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L'archipel Contre-Attaque

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1 août 2020 6 01 /08 /août /2020 18:33
Par l'auteur de "résistance au chaos" , "servitude et simulacre" et "la société du chaos"
 
Pour présenter cet entretien je citerai John Stuart Mill, l'auteur de
De la liberté (1859) Jordi Vidal http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/la%20societe%20du%20chaos/


"Quand  la vérité n'est pas librement et ouvertement débattue, notre
croyance, aussi juste soit-elle, sera comme un dogme mort et non comme
une vérité vivante."

"Celui qui ne connaît que ses propres arguments connaît mal sa cause."

"Le dicton, d'après lequel la vérité triomphe toujours de la
persécution, est un des plaisants mensonges que les hommes répètent
l'un après l'autre jusqu'à ce qu'ils passent en lieux communs, mais
que toute expérience réfute."
 
 

 

Instrumental aux effets sonores inter-galactiques tout-à-fait époustouflants! Il démontre entre autre qu'il est possible de faire une mélodie avec des cloches de Noël, ou d'église.

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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 16:36

 

 

Sur la nécessaire et urgente reformulation d’un projet humaniste revenant aux fondamentaux héritiers des Lumières, le texte de Marguerite Stern, « Féminisme : peut-on encore débattre de tout ? » est particulièrement significatif et révélateur.

Si nous voulons prolonger le combat engagé par Walter Benjamin, nous pourrions aujourd’hui transcrire l’urgence d’un tel projet par une formule lapidaire : NI FACHOS NI POMOS

 

POMOS : Pour ceux qui l’ignorent encore, le terme de POMOS renvoie à postmodernes.

Sur la critique du postmodernisme je renvoie à ma série télévisée : « La Société du chaos » (en lien sur l’archipel contre attaque) et à mes deux essais : « Résistance au chaos » et « Servitude et simulacre ». http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/la%20societe%20du%20chaos/

 

Féminisme : peut-on encore débattre de tout ?

Par Marguerite Stern, activiste féministe et ex-Femen

7 juillet 2020

 

Il y a quelques mois, j’ai commencé à m’exprimer au sujet du « transactivisme » et de la pensée dite queer sur les réseaux sociaux, estimant que ces sujets-là prenaient désormais trop de place dans le féminisme jusqu’à invisibiliser les combats des femmes.

 

Quand je lis l’expression « colleur·euses » ou « personne à vulve », je ne peux pas m’empêcher de penser que cet outil qu’est l’écriture inclusive, et qui était au départ destiné à nous redonner une place dans le langage, a été dévoyé et qu’il sert désormais à installer la présence des hommes dans la sphère féministe.

 

De la même façon, quand on me dit que je mens et que je ne suis pas l’initiatrice des collages contre les féminicides alors que j’ai passé six mois à coller seule avant que l’attention médiatique ne prenne, on invisibilise encore une femme. Qu’on soit d’accord avec moi sur toutes mes idées ou pas n’est pas la question : j’accepte qu’on pense différemment et que d’autres utilisent cette technique pour dire ce qu’elles veulent. Je n’ai pas posé de copyright dessus. Mais qu’on efface la contribution d’une femme à l’histoire est un procédé profondément patriarcal. « Rendons à Cléopâtre ce qui appartient à Cléopâtre », comme le dit la brillante autrice et comédienne Typhaine D.

 

Par souci d’horizontalité et par penchant anarchiste, j’ai volontairement abandonné la tête de ce mouvement au bout d’un mois. Comme l’attention médiatique s’était cristallisée autour de moi, je trouvais que ça avait du sens de le laisser évoluer en dehors de mon jugement. Mais je me retrouve aujourd’hui dans une position où je dois sans cesse réaffirmer sa création pour ne pas être invisibilisée par des militantes queers qui tiennent des propos haineux tels que « Les TERFS au bûcher »

[TERFS pour « trans-exclusionary radical feminist » soit « féministe qui exclut les trans de sa lutte », ndlr].

Ça n’est pas normal. Ces procédés sont violents et remettent en question la base même du féminisme, c’est-à-dire l’esprit de sororité et de transmission que nous devons maintenir et développer au sein du grand peuple des femmes.

 

 

Esprit de sororité

 

Ça fait quelques années que je suis habituée à recevoir des menaces de mort. A l’époque où j’étais dans les Femen, elles venaient de l’extrême droite et des islamistes. Ce qui m’inquiète, c’est qu’aujourd’hui, elles proviennent des militant·es dites « féministes queers ». Depuis l’arrivée d’Instagram, ce mouvement de pensée s’est largement développé en France et prône un libéralisme dangereux, qui commence même à envahir la sphère universitaire.

 

Ce que j’appelle « libéralisme », c’est le fameux argument du libre arbitre. Une femme serait « libre » de porter le voile, « libre » de se prostituer, « libre » d’échapper à son genre pourtant déterminé par son sexe de naissance. Or, je pense que dans une société où l’on considère que nous sommes des objets sexuels entièrement tendus vers le désir masculin, et où règne la culture du viol, on ne peut pas dire qu’on puisse « choisir » de se prostituer. Pour celles qui l’affirment (c’est-à-dire très peu, puisque la majorité des femmes en situation de prostitution sont victimes d’un système de traite humaine), je pense que c’est en réalité le fruit d’une construction sociale genrée sinon 85% des personnes en situation de prostitution ne seraient pas des femmes et 99% des « clients » ne seraient pas des hommes.

 

J’estime que cette question est extrêmement grave puisqu’elle met en jeu la santé des femmes et la conception globale qu’on se fait de ce qu’est ou de ce que peut être une femme, mérite de pouvoir entendre tous les types d’arguments, y compris les miens. Or, dès que j’ose exprimer mes idées abolitionnistes sur les réseaux sociaux s’ensuit un lynchage en ligne de plus en plus violent. Le cyberharcèlement fait désormais loi, et il se poursuit dans le réel : nombre d’entre nous n’osons plus nous rendre en manifestation par peur d’être agressées.

 

On est entrées dans un nouveau règne loin de l’utopie de la sororité : celui de la terreur. Désormais, si l’on pense que le consentement ne peut pas s’acheter, que le voile est un objet de contrôle sur nos corps ou que les mouvements queers viennent réactiver la permanence des stéréotypes de genre, on se fait lyncher.

 

Tous les jours, je reçois des messages de femmes qui me remercient de continuer à défendre mes idées et de ne pas céder aux intimidations. Elles me disent qu’elles ont peur de faire pareil. Qu’elles ont même peur de partager ou de liker mes posts. Hier encore, une survivante de la prostitution m’a envoyé un témoignage édifiant dont voici un extrait :

« En tant qu’abolitionniste, je ne me sens plus en sécurité pour manifester. Une de mes connaissances a été agressée pour ce type de position en plein cortège en mars. Hier, à la Pride, j’ai ressenti la même chose. Finalement c’est comme si je n’avais plus de place nulle part. Invisibilisée en tant que femme, en tant que bisexuelle et en tant que victime. Toutes ces pancartes « vive les putes » et compagnie, cette banalisation voire promotion du « travail du sexe », c’est justement une violence de plus pour moi. »

 

 

Mécanismes patriarcaux

 

Je reçois aussi des messages de lesbiennes qui me disent qu’elles souffrent d’être accusées de transphobie parce qu’elles ne veulent pas de pénis entre leurs cuisses. Des messages de femmes qui me disent que je les ai fait changer d’avis, et qu’elles n’avaient jamais eu accès aux arguments que je développe avant. Des messages de femmes qui me disent qu’elles ne sont pas d’accord avec moi, mais qu’elles aimeraient pouvoir assister à des débats sains, idées contre idées, sans insultes et sans haine.

 

J’écris pour elles. Pour celles qui pensent comme moi et pour les autres qui sont fatiguées par la violence de certaines féministes d’aujourd’hui. Pour celles, nombreuses, qui abandonnent le combat parce qu’elles n’en peuvent plus de constater que désormais la violence vient de leur « propre camp ». Je voudrais vous dire que vous n’êtes pas seules. Que si vous êtes des centaines à m’écrire, alors vous êtes probablement des milliers en vérité. Que vous n’avez pas à culpabiliser de ne pas vous exprimer : nos vies sont déjà suffisamment structurées par la peur, inutile de rajouter de nouveaux traumatismes que vous n’êtes pas prêtes à encaisser.

 

J’écris aussi pour celles qui considèrent que c’est un débat de niche : bientôt ça ne le sera plus. Je vous le dis, je l’observe depuis environ deux ans, le milieu féministe en France et ailleurs est en train de devenir violent sous couvert d’inclusivité. Il est en train de se faire gangrener par des mécanismes patriarcaux et virilistes. Que nous ne soyons pas d’accord sur tout c’est une chose, mais que nous reproduisions dans nos sphères militantes les mêmes mécanismes que ceux que nous dénonçons est un non-sens complet qui finira par nous détruire. La lutte contre les violences conjugales et les féminicides ne le supportera pas. Ce texte est une sonnette d’alarme.

Voir aussi de Jordi Vidal :

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/la%20societe%20du%20chaos/

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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 12:49


Pour retrouver toute la pertinence et l’actualité de la pensée de Walter Benjamin, il me semble important d’en revenir à l’universalisme de sa démarche, à sa revendication d’une histoire éclairée par Les Lumières, à la manière fulgurante par laquelle un passé vaincu revient au présent pour le mettre en cause et lui réclamer justice. Pour ce qui concerne notre triste époque, rien moins que l’universalisme concret des Lumières.
Je vous invite donc à lire le texte tout à fait remarquable d’André Markowicz (traducteur et poète français.)

Jordi Vidal

Retour au péché originel

 

J’ai laissé passer pas mal de temps avant de me dire qu’il fallait que je reparle de ce qu’on appelle « l’anti-racisme » tel qu’il fait la une de la presse dans le monde aujourd'hui, — parce que, oui, j’avais été brûlé par ce qui s’était passé avec les « Suppliantes » de Philippe Brunet https://www.franceculture.fr/emissions/signes-des-temps/les-nouvelles-censures-au-theatre, et brûlé pas seulement par les arguments mais par mon propre aveuglement : je ne m’étais pas rendu compte que nous étions passés dans un autre monde, — un monde où la lutte des classes, c’est-à-dire la lutte pour sortir d’un système d’exploitation, en hommes libres et solidaires, avait été remplacée par la lutte des races, c’est-à-dire qu’il n’y avait absolument plus aucun moyen d’imaginer un progrès social, à partir du moment où chacun de nous portait sur sa peau la preuve de son péché originel. Les Noirs (supposés existants en tant que tels, dans une masse indifférenciée définie par la couleur) étant tous victimes des Blancs (qui que puissent être ces Blancs). Les Noirs, seuls habilités, du coup, à parler des souffrances des esclaves, sinon à jouer des Noirs au théâtre (ou des supposés Noirs), parce que les Noirs sont, en tant que Noirs, « racisés ».

J’avais parlé des « Jésuites » qui me traitaient de raciste parce que je m’élevais contre ce que je considère toujours comme une ignominie et une stupidité. Je ne voulais pas seulement parler des méthodes chafouines que je voyais à l’œuvre : envoyer au charbon des nervis, des brutes épaisses, laisser hurler, et puis se présenter pour des gens modérés et retirer les marrons du feu. Je voulais dire, réellement, que c’était le triomphe du péché originel.

Il y a d’abord le péché originel de la naissance. Ce péché brandi par des militants qui se proclament de gauche, anti-capitalistes, anti-systèmes, écologistes ou quoi ou qu’est-ce, pour moi, il est pire, au final, que l’islamisme. Pour un islamiste, de fait, la race ne compte pas, seule compte votre conversion. Mais que puis-je faire, moi, avec ma peau blanche ? Et que peut faire un noir ? Sa peau restera toujours noire. Bien sûr, il peut y avoir des agents de l’étranger, des traîtres, du coup, à la cause, des noirs, par exemple, qui tombent amoureux d’une blanche, et là, quel est le résultat ?... des mischlinge, des hybrides ?... C’est ce racisme-là, cette hydre-là que je vois prospérer aujourd’hui, en même temps que l’autre, celui de toujours, et celui dont je pensais que notre but à tous (je ne parle pas aux électeurs du FN sur ma page) était de le combattre.

Ensuite, il y a dans le discours « antiraciste » d’aujourd’hui quelque chose de profondément non pas « antiraciste » mais anti-historique.

Il y a l’idée (pas exprimée, considérée comme une évidence) que l’esclavage se réduit à l’esclavage des noirs par les blancs. L’esclavage des noirs par les blancs a été, ô combien, réel, mais l’esclavage des noirs par les arabes l’a été tout autant. Je devrais dire : l’est encore, dès lors qu’il existe encore, quasiment légalement en Mauritanie, et que Daesh y est revenu massivement et qu’aujourd’hui encore, en Libye, on vend des réfugiés africains comme esclaves. Or, les accusations ne sont portées que sur les Occidentaux. Moi, ça, ça me pose problème.

Ça me pose d’autant plus problème que l’esclavage ne se réduit pas à l’Afrique. Je n’ai pas l’impression, par exemple, qu’il ne reste pas un problème, majeur, catastrophique, par exemple, en Inde (et depuis bien avant la conquête anglaise) ou, d’une autre façon, en Chine. Je n’ai pas l’impression que l’esclavage n’ait pas existé, autre exemple, en Russie — légalement jusqu’en 1861 (même date d’abolition que les Etats-Unis), et, dans les faits, bien plus tard. En Russie, ce n’étaient pas des Noirs qui étaient vendus, torturés, utilisés comme du bétail et jetés au rebut, c’étaient des Blancs, par d’autres Blancs. Et ces Blancs, dans le même temps, utilisant souvent des soldats blancs esclaves, colonisaient l’Asie Centrale, où les esclaves existaient aussi, et où, là encore, ces esclaves n’étaient pas noirs. Et puis, en Afrique même, je n’ai pas l’impression que les différents royaumes africains d’avant la colonisation ne pratiquaient pas l’esclavage et ne vendaient pas, par exemple, leurs prisonniers aux marchands, arabes, portugais, français, anglais, américains. Et je n’ai pas l’impression (ou me trompé-je ?) que la solidarité des noirs ait un jour existé davantage que celle des blancs, ou des jaunes, ou des indiens d’Amérique entre eux.

Bref, le discours des associations dites anti-racistes accuse les uns (à juste titre) et dédouane les autres, ce qui permet de ne pas analyser le phénomène global et donc de le laisser se perpétuer dans le monde.

Ensuite, il y a la revendication de détenir seul le droit de s’exprimer sur ses propres problèmes, — revendication qui ravage en ce moment le monde anglo-saxon au même rythme que les ravages de Trump. Cette revendication n’empêche pas seulement la lutte commune, la lutte politique, humaniste. Elle empêche, je l’ai dit et je le redis ici, cette chose fondamentale qui est à la naissance de la littérature, l’empathie. Parce que la littérature est l’expression de l’autre — de ce que je ne suis pas. Parce qu’on écrit toujours pour l’autre, pour le frère, jamais pour soi (même quand on passe sa vie à faire un journal intime). Faire un procès d’intention à un écrivain parce qu’il traite un sujet qui ne le concerne pas par la couleur de sa peau est une des définitions du racisme. Et ce racisme, dans le monde anglo-saxon, devient la loi. Une loi agressive, vindicative, pleine de la bonne conscience universelle du fanatisme.

Et puis, il y a autre chose : la tentation hygiéniste de l’histoire. Il faudrait que l’histoire soit comme nous voudrions qu’elle soit, et il faudrait juger le passé à l’aune du présent, ou, plus précisément, pas à l’aune du présent en général, mais du présent tel que nous le comprenons, nous, tel que, nous, nous voulons qu’il soit. Il faut tout nettoyer. Voltaire dès lors, par exemple, ne serait plus qu’un vil antisémite, Jules Ferry ne serait plus qu’un infâme colonialiste (il l’a été, sans aucun doute), et ainsi de suite — c’est-à-dire que l’histoire tout entière n’est plus regardée que par ce prisme-là. Du coup, l’histoire n’est plus regardée du tout, elle n’est plus qu’un présent détesté. Ce que nous voyons se déployer, à une très grande vitesse, c’est une nouvelle Révolution culturelle à la chinoise (qui a été encensée, à l’époque, par bien de nos grands intellectuels). Je pense que le moment viendra où, chacun de nous, devant une foule hurlante (peut-être par l'intermédiaire de « meet » ou de « zoom »), devra demander pardon d’être ce que vous pensez qu’il est.

Ce n’est pas ça qui va changer la misère endémique des banlieues, ni le racisme des électeurs de Le Pen. Mais ça fera plaisir — et ce sera déjà bien.

Parce que, ce qui fait le plus plaisir, c’est de désigner les méchants et, donc, d’être un gentil au milieu des gentils. Ça vous donne bonne conscience. La bonne conscience, c’est bon pour la santé. Et la santé, nous sommes d’accord, c’est l’essentiel.

Et j’oubliais cette évidence : l’universalisme, c’est une valeur de Blancs.

André Markowicz (29 juin 2020)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Markowicz

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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 14:39


Ces chroniques seront irrégulières et toujours liées à des moments où
la subjectivité critique et la raison sont mises à mal.La première s’adresse à Monsieur le Président, qui la lira peut-être,
s’il a le temps.

Monsieur le Président,
Je viens de vous entendre en cette soirée de confinement et, pour nous
Perpignanais, de couvre-feu. Vous avez tenté, après votre rôle de chef
de guerre de redevenir plus humain. Mais comme l’écrivait en son temps
Philip. K. Dick, un androïde restera toujours un androïde. Ce qui lui
fera toujours défaut, c’est l’empathie. Dick écrivait d’ailleurs à ce
sujet : « L’Univers tout entier est un vaste laboratoire, d’où sortent
des entités cruelles et rusées qui nous tendent la main en souriant.
Mais leur poignée de main est une étreinte mortelle, et leur sourire a
la froideur de la tombe. »
Monsieur le Président, un être humain qui se désintéresse du sort de
ses semblables, un être humain dépourvu d’empathie ou d’émotion est la
même chose qu’un androïde conçu pour ne pas en avoir, soit par erreur
soit à dessein : un pur et indifférent spectateur.
La mutation la plus spectaculaire qui bouleverse notre univers est
sans doute la déréalisation de l’homme, mais cette mutation
s’accompagne en même temps d’une pseudo-humanisation de l’inanimé par
la machine. Monsieur le Président, s’agissant de vous et de votre
gouvernement, on ne peut plus désormais opposer les catégories pures
du vivant et de l’inanimé. Cet inanimé traduit simplement ce qui vous
anime en tant que simulacre du vivant : un simple comportement de
banquier.
Monsieur le Président, on ne demande pas à un banquier ou un trader
d’être autre chose que des machines dénuées de toute humanité. On ne
leur demande pas non plus d’avoir une vision stratégique et une pensée
historique. On ne leur demande pas de prendre les bonnes décisions
dans des moments de crise, comme celle que nous traversons : ils en
sont incapables.
Monsieur le Président, dans votre allocution vous avez simultanément
interdit l’ouverture des cinémas, restaurants et cafés, mais encouragé
celle des écoles, collèges et lycées. Voici bien une affirmation, une
prétention et une mesure de banquier dont chacun peut comprendre les
enjeux indirects : qu’importe la contamination par les enfants du
moment que leurs parents travaillent. On peut percevoir ici, le mépris
dans lequel vous tenez le bas-peuple.
Monsieur le Président, depuis le début de cette crise, vous et votre
gouvernement n’avaient cessé de vous contredire, prenant la mesure
indispensable toujours trop tard. Vous, vos ministres et vos
conseillers scientifiques avaient sans cesse changé d’avis, parfois
jusqu’à deux fois dans la même journée (la fermeture des écoles).
S’agissant d’une telle faculté d’indécision, totalement hors norme, je
vous conseille de méditer cette réflexion du Cardinal de Retz : « Tel
est le sort de l’irrésolution : elle n’a jamais plus d’incertitude que
dans la conclusion. »
 

Voir aussi , La Société du Chaos

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/la%20societe%20du%20chaos/

Scène extraite du film Blade Runner, (1982) réalisé par Ridley Scott et inspiré assez librement du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

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