique de la France, en laissant maître des leviers politique l'UMP et le PS qui quant à l'économie on un regard convergent sur l'économie de marché, avec pour le PS une légère inclinaison pour les politiques keynésienne link, les jours où le vent ne souffle pas trop fort.) . Ici, il retire sa candidate pour faire perdre un PS arrogant qui pense faire un grand chelem, (en méprisant au passage tout les autres partis de gauche auxquels elle n'a accordé aucune place ,voir le cas Jean Vila, sur la première circonscription) , comme la deuxième circonscription, où Irina Kortanek se retire pour faire perdre Toussainte Calabrése ( celle qui avait gagné face à Louis Aliot, et dont Christian Bourquin avait le symbole de son triomphe face au front national) . Là il ne peut se maintenir mais Marine Le pen elle-même , inscrit sur une liste noire des candidats à faire perdre, comme la socialiste Ségolène Neuville, en tête sur la troisième circonscription face à l'UMP, maire de Prades et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, Jean Casteix (On se souvient que le soir des cantonales, celle-ci voyant lui Aliot allait répondre à l'antenne de France Bleu Roussillon installée pour l'occasion dans le hall du conseil général, l'avait hué)  . On tracte donc, parce que la propagande électorale du FN,  si elle ne donne pas de résultat direct aujourd'hui, ses graines pousseront peut être bien pour 2014 aux municipales avec la crise et ses séquelles, sans compter l'attitude de certains candidats et militants UMP qui pensent qu'ils ont peu ou prou les mêmes valeurs. (Le canular de l'humoriste Gérald Dahan prenant la voix de Louis Aliot pour appeler Nadine Morano, qui avait déjà donné une interview dans l'hébdomadaire d’extrême droite Minute, sur les valeurs que les deux partis partageaient, s'enlise encore plus dans sa danse du ventre avec celui qu'elle pense être au téléphone ,le numéro deux du FN) Les militants que nous avons croisé ne sont plus dans la caricatures des années 80, bombers et crane rasés. On trouve beaucoup de retraités, commerçants et artisans, même deux lycéennes de terminale en passe de rejoindre un BTS, encartées au front nationale (dont les parents sont aussi encartés au front national) .   Un évènement intervient, la préfecture se serait trompée en envoyant dans certaines boites de Canet Plage sur la deuxième circonscription, en distribuant les professions de foi de la première circonscription, comme ce fut le cas aux dernières cantonales sur le canton de Saint Jacques. Ainsi le candidat nouveau centre, Pierre Parrat fit-il un recours contre son vainqueur socialiste Jean-Louis Chambon  . Au moment du procès au tribunal administratif de Montpellier qu'il perdit, l'avocat de Pierre Parrat argumenta sur le fait que les voix du FN auraient du naturellement se rapporter sur lui, ainsi aurait-il pu gagner! link. Le temps joue pour le front national puisqu'en face hors l'insulte, et la diabolisation, il semblerait que la gauche soit incapable de construire un argumentaire contre (Mélenchon excepté, mais torpillé de toute part à gauche, il aura perdu peut être de manière définitive à Hénin-Beaumont). Parce que finalement, depuis Mitterrand, le meilleur allié subjectif des socialistes qui ne croient plus au social, mais au sociétal, c'est le FN. L'hypocrisie consistant à utiliser le mot "nauséabond" comme adjectif qualificatif de ce parti, et d'utiliser le mot "d'électeurs en souffrance" lorsqu'on  est trop juste en voix pour battre la droite. 

Mais comme la digue cède, cette stratégie ne sera bientôt plus applicable! Alors, le front national finira d'obtenir ce qu'il veut: le pouvoir!
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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 11:50

De passage au Québec pour une série de conférences, j’ai pu assister à quelques jours d’une grosse et longue  révolte étudiante.

 

Une révolte qui commence en février et qui dure depuis  avec des manifestations chaque soir qui rassemblent des centaines, des milliers ou des dizaines de milliers de personnes. Chaque jour, depuis le vote de la loi 78 qui a tenté de casser la mobilisation le  18 mai dernier, des citoyens sortent pour taper sur leur casserole en guise de protestation comme les faisait les chiliens du temps de Pinochet au pire temps de la dictature…  Les voisins acadiens du Québec font aussi « leur grand tintamarre » chaque année, mais c’est  pour commémorer le 15 aout leur survie quand les Britanniques ont tenté de les décimer avec les déportations de 1755 à 1762…

La cause de cette révolte étudiante vient d’une décision du gouvernement Québécois d’augmenter les frais de scolarité universitaire de 82 % en sept ans sous prétexte que les étudiants « doivent faire leur part » et que les frais de scolarité sont les moins cher au CANADA. En fait c’est un moyen d’interdire l’accès de l’université aux plus pauvres.

 

Si aux Etats Unis, en Angleterre, au Japon, en Australie et dans les autres provinces canadiennes les frais de scolarité sont effectivement plus importants qu’au Québec le gouvernement du premier ministre Charest oublie de dire que dans nombre de pays européen les frais de scolarité sont beaucoup moins importants

Par année en $ US : Québec  2168, Pays Bas 1851, Italie 1281, Portugal 1233, Espagne 1038, Suisse 879, Autriche 853, Belgie 599, France 190 (minimum), Danemark Finlande, Mexique, Islande, Norvège, république Tchèque, Suède gratuits… .

Au-delà de l’augmentation de ces frais, c’est un problème de société  qui se pose au Québec. Est-ce à la collectivité de prendre en charge les coûts de l’amélioration du système universitaire ou aux consommateurs des services selon le principe « utilisateur-payeur » ? L’éducation d’un peuple doit-elle être au même niveau qu’un bien de consommation courant ?

Charrest, après une centaine de jours de grève, a fait voter une loi liberticide limitant le droit de grève, le droit de manifestation, de réunion… L’article 29 de cette loi vise même les citoyens qui, par un « acte », « omission », « consentement » ou « conseil » amène une autre personne à violer les dispositions de la loi 78, commet lui-même une infraction passible d’une amende.  C’est dire que l’on va loin. La police dispose également d’un arsenal important de moyens de répression et peut arrêter les manifestants pour entrave à la circulation ou entrave à leur action et les manifestants condamnés à de lourdes amendes. (Cette loi est actuellement contestée en cour supérieure). 

C’est la première fois que je ne reconnais pas le Québec ou j’ai passé 15 ans de ma vie.  La vie politique du  Québec  s’est longtemps focalisée sur le débat entre fédéralistes et souverainistes, mais au-delà de cette vision les citoyens vivaient dans un pays de tolérance, de compromis, d’un  respect scrupuleux des règles et de l’autorité. Je parlerai - avec ma culture française - de « consensus mou », et comme le dirais les québécois de « se laisser manger la laine sur le dos »…

L’agressivité du premier ministre Charrest vis-à-vis des jeunes, ses réflexions méprisantes, sa volonté de ne rien lâcher, d’envenimer la situation, de  faire capoter les négociations est une attitude inédite au Québec, l’objectif de faire passer le message dans la « majorité silencieuse »   que les jeunes sont des « enfants gâtés » a permis à certains de critiquer de manière acerbe les jeunes, c’est là aussi une attitude inhabituelle d’intolérance. Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec le sarkozisme qui durant  5 ans a critiqué les uns ou les autres au gré des circonstances en divisant pour régner sur la France.  Ainsi, partout dans le monde, quand les dirigeants du somment de l’état stigmatise des groupes, ils font des émules.   

Les étudiants sont, quant à eux, resté extrêmement modérés en plus ils doivent en permanence faire preuve de leur bonne foi, de leur volonté de négocier.  Cette crise aura permis l’émergence de leaders étudiants brillants et articulés qui seront la relève politique de demain dont le Québec a bien besoin. Aujourd’hui  avec cette augmentation massive des frais de scolarité, on doit parler d’un débat gauche-droite inédit au Québec avec une radicalisation des positions et deux visions de la société.  Au moins, la loi 78, au lieu d’étouffer la contestation,  l’a élargie à des groupes qui se mobilisent aujourd’hui pour défendre les libertés individuelles…

 

Une résistance qui fera date et une affaire à suivre.

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 12:43

Valérie Trierweiler femme de caractére link, est semble-t-il compris dans le forfait Hollande "Moi président", elle ne veut pas être "première dame", elle se veut "première journaliste de France" et autre titre inutile. En fait, elle est juste atteinte du syndrome de la petite souris qui chemine avec l'éléphant. Une petite souris qui cheminait un jour avec un éléphant s'écrie alors: "Tu te rends compte qu'est-ce qu'on fait comme poussiére!" Moundir ,lui, est un fin connaisseur de l'âme féminine. Voilà ce qu'il aurait pu en penser et les conseils qu'il aurait donné à François  

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 10:42

Le CHE

Les candidats du MRC link ont fait une campagne sans moyen, ni financier , ni médiatique (on attend encore la publication d'une interview de Fabrice Thomas, et on a attendu les invitations au débat de de la CGPME qui n'a pas su trouver le contact), mais la conclusion est positive si on regarde le score à peu près équivalent du MODEM et des verts qui eux avec plus de moyens. voici le communiqué d'Olivier Amiel responsable régional du MRC 

"Les résultats link obtenus par Atika El Bourimi et Ahmed Sobban du Mouvement Républicain et Citoyen de Jean-Pierre Chevènement sont encourageants. En effet, avec un budget représentant 1% des campagnes de l'UMP ou du PS, et sans chéquier d'argent public destiné aux subventions de dernière minute et aux encarts publicitaires dans le quotidien local... Nos candidats ont prouvé qu'il était possible de faire de la politique autrement, de manière courageuse, et avec comme seul objectif la défense du sens de la République.

Leurs scores sur Perpignan (1,6 % sur les bureaux urbains de la 1ère Circonscription et 1 % sur la 3ème Circonscription) est de bonne augure pour les municipales de 2014

Ils donneront dans la semaine leurs consignes de vote pour le second tour."

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 22:50

La candidate du MRC sans moyen financier, et sans soutien de la presse fait ses 1.1%, et talonne les verts et le modem

Et voilà passé le premier tour , sans enthousiasme!

Tous les résultats :


Première circonscription

Candidat Sortant Siège Voix % Ins. % Exp.

AUT Mme MARCINIAK Annie 40 0,06 0,10

ECO M. TOMAS Jean-Paul 329 0,49 0,84

UMP M. MACH Daniel O 11 098 16,41 28,21

EXD M. VERDIER Pierre 171 0,25 0,43

ECO M. MORANT Michael 0

FN M. ALIOT Louis 9 496 14,04 24,14

CEN Mme ESPERT Christine 505 0,75 1,28

ECO Mme SARRASECA Hélène 118 0,17 0,30

FG M. VILA Jean 6 434 9,52 16,36

DVG M. CRESTA Jacques 9 668 14,30 24,58

EXG Mme ADVENARD Pascale 98 0,14 0,25

DVG M. FAURA Raymond 3 0,00 0,01

AUT M. GOMEZ Laurent 128 0,19 0,33

EXG Mme FONT Stéphanie 124 0,18 0,32

VEC Mme LANGEVINE Agnès 682 1,01 1,73

DVG Mme EL BOURIMI Atika 443 0,66 1,13

Deuxième circonscription

ECO Mme SORBIER Cécile 285 0,32 0,54

FG Mme FITER Françoise 3 493 3,92 6,58

ECO Mme CASTANET Audrey 488 0,55 0,92

UMP M. SIRE Fernand O 14 706 16,51 27,70

EXG M. PLANA Liberto 305 0,34 0,57

SOC Mme CALABRESE Toussainte 17 060 19,15 32,14

FN Mme KORTANEK Irina 12 525 14,06 23,59

VEC Mme RICARD Marie-Paule 942 1,06 1,77

AUT Mme CLAVEL Pascale 226 0,25 0,43

EXG Mme RIDEAU Annie 222 0,25 0,42

AUT M. BRACHET Gérald 3 0,00 0,01

CEN M. PUIG Joseph 2 831 3,18 5,33

Troisième circonscription

Ségolène Neuville (Parti Socialiste) 18116 voix 22,70% inscrits

Jean Castex (UMP) 14743 voix 18,40% inscrits

Bruno Lemaire (Front National) 9022 voix 11,26% inscrits

Daniel Borreill (Front de gauche) 3491 voix 4,36 % inscrits

Jean Marc Panis (Europe Ecologie – Les Verts) 1372 voix 1,71 % inscrits

Claude Sala (Le Trèfle-les nouveaux écologistes homme-nature-animaux) 415 voix 0,52 % inscrits

Daniel Fabresse (Nouveau Parti Anticapitaliste) 325 voix 0,41 % inscrits

Christian Desrousseaux (Alliance Ecologiste Indépendante) 243 voix % 0,50% inscrits

Ahmed Sobban (Mouvement Républicain et Citoyen) 244 voix 0,30% inscrits

Anna-Maria Urroz (Lutte Ouvrière) 185 voix 0,23% inscrits

Jean-Marie Rul (Sans étiquette) 81 voix 0,10% inscrits

quatrième circonscription 

 Le socialiste Pierre Aylagas sort  vainqueur de ce premier tour  en obtenant 35,98 % des suffrages exprimés. Il devance de plus de 5000 voix la députée maire sortante de Villeneuve-de-la-Raho qui obtient 27,16 % (16,73 % inscrits).

Marie-Thérèse Costa-Fesenbeck ( Front National) 10437 voix (18,35% exprimés/11,30% inscrits) et Nicolas Nicolas Garcia (Front de gauche) 7135 voix (12,55 % exprimés/ 7,73 % inscrits) ne sont pas en mesure de se maintenir au second tour.

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 17:14

http://fr.wikipedia.org/wiki/Noam_Chomsky

Le linguiste nord-américain d’extrême-gauche Noam Chomsky, auteur de La fabrique du consentement (ed. Agone, 2008), a élaboré une liste des dix stratégies de manipulation des masses à travers les médias. Elle détaille l’éventail, de la stratégie de la distraction à la stratégie de la dégradation, des manières de maintenir les citoyens dans l’ignorance et la médiocrité. En lisant ce texte on reconnaîtra les techniques de gestion, par ceux qui nous gouvernent, de l’immigration, de la crise des retraites, etc.

 

1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

 2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

 3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

 4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

 5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles ».

 6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

 7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

 9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !

 10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 14:37

On se demandait ce qu'était devenu le général Tapioca aprés le coup d'état du général Alcazar dans "Tintin et les picaros" , il est visiblement en exil à Perpignan sous une nouvelle identité. là, il reprend ses bonnes vieilles habitudes s'afficher en 4 par 3, au prétexte des voeux, mais aussi, pour des prétextes fallacieux pour se faire connaître de ses concitoyens:"Ensemble dans chaque quartier, le dialogue et l'action font avancer Perpignan!" Mais que cache le sourire de Jean-Marc Pujollink (C'est comme cela qu'on l'appelle désormais). Officiellement, on nous annonce que cette campagne a été offerte par Clear Channel, sans quoi le coup eut été de 30 000 Euros. Mais comme disait Berthold Brecht :" Seule la mort est pour rien. Tout le reste se paie!" 

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 07:56

Kalamaki-8-copie-1.jpgKalamaki

Grèce : Le temps de la crise, Alexandra Delcamp fait une thése sur les Rébétes link à la Sorbonne, elle vit plus la moitié de l'année en Gréce, nous lui avons demandé un article sur l'état des grecs, au-de-là du regard classique des grands médias. Résultat: un texte émouvant qui met l'humain au centre, parce que "les statistiques ne saignent pas; c'est cela qui compte!" comme disait Arthur Koestler

Il y a des lieux que l’esprit a du mal à associer avec la crise. En Grèce, les plages, reflets bleu-argentés du ciel et des oliviers de l’Attique, gamme chromatique aux ondulations paresseuses qui seules interrompent le calme plat d’une mer d’huile, une île sauvage visible au large comme si elle était à portée de main, sable rayonnant de la blancheur du repos et des jeux, cris de joies enfantines et conversations animées, musique de la lumière grecque, temps toujours beau, temps suspendu, les belles plages grecques, plastifiées dans les pages glacées de nos magazines, ont pourtant quelque chose de changé depuis la crise.

 

A Kalamaki, plage très fréquentée d’Athènes, un groupe de grecs, tous les jours plus nombreux, se réunit inlassablement contre le même pan de mur gris, été comme hiver, de tout temps, par tous les temps. Les touristes passent devant sans même les regarder, soit qu’ils pensent que comme eux, ils ne sont que de passage, soit qu’ils estiment que, puisqu’ils ne s’assoient pas, comme eux, sur les chaises payantes, ils n’ont pas beaucoup d’intérêt. Il faut dire que les touristes, même s’ils sont en vacances, n’ont pas le temps. Du moins pas le temps grec.

 

A Kalamaki, le temps est toujours votre allié. Si vous vous sentez d’humeur joyeuse, il s’arrête pour vous, faisant de ces minutes qui passent ordinairement trop vite dans les bons moments un chapelet d’instants éternels, qui n’appartiennent qu’à vous et pour toujours. Le « on a le temps » de Kalamaki est sans commune mesure avec le « on a le temps » des touristes. Il ne signifie pas qu’il est une parenthèse de repos dans un temps qui vous échappe ou pire, vous oppresse à passer toujours trop vite ; il signifie que le temps devient votre compagnon. Vous n’êtes pas son esclave, il n’est pas le vôtre non plus. A Kalamaki, on cultive l’art de vivre avec le temps.

 

Là, les opinions politiques sont très divergentes ; on n’y est jamais d’accord, mais on discute quand même, à perte de vue. Chaque histoire personnelle y est racontée avec le talent d’un aède de telle manière que chaque morceau de vie devient une épopée égalant celle d’Ulysse. Même s’il y a beaucoup de nouveaux arrivants ou de « fraîchement naturalisés » dans cette bande de Kalamaki, on ne parle qu’en grec (« l’anglais, c’est pour draguer les touristes, renchérirait Kosta ; le grec c’est pour discuter de la beauté, du plaisir que nous avons à être ensemble, et du sens de nos vies, dussions-nous arriver à la conclusion qu’elles n’en ont aucun »). Albanais, russes, ukrainiens, égyptiens, turcs, iraquiens, autant de

 

nationalités qui ont rejoint la « parea1 » de Kalamaki, autant d’hommes et de femmes qui ont débarqué en Grèce par nécessité, autant qui affirment ne plus pouvoir la quitter et préférer, malgré la crise et les difficultés, ce mode de vie à tout autre au monde.

 

Alors ils se retrouvent quotidiennement, entre « grecs », années semblables aux heures, heures semblables aux années, contre ce petit pan de mur gris, entre les cabines et le café de la plage, face à la mer et au passage des touristes qui ne prennent jamais le temps de se mêler à eux, face au monde mais suffisamment à l’abri de sa course folle, suffisamment à l’abri des maladifs porteurs de montre. Toujours quelque chose à boire ou à manger, ramené de la maison, dans l’éventualité d’accueillir un ami de passage, une connaissance ou un étranger. On écoute de la musique (grecque, évidemment) sur un petit poste de radio qui grésille et dont le son peine à concurrencer celui du café voisin, qui passe en boucle tous les succès américains. On y danse parfois, quand on a un malheur ou une joie à exprimer. On y joue aux raquettes toute la journée et on y nage dès que possible, même en hiver pour les plus téméraires qui sont souvent les plus âgés (« le corps, c’est aussi important que l’âme, ça s’entretient ! », vous diront-ils).

 

Vous y croiserez entre autres Yannis, « l’écrivain », qui pousse son gros ventre le long de la plage, cartes de visite en main, toujours prêtes à être dégainées en cas de croisement (accidentel ou provoqué) avec la gente féminine de passage. Il a quitté son travail il y a cinq ans. Il y a aussi Sarkis, cordonnier retraité de 70 ans, un des plus anciens de la « parea », qui erre le long des rives, joie de contempler la mer, amertume d’avoir dû quitter la lointaine Constantinople, pour un espoir qui ne s’est même pas réalisé. Il y a son fils, 40 ans, qui, il y a deux ans encore, ne venait jamais sur cette plage parce qu’il vivait très confortablement des bijoux qu’il fabriquait, et qui maintenant doit faire avec 100 euro par mois. Il y a les belles russes, qui ont épousé des grecs et vivotent de petits boulots qui ne leur rapportent même pas 35O euro par mois et qui ne peuvent plus compter sur le complément du salaire de leur mari, au chômage depuis 2 ans. Il y a Madame Litsa, professeur de philologie grecque à la retraite, et qui touche, comme Sarkis, en récompense de ses bons et loyaux services, une retraite qui n’excède pas les 600 euro. Pourtant, elle dit qu’elle n’a pas à se plaindre, parce qu’elle n’a ni mari ni enfants à charge. Il y a aussi Monsieur Manolis, boute-en-train de la « parea », qui malgré son grand âge, n’hésite jamais à se lancer dans des pirouettes de casse-cous, perpétuelle hymne à la vie, ni à raconter avec beaucoup de malice des histoires qui lui sont arrivées, banales somme toute, mais qui par son récit prennent des proportions gigantesques, juste pour régaler et faire rire les autres.Par une de ces brûlantes après-midi d’avril dont seul le printemps grec a le secret, de lentes évaporations émanant du sable, ondulant avec volupté et entrainant dans leur danse tout le paysage de Kalamaki qui semblait ondoyer de concert avec elles, environ une semaine avant les élections, une conversation passionnée sur la crise a fait oublier jusqu’au grésillement nasillard des chansons qui passaient sur le petit poste de radio.

C’est Yannis, « l’écrivain », (on le surnomme ainsi parce qu’il a écrit un livre sur un soi-disant code qu’il y aurait à tirer de l’alphabet grec et qui permettrait de comprendre les secrets du Christ et de l’Histoire du monde) qui comme à son habitude, a parlé le premier. Cette conversation a été enregistrée, et je la reporte ici, traduite en français.

« La misère est tombée sur le peuple grec et nous n’allons pas tarder à avoir faim. Non seulement les gens ne trouvent plus de travail mais en plus ils doivent de l’argent à tout le monde, surtout aux banques. Tu veux mon avis ? La religion et le pouvoir sont des escrocs. Le système doit changer. La démocratie est un mensonge. Je n’y ai jamais cru. Regarde Thémistocle avec les Perses, il s’est moqué des grecs qui l’avaient pourtant désigné comme le plus à même de mener la campagne contre les Perses. La suite on la connait… Non, la démocratie, c’est un mensonge, une utopie. Moi je n’ai pas peur de le dire, il faut une dictature, ils ne comprennent que ça les gens. Il faut une loi qui interdise de faire des enfants. Il n’y en a plus assez pour tout le monde, on est déjà trop. Ils me font rigoler avec leurs histoires de révolution. Personne ne peut rien faire. Les choses ne changent jamais par le bas, toujours par le haut. Le changement ne peut venir que du pouvoir. Une révolution ? Mais qui la ferait ? Ils veulent tous la même chose : avoir une maison, une voiture… S’ils ont ça ils encaissent tout le reste. Non, y’a pas à tergiverser, il faut un régime dur pour qu’il soit respecté par le peuple. Il faut obliger les gens à manger juste ce qu’il leur faut pour vivre.

Enfin, je parle, je parle, mais la Grèce n’a plus de futur. De toute façon ça va finir en guerre civile tout ça. Et ce ne sont pas les politiciens qui vont y changer quelque chose. Ce sont des acteurs, dans leurs écoles, on ne leur apprend pas à réfléchir pour le bien de la cité, on leur apprend à mentir. Moi j’ai toujours voté pour le moindre mal. Jamais à gauche, bien sûr. A gauche, ils ne veulent pas gouverner. Aux élections, je voterai soit Chrisi Avgi2, soit Laos3, je n’ai pas encore décidé. Eux, au moins, ils ont de la poigne. De toute façon, moi, quand je vote, j’essaye toujours de me penser à la tête du pouvoir et d’imaginer ce que je ferais. Je peux te dire qu’avec moi tout le monde se tiendrait tranquille. » Manolis l’interrompt. « Yannis, comme d’habitude, tu dis n’importe quoi ! Tu n’es même pas logique ! Tu dis que la démocratie est une utopie et tu es bien content de pouvoir voter pour tes barbares qui se disent plus grecs que les grecs. La vérité est que ceux-là n’ont rien compris à l’âme de la Grèce. » Yannis, ayant repéré au loin une paire de jambes féminines, s’en va, cartes de visite en main, sans même saluer l’assemblée. « Laisse, c’est un imbécile », me dit Manolis. « Il a le même problème que beaucoup de grecs, il est bloqué dans le « c’est impossible on ne peut rien faire. » Or, penser ça, c’est le meilleur moyen de ne rien faire et de ne rien changer. Mais c’est un raisonnement erroné. Si tu refuses de te laisser abattre, alors tu te bats, et si tu te bats, il te reste au moins l’espoir. C’est comme la boite de Pandore. La question qui se pose est la suivante : « Quelle priorité tu donnes à ta vie ? » Le problème aujourd’hui, c’est qu’à cause du mensonge du capitalisme, la plupart des grecs donne la priorité à l’argent, à la possession, à la consommation effrénée. On ne peut pas leur en vouloir, ils ont grandi avec l’idée qu’avoir c’est être. Or ça, c’est le contraire de l’esprit grec. Nous avons perdu beaucoup de nous-même avec la mondialisation. Moi qui suis vieux, je n’ai pas été élevé dans cette idée. Ma priorité à moi, c’est la relation humaine. A commencer par l’amitié. Je crois fermement que tu reçois ce que tu donnes, et s’il n’y a pas de déséquilibre dans la relation à la base, si la relation est saine, c’est-à-dire sans mensonge, tu es gagnant sur toute la ligne, parce que l’autre est gagnant aussi. Ça s’appelle le partage. C’est une affaire de cohérence dans les principes que tu t’astreints à suivre. Comme tu respectes ta femme, tu respectes ton enfant, ton ami, etc… Mais la règle d’or c’est de se respecter soi-même. Et ce n’est pas facile à appliquer dans un monde où on te prend tout, jusqu’à ta dignité. C’est la raison pour laquelle les grecs qui ont conservé l’esprit grec comme moi, mettent toutes leurs forces dans la résistance pour conserver leur dignité. Même si ce monde nous traite d’une façon indigne. Les grecs de la nouvelle génération, sont aussi les enfants de la télé, de la publicité. Ils sont habitués à prendre pour vérité les messages qui leur sont transmis sur tel ou tel sujet jusqu’à l’indigestion. Ils ont peu de capacité critique. Moi qui suis de la vieille école, si quelqu’un venait me colporter des ragots sur le compte de quelqu’un d’autre, jamais je ne les prendrais pour argent comptant. J’attendrais de connaitre la personne, et de voir moi-même à qui j’ai affaire, sans a priori. Aujourd’hui, les jeunes grecs ont beaucoup de mal à se mettre à la place des autres. Le capitalisme leur a fait croire que l’Homme n’est pas nécessairement un être social et que les plus malins se font requins et n’hésitent pas à manger les autres. Ce qu’ils ne semblent pas avoir compris, c’est que pour que vivent les prédateurs, il faut des proies. Ils se rêvent tellement prédateurs, qu’ils finissent par croire qu’ils le sont. Au final, ils se font manger comme des vulgaires poissons d’aquarium et jusque dans le ventre du prédateur ils continuent à se croire requins. Yannis par exemple, qui n’est pourtant pas jeune, est un poisson clown digéré. Moi j’essaye toujours de garder à la conscience que ce qui est secondaire pour moi peut être prioritaire pour un autre, et réciproquement. Rien ne doit aller à sens unique. Il faut un équilibre en toute chose « Παν μέτρον άριστον4 » disait Aristote. Mais notre monde est déséquilibré. Toujours les mêmes qui prennent et les mêmes qui donnent. Ça me désole de voir que la Grèce, le pays de la « juste mesure » par excellence, se soit à ce point noyée dans l’excès. L’Ubris se paye cher. Nous aurions dû mieux nous souvenir de nos mythes. Mais maintenant, même ce pauvre Œdipe ne nous appartient plus ; il est celui de Freud et tout le monde a oublié la cause de sa déchéance.

Mais ce problème est bien antérieur à la crise. Non, ce qui a vraiment changé depuis, c’est le « demain ». Parce que maintenant il n’est plus du tout sûr. La crise a failli réussir à déséquilibrer notre rapport au temps. Quand hier, aujourd’hui et demain cessent d’être intrinsèquement liés, alors il devient difficile de jouir du jour présent, parce qu’on ne parvient plus à accepter l’ordre du monde. Depuis la crise, d’accord, tu peux être certain de ce que tu as dans les poches aujourd’hui, mais tu ne peux plus le dépenser en comptant sur la certitude de ce que tu auras demain. Nous sommes sous la menace permanente d’un nouveau plan d’austérité. Par exemple les vacances, c’est devenu un luxe. Même la santé. On se demande ce qu’est devenu le serment d’Asclépios… On n’est même plus sûr d’être soignés à temps parce qu’il faut toujours faire l’avance. On est de moins en moins remboursés et de plus en plus tard, et en plus l’état prélève des taxes sur les médicaments. On a de plus en plus de mal à s’en sortir. Et pour couronner le tout, comme si ce n’était pas assez difficile comme ça, dans une famille classique, au moins trois sur quatre sont au chômage. Toute la famille tient sur le salaire d’un seul. »

Irini, qui a quitté la Russie et débarqué en Grèce 30 ans auparavant, rebondit sur ce dernier point :

« C’est sûr que ne sont pas des conditions faciles ! Moi par exemple, depuis la crise, je me trouve dans une situation impossible : mon mari a perdu son emploi et nous devons compter sur mon seul salaire, non seulement pour les besoins du ménage, mais aussi pour aider financièrement mon fils, qu’à l’époque j’ai envoyé étudier en Ukraine pour qu’on ne l’envoie pas sur le front tchétchène. Sauf que je ne gagne presque rien : je suis esthéticienne à domicile, j’ai toujours dû pratiquer des prix plus bas que les instituts. Mais là, avec la crise, j’ai dû baisser encore et encore mes tarifs, et j’ai perdu la moitié de ma clientèle. Les soins, l’esthétique, c’est plus la priorité ; même pour les plus coquettes des grecques ! La crise touche tout le monde. Ça me ramène 30 ans en arrière : quand je suis venue de Russie, j’étais prête à travailler n’importe où. Maintenant, ça recommence. Mais je crois que plus qu’une crise économique, c’est une crise politique. Si on changeait de politique, il y aurait du travail. Mon mari, qui est grec et a le droit de vote, va voter Syriza5, pour que ça change, justement. Parce qu’une révolution spontanée et populaire, maintenant, ça paraît difficile : Les gens ont leur voiture, leur maison…disons qu’ils ont encore assez à perdre pour ne pas se mouiller…Avant, mon mari votait KKE, mais là, ils se sont montrés en dessous de tout. Ils ne veulent pas se rassembler. Pourtant ça urge ! Ce chômage et cette précarité, c’est une vraie plaie. »

Manolis renchérit :« Y’a pas à dire, le chômage, c’est la plus grande plaie. Maintenant le problème, c’est plus de savoir si tu vas aller manger un soir à la taverne ou pas. C’est de savoir comment tu vas manger tout court. Quoique tu fasses, tu as toujours plus de dépenses que ce que tu avais prévu.Tu sais, nous les anciens, nous avons honte, parce que nos enfants, qui ont appris la culture du crédit et ont été habitués à avoir tout et tout de suite, nous montrent du doigt. Ils disent que nous avons voté pour des escrocs et que nous les avons élevés dans le mensonge. Et nous, à l’époque, nous croyions que nous faisions ce qu’il était juste de faire. Nous croyions suivre le modèle de nos parents, qui, dans l’après-guerre ont essayé de nous donner quelque chose pour que nous vivions mieux qu’eux. « Tout le monde peut être propriétaire », qu’ils avaient dit. Et nous on y a cru, ç’avait l’air magique. Nous nous sommes dits que grâce à ça, nos enfants vivraient mieux que nous. On s’est bien fait avoir !

La déception a été si grande qu’aujourd’hui beaucoup de grecs ne croient plus en la démocratie. Ils ont l’impression (et on ne peut pas dire que ce ne soit qu’une impression), qu’ils n’ont pas choisi ce qui leur arrive. En fait c’est un peu plus compliqué que ça. Je crois qu’il existe autant de démocraties qu’il existe de citoyens qui y participent. A cela s’ajoute que chaque parti politique, du moins en Grèce, a encore sa propre vision de la démocratie.

Tu sais, en général, ton ami c’est celui qui est capable de te dire ce que tu fais de mauvais, pas celui qui te flatte. Ben tu vois, l’Etat grec a été un très mauvais ami pour nous.

Malgré tout, la démocratie reste pour moi quelque chose de très important. Le vote, c’est l’occasion de montrer ce qui ne va pas. Si tu ne le fais pas, tu laisses le choix de ton avenir à d’autres. Le vote est une réaction, il doit défendre nos intérêts.

Moi, avant la crise je votais pour le PASOK6. Mais là, depuis qu’ils ont voté les plans d’austérité, je vote pour le Syriza. Maintenant, nous dépendons plus que jamais de la scène internationale. Or, on dirait que le programme mondial, c’est de faire les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Ils ont tué la production en Grèce, et maintenant on importe des produits tout prêts qu’on paye beaucoup plus chers, et à cause de ça on a supprimé des millions d’emplois. Les prix grimpent en même temps que le chômage. Il y a quelque chose qui ne va pas. De toute façon, on a commencé à sentir les effets de l’inflation dès l’euro. Beaucoup de produits ont décuplé, pas nos salaires. L’argent au noir, les activités non déclarées n’ont pas arrangé le pays. Et tout cela reste impuni. Pour moi ce sont des criminels. A cause d’eux on ne vit plus, on survit. Il y a encore trente ans on avait un système très familial. On fonctionnait de manière à la fois classique et solidaire. La culture des « parees7 » qui sortent dans les tavernes est venue après. Mais par nécessité on commence à revenir à l’ancien système. Les enfants retournent chez leurs parents pour payer moins de loyer, on ne mange plus au restaurant. Si on mange dehors avec les amis, c’est sur la plage ou dans n’importe quel lieu ouvert et gratuit et chacun amène quelque chose de chez lui, comme on fait nous à Kalamaki.

Pour les transports c’est pareil, on recommence à prendre le tram, le bus, le métro. On prend conscience de tout ce qu’on utilise de superficiel (portable, voiture…) Le problème, c’est que ce monde nous a créé des besoins, que nous avons de plus en plus de choses à payer et de moins en moins d’argent.

Mais je ne voudrais pas terminer là-dessus. Enregistre ça : nous autres grecs, nous sommes peut-être dans la détresse financière comme nous ne l’avons jamais été, mais nous avons quelque chose que vous n’avez pas dans les autres pays. Tu dois comprendre que le grec ne supporte pas de rester enfermé. Dès que le temps le permet, il sort prendre un café. Le lieu où on vit implique ça. Le plus souvent le temps est estival. Quand tu es dehors tu te sens libre et tu profites mieux de la vie. Je crois que les autres pays d’Europe nous jalousent pour ça, parce que même si nous avons moins d’argent, nous sommes plus libres. Avec rien, le

monde nous appartient. Ce que les autres pays voient à la télé, nous, nous le vivons au quotidien. Nous sommes plus habitués qu’eux à vivre en société, nous parlons plus facilement avec les autres, même si nous ne les connaissons pas. Il faut dire que la vie à l’extérieur nous sociabilise. L’extérieur te nourrit plus (psychologiquement et socialement) que la nourriture que tu as dans l’assiette.

Et puis nous avons la musique aussi. La musique grecque, il faut que tu le saches, va toujours avec la danse. La danse c’est l’expression de l’âme, des sentiments et du corps.

Tu devrais voir comment se passe un premier mai classique en Grèce. Rien qu’ici à Kalamaki, tiens ! Les grecs mangent, boivent, chantent et dansent dehors. Le peuple devient un avec la nature. Le principal c’est de se réjouir et de se réjouir ensemble. C’est un peu notre façon à nous de remercier nos beaux printemps grecs. L’extérieur c’est tout un mode de vie.

Les rébétadika8 n’ouvrent que l’hiver. Tu ne t’es jamais demandée pourquoi ? Et bien c’est une manière de continuer à vivre en société malgré l’hiver. Et tu vois, je n’ai pas peur d’affirmer que la joie, le plaisir, l’art de passer du bon temps, c’est dans le sang des grecs. Je vais même te dire, ici en Grèce, nous avons la règle des cinq « φ9 » : « φίλε, φαέι, φέρε φίλους, φύγε ! » « Ami, mange, amène des amis et repars ». En fait la grande différence entre vous et nous c’est que nous avons le temps, celui des orientaux, propre à la contemplation et au savoir être ensemble et celui de notre beau ciel grec. »

Irini, qui hochait la tête en signe d’approbation intervient : « Enregistre ça : La crise est dure, mais au final, la vie est belle » Manolis agite les mains : « Non, corrige ! Nous, grecs, nous faisons nos vies belles, en dépit de toutes les agitations du monde. »

Oui, il y a quelque chose de changé depuis la crise, même sur les belles plages grecques. On y côtoie désormais l’angoisse du lendemain, angoisse propre aux peuples des pays de grisaille. Pourtant, une force paisible veille, inébranlable, par delà le temps. Celle d’un peuple qui toujours sut célébrer la vie, et rendre hommage à la beauté ; un peuple qui, même dans les plus dures des circonstances, toujours chérit la lumière et aima son temps.

1 « Bande », « groupe » ; pas d’équivalent exact en français.

2 Littéralement « Aube d’or ». Parti d’extrême droite néo-nazi

3 Littéralement « Peuple ». Parti d’extrême droite qui se revendique modéré

4 « Il faut de la mesure en toute chose »

5 Parti de gauche grec, à peu près équivalent du front de gauche en France

6 Parti socialiste grec

7 « parea » au pluriel. Ibid note 1

8 Etablissement où l’on peut manger, boire et écouter du rébètiko, musique traditionnelle grecque, interprété par des musicien installés sur une minuscule scène au milieu des clients, appelée « palko »

 

9 Prononcer « fi » (lettre « f » en grec)

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 00:46

Mélenchon, un « opportuniste » selon Christine Pina?!

Vidéo- Mélenchon pète un plomb

L’heure de vérité est imminente. Crédité de plus de 13%, le candidat du Front de gauche grimpe dans les sondages, au point d'apparaître comme le « troisième homme » de ce premier tour. Un outsider qualifié « d’opportuniste » par Christine Pina, spécialiste de l’extrême gauche et maitre de conférences en science politique à l’Université de Nice. 

« Un entrepreneur de cause personnelle ». Christine Pina ne mâche pas ses mots à l’égard du tribun Jean Luc Mélenchon. « Sa position au PS n’était pas assurée, il a alors choisi de créer son propre parti », explique la spécialiste de l’extrême gauche. L’ancien professeur de français en lycée technique n’a en effet jamais pu briguer les plus hautes fonctions, hormis un poste de ministre de l’enseignement supérieur, de 2000 à 2002. Une raison pour abandonner ses amis socialistes ? Christine Pina en est persuadée : « En 2008, il a profité de l’affaiblissement du PS pour former sa propre famille politique, le Front de Gauche ». Et désormais à l’extrême gauche, Jean Luc Mélenchon est le seul à tirer son épingle du jeu, bénéficiant du retrait du « phénomène » Olivier Besancenot du Nouveau Parti Anticapitaliste et d’Arlette Laguiller de Lutte Ouvrière. « Philippe Poutou du (NPA) et Nathalie Artaud de (LO) n’ont que très peu de visibilité », souligne Christine Pina. 

 

« Révolutionnaire d’un soir »

Un opportunisme politique qui se traduit par un opportunisme idéologique… « Ce n’est pas un trotskiste mais un social-démocrate populiste et révolutionnaire d’un soir, on est loin d’une logique communiste », estime Christine Pina. Selon la maitre de conférences, Jean Luc Mélenchon bénéficie du contexte économique toujours aussi incertain. « A cause de la crise, les candidats de l’UMP et du PS sont prudents. Il n’y a pas de grandes envolées sur un changement profond de la société », explique la politiste. La frilosité des candidats dominants a donc été une aubaine pour le tribun. Un créneau dans lequel s’est engouffré le candidat du parti de Gauche. « Ça a libéré un espace d’utopie pour d’autres candidats sur lequel Jean Luc Mélenchon a fait sa campagne », précise-t-elle. « Proposer d’augmenter le SMIC ou d’envoyer en prison les banquiers » sont, selon la chercheuse, des idées qui relèvent surtout d’une « gauche sociale populiste ». Mais qu’on ne s’y trompe pas, aux yeux de Christine Pina, ces meetings en plein air, si chers à Jean Luc Mélenchon, ne sont pas organisés dans le but « se sentir plus proche du peuple », non. Christine Pina plante sa dernière banderille : « c’est simplement parce que c’est moins cher ! »

 

Erwan Rousseau

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