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L'archipel Contre-Attaque

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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 15:11
Le talent des morts de la veille est plus facile à déceler que celui de ceux qui débutent! par Nicolas Caudeville

Dans ces partages sur des chanteurs ou des musiciens morts, il y a certes de la vrai tristesse, mais aussi de la complaisance à pleurer sur sa jeunesse, ou montré qu'on a du goût, qu'on écoute pas n'importe quoi, qu'on sait déceler le talent...Problème étant dans ce cas, c'est que un chien célèbre était mort (ou un chat) vous eussiez partagez de même. Puisque le centre de tout, c'est vous. Vous n'êtes que le miroir d'une société du spectacle, vous reflétez le crépitement de votre époque, mais pour tout individualiste que vous croyez être, pas de goût personnel, pas d'émotions, pas de sensations, que la mise en scène de soi. Sans quoi, vous seriez à l’affût de ce qui est en train de naître, un groupe , un musicien un chanteur. Votre enthousiasme participerait à faire découvrir, donner l'envie. Mais, non, foin de tout cela et jusqu'à en manger, vous préférez la valeur sure par excellence, le mort de la veille.

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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 14:48
 UN LLUIS LLACH DANS LE MOTEUR par l'écrivain Henri Lhéritier

J’écoutais alors un lecteur automobile - un lecteur automobile n’est pas un type qui s’est introduit dans une Renault Scénic pour ouvrir un livre, ce n’est pas non plus un appareil audio monté sur pneumatiques, c’est un instrument, installé dans un véhicule à moteur, qui permet d’écouter des CD, dans le but de couvrir les vociférations des automobilistes qui vous suivent en se collant à vous ou qui, aux feux rouges, grimaçant derrière leur vitre, vous traitent de tous les noms et notamment de sale con – j’écoutais donc un détestable enregistrement des Beatles, ou plutôt une démolition de leurs enregistrements d’origine par de sirupeux arrangeurs ayant cru bien faire en gommant toute la partie rock de leur œuvre, dans l’intention assassine de faire mieux ressortir la partie guimauve (qui est hélas déjà présente, à l’état naturel, dans leur musique, mais qu’ils parviennent, lorsqu’on ne les trahit pas, à tenir plus ou moins en respect), ainsi avais-je le sentiment de déguster un baba au rhum sans rhum, un Sauternes saturé de sucre, d’écouter une 9ème symphonie sans chœur, sur des arrangements d’André Rieu, ou simplement de voir courir Balladur en nuisette transparente dans les couloirs d’un hôtel de passe (oui, que l’on ne me demande pas pourquoi, c’est comme ça !).
Je décidai soudain d’extraire ces Beatles-là de mon lecteur de peur qu’ils ne le transforment en chamallow ou en jaune sous-marin, et après les avoir jetés, sans tri préalable, pas loin de chez moi, sur les quais de l’Agly, en face de St. Martin, dans un conteneur à bouteilles vides dont je suis le fournisseur principal, je me mis à fourrager dans la boite à gants où on ne place plus de gants mais des tests pour mesurer des taux insuffisants d’alcoolémie, ainsi que des préservatifs, XXL et parfum jasmin, pour relations furtives mais néanmoins protégées et, en ce qui me concerne, un colt rutilant, de six ou huit coups, peut-être plus, qui ne me quitte jamais, persuadé que je rencontrerai un jour Céline Dion, en provenance du Canada ou du Japon (ils la relâcheront sans doute bientôt), et que la menaçant de mon flingue je lui ferai enfin rendre gorge des paroles de ses chansons que je ne connais pas mais que j’estime a priori vomitoires, et cesser le bruit infernal qu’elle émet en ouvrant la bouche et qui saccage mes oreilles, un point c’est tout !
De cette fouille, surgit alors un aigle noir, non pas du tout, qu’est-ce que je raconte, un prince blanc je veux dire, au nom chuintant comme un filet de source sous la mousse : Lluis Llach. Ce Llach-là apparut donc entre les Vêpres à la vierge du rocker Monteverdi et le Blue Suede shoes de l’excellent compositeur baroque Elvis Presley, morts tous deux d’intempérance et jetés, à l’époque, dans le Mississipi, du côté de Memphis, et du haut d’un pont, fleurs, cadillacs, couronnes, costume blanc à grelots, guitares, cuivres et violes de gambe y compris, à destination de l’alimentation des crevettes américaines du golfe du Mexique qui en sont mortes et des requins de la finance qui ne cessent, quant à eux, de prospérer, et je l’introduisis (sans préparation), (Lluis Llach donc), dans le dit lecteur.
Lluis Llach m’a réconcilié avec la musique autotractée, voilà au fond ce que voulais dire. Était-ce la peine d’en faire tant ?
Fringant, tout de liberté revêtu, chantant devant une foule énorme et enthousiaste, en 1976, la restauration de son pays, la fin de son étouffement et la délivrance d’un peuple, après la disparition de l’ombre ténébreuse que l’Espagne porta trop longtemps dans les plis de son histoire, Lluis Llach est alors sorti du corps exultant de ma Scénic diesel dont le bruit du moteur est devenu soudain plus harmonieux.
Est-ce l’enregistrement public et la liesse d’un printemps renaissant sur un interminable hiver qui donne à ses mélodies ne cassant pas trois pattes à un canard, ce souffle de vérité musicale et communique en même temps à des paroles, ce quelque chose qui vivifie et gonfle la poitrine d’émotion ? C’est possible.
Mais je déclare aussitôt que cette musique de variété m’intéresse, et de la même façon qu’après avoir rompu les ponts avec Alain Minc, j’ai cessé tout commerce avec lui, ce qui n’a rien à voir, mais que j’ai envie de laisser dans ce fourre-tout, celle-ci ne quittera plus mon lecteur, car il y a une autre cause à cette vibration qui me trouble, elle provient du fait que Lluis Llach fait partie de mon pays, parle ma langue, admire les mêmes horizons que moi, ressemble à mes paysages, dialogue avec ma famille et avec mes morts et nul ne peut exprimer mieux que lui cette communion. Lluis Llach est mon pays, comme lui, il est plein de fleuves, de mer, de collines, de montagnes et de visages aimés.
Pour proclamer que j’ai mis Llach dans mon moteur, il n’était peut-être pas nécessaire d’écrire cette tirade surréaliste, sans rime ni raison, sans queue ni tête, ni foie, ni rate, ni couilles, mais je suis comme ça, je n’y peux rien et me contentant de faire bouger mon pieu d’avant en arrière (attention, je parle d’une estaca, hein !), je n’ai aucune intention de me changer pour m’améliorer, de peur de faire plus mal encore.
Mieux que je n’en parle, son œuvre parle pour lui, parle de lui, parle de nous et célèbre la Catalogne. Écoutons-le.
Et maintenant, je range la voiture dans le garage et je vais écouter Bashung, honni soit qui mal y pense.

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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 10:31
Chronique moscovite (épisode 26): Bons baisers de Russie  par Félix Edmundovitch Dzerjinski‏

« Pas de révolution sans bain de sang. Nous ne faisons pas la guerre contre les personnes en particulier, nous exterminons la bourgeoisie comme classe. Ne cherchez pas ce que l'accusé a fait contre l'autorité soviétique. La première question que vous devez lui poser, c'est à quelle classe il appartient, quelles sont ses origines, son éducation, sa profession. » (le Chauve fondateur, mon pote)

« La liberté de critique est la liberté de l'opportunisme, c'est la liberté de transformer le parti en un parti démocratique réformiste, la liberté de faire pénétrer dans le socialisme les idées bourgeoises et les éléments bourgeois. La fameuse liberté de critique signifie éclectisme et absence de principes. » (Et encore le Chauve). T’as vu, à l’époque, nous pensions, nous théorisions, autre chose que Pierre Laurent, Mélanchon and co. , non ? Nous faisions peur au bourgeois…

« La loi n'est pas faite pour protéger l'individu contre l'Etat, mais pour protéger l'Etat contre l'individu. » (Vychinski). Bah, c’est une donnée universelle, non ?

Les fêtes sont passées et il te faut reprendre ton train-train, prévoir les prochaines vacances, ah l’été !! Oubliés les attentats, anesthésié que tu es par tes médias et la commémoration-communication. Passées les élections régionales et la peur de voir les panzers défiler au cœur de Paris, tu es un résistant, comme le revendique Estrosi, ce modèle, ce penseur qui, je n’en doute pas contribuera à la grandeur et au rayonnement de ton pays ainsi qu’à l’histoire des idées politiques. Le Russien a la dent dure sur votre système qu’il peine à concevoir comme démocratique. Pas bon, ça, de recevoir des leçons de démocratie de la part du Russien.. Ben ouais, le Russien peine à comprendre comment un parti qui rassemble près de 7 millions d’électeurs ne remporte aucune région et n’a que 2 députés. Et le Russien, il comprend que cela s’appelle le système, le truc qui est géré par les coquins et les copains, qui veulent pas partager leur fromage. Et chez le Russien, cela s’appelle des oligarques. En fait, ils te font croire que tu vis en démocratie mais tu vis dans une oligarchie, petit Frantsouz. Franchement, à voir ton pays, j’ai des frissons, il me rappelle les 25 dernières années de l’URSS… Bientôt la chute finale…

Ah, j’ai adoré interview de Boualem Sansal. Mollesse, faiblesse, renoncements sont tes trois mamelles, petit Frantsouz. Il te dit, comme moi, que tu n’es pas taillé pour le combat. J’espère que tu l’as bien écouté, parce qu’il te dit pleins de choses sur le réel, qui ne se limite pas aux prix de l’immobilier ou au futur collège de tes enfants, qui finiront peut-être au Bataclan et dont tu pourras lire l’évocation hommage dans ta presse de révérence, comme Le Monde.

Je reviens de petites vacances passées au soleil. L’hiver, le Russien, en dépit de la chute de sa monnaie, est pris d’une frénésie de soleil donc, il s’exile. Il ne peut plus aller ni en Turquie, ni en Egypte, alors il va à Goa en Inde ou en Thaïlande. Je me suis arrêté sur cette dernière destination, j’avais envie de voir à quoi ressemble l’homme en bermuda, qu’il soit Frantsouz, Germain ou Russien, il existe une internationale de l’homme en bermuda postmoderne. Bon, le problème du Russien, c’est que tu en as des comme ça mais la grande majorité a conservé ses réflexes… Donc, je me suis rendu en Thaïlande, pas pour ses enfants ou son opium, mais pour un peu de repos. D’abord Bangkok, une mégalopole, grouillante avec pleins de scènes de rue, le gens mangeant dans al rue, tu as plein d’échoppes sur les trottoirs qui te proposent des nourritures savoureuses ou épicées. Faut dire que les gens n’ont pas de cuisine dans leur appartement, si t’en veux une, c’est plus cher, donc ils mangent dans la rue. En dépit de quelques jolis temples, Wat Arun, Wat Pho…, Bangkok ne comptent que peu de touristes, en fait ils y transitent alors que la ville vaut le détour. J’y ai pris un cours de cuisine thaïe, je me suis baladé dans les Klongs (les canaux, Bangkok est devenu capitale à partir du 18ème siècle et se compose d’un agrégat de villages et de quartiers), je suis allé dans un food court (Food Republic) où tu peux déguuster de la street food sans risquer l’humliliante tourista. Après, j’ai mis le cap sur Ayyuthaya, l’ancienne capitale, du 14 au 18ème siècle, beaux temples souvent d’inspiration khmère. Après, j’avais le choix, aller me fournir en opium dans le Nord, Chiang Rai, afin de financer la révolution ou m’échouer sur une plage. En bon Russien, j’ai pris l’option plage, mais attentions, pas Phuket, pas Ko Phi Phi, pas Pattaya, non, Koh Siboya. Une île quasiement déserte où la population vit de la culture de l’hévéa et de la pêche, une île qui ne compte que deux hôtels. J’ai donc passé une semaine à relire les œuvres du Chauve, Marx et Victor del Arbol et à faire du kayak de mer le long de la côte. Et puis retour maison, passe de 35° à – 20°, c’est bon tout de même de rentrer chez soi. Cette semaine, direction la bania, afin que je me régénère. Le Soviet éponge, comme disait l’autre… Je suis revenu presque aussi bronzé qu’un réfugié syrien, faudrait que je pense désormais à taquiner l’Allemande… C’est bôôôôôôôôôô, la diversité ! C’est beau, le vivre ensemble… Tu en as de la chance…

Que dire sur cette nouvelle année qui s’ouvre ? Ben, elle risque d’être comme la précédente, c’est-à-dire pas vraiment fameuse. Les bandits en babouche vont continuer leurs happenings et leurs performances, l’Occident demeurera impuissant, puis ce sera toujours la même médiocrité ambiante… Vous avez reconduit les sanctions contre la Russie, votre seul allié, ben vous choisissez, mais faudra pas venir vous plaindre… De toutes façons, ces sanctions, cela fait un an qu’elles durent et même pas mal même si notre économie boit le bouillon, ce que les sanctions n’ont fait qu’accentuer mais elles sont tombées à côté de leur objectif qui était de faire changer Blondin de ligne vis-à-vis de l’Ukraine. Sur ton compte personnel, tu dois les sentir les sanctions puisqu’en 2012 la part de la France en Russie était de 5% et qu’elle n’est plus que de 3% fin 2015… Curieux, tes partenaires allemands et italiens n’ont rien perdu, eux, ils y auraient même gagné pour ce qui est des Germains, tes cousins européens. Mais bon, tu nous envoie ton Macron fin janvier…

Et pour finir une petite chanson, pour que tu n ‘oublies pas ta vraie place dans la société, https://www.youtube.com/watch?v=tnsDK5XVFq4 (ben ouais, en général, tu es salarié, donc esclave). Ah pardon, c’est pas ton monde que tu crois, j’avais oublié que la magie de la gôôôôôôôche était de s’être trahie et de t’avoir transformé en bourgeois. Bon, ben, le réel, tu vas bientôt te le prendre dans la gueule, en 2016 et en 2017.

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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 19:19
Régions/élections: soir de bétail!par Nicolas Caudeville

La bien pensée et à la pensée juste ce que le moralisme est à la recherche de la lumière. Partant de là, le contexte actuel baigne dans le syndrome maginot, c'est à dire se croire protégé derrière une muraille que l'ennemi peut contourner, comme un gros doigt derrière lequel on pourrait se cacher. Mais qui reste un doigt.Comme dans le livre de l'historien britannique Alistair Horne,"Comment perdre une bataille" où il analyse en détail les différents facteurs de cette dramatique défaite de 40 : impréparation et démoralisation des troupes françaises face à l'organisation sans failles, la puissance et la volonté de conquête des Allemands. Comme à l'état d'un pays (voir notamment les derniers chiffres du chômage, ceux du chaumage sont bien meilleurs), on veut subvertir l'attention populaire par l'effet Houdini https://fr.wikipedia.org/wiki/Harry_Houdini , c'est à dire détourner l'attention pour disparaître ou faire disparaître. Focaliser l'attention du public sur les attentats ou le front national, en réagissant dans l'urgence, parce qu'on avait pas agi en amont. Pour pratiquer ce petit jeu là, il y faut de la tartuferie: cacher cet islamisme que je ne saurai voir parce que pas d'amalgame, mots qui auraient pu être une exortation à la réflexion et qui n'est devenu qu'un mantra à psalmodier . De manière générale, on est pas là pour réfléchir. Cette liberté n'est plus réservée qu'au miroir!

Comment en est-on arrivé là? L'enfer a été pavé au quotidien par la cohésion de la lâcheté et des renoncements généraux. Parce que chacun s'imagine individualiste et potentiel "winner" . Du coup, il ne se sent aucune solidarité avec la masse des autres: "les loosers" . Celle-ci d'ailleurs pensent comme lui. C'est toute l'ironie du système capitaliste et libéral, c'est qu'il arrive à faire croire au mouton qu'il peut hurler avec les loups.

Régions/élections: soir de bétail!par Nicolas Caudeville
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 15:57
JE N’ÉCRIS PAS « GOUACHES » par l'écrivain Henri Lhéritier

Lorsque j’entamai l’écriture de cette histoire je ne connaissais rien du passé d’Armand Bonnefoy, héros de « Gouaches ». J’ignorais par exemple sa profession, je le bombardai alors fonctionnaire des Finances. Un de plus !
Armand était de taille moyenne, plutôt svelte, le cheveu noir, une mèche lugubre tombant sur le front, genre Maurice Barrès, (pourquoi Barrès ? J’étais en tain de lire « La Colline inspirée », c’était peut-être pour ça), il représentait un compromis entre un vautour sur une croix de cimetière et un de ces ascétiques coureurs de rue que l’on croise le matin, bandeau sur les cheveux, suant et soufflant tandis que nous, dans le brouhaha de la vie, les nouvelles du monde et les senteurs de café, on va se jeter le premier blanc sec au bar le plus proche, un de ces types qui te fiche mauvaise conscience et a l’air de te donner des leçons, parce qu’il est censé se préoccuper de son corps, je me respecte moi, monsieur, te dit-il dans la béance de son short, le ruissellement de ses aisselles et la puanteur de ses godasses de sport, alors que tu t’en contrefous. Résultat, un jour il se fera écraser par un autobus tandis que toi, tu te poiles au jour le jour.
Comment tenir la distance avec un tel personnage. Aujourd’hui les lecteurs raffolent de héros ayant du vague à l’âme, chômeurs névrosés ou intellectuels frelatés prédisant la fin de la civilisation ou l’avènement du veau en sauce, et voilà que je sors un Maurice Barrès contemporain, et j’entends déjà se réjouir ceux qui aiment l’Alsace et la Lorraine.
Le père d’Armand Bonnefoy était archiviste sous Couve de Murville et sa mère lingère. Bonnefoy père avait trompé la République toute sa vie en fabriquant des cocottes en papier au bureau et son épouse en tripotant des filles pas très fraîches dans les quartiers louches de la capitale. Madame Bonnefoy mère était morte sous le pont Mirabeau, où coule aussi la Seine, accident, suicide ? on ne sait pas, le fleuve l’emporta en même temps que nos amours, on la retrouva quelques temps plus tard à Rouen, effilochée, le ventre plein de poissons, sous le consulat de Raffarin et une péniche. Se saignant aux quatre veines, elle avait eu le temps de donner à son fils une éducation religieuse, ce qui explique les retenues de celui-ci, sa couleur verdâtre à la Greco, le missel qui dépassait de sa poche et ses opinions politiques caricaturales.
Bon, j’en ai déjà assez, un roman c’est trop long et cela n’amuse que l’auteur.
Je n’écrirai pas « Gouaches »

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 10:36
Chronique moscovite (épisode 25) :‏"Ils ont le pétrole mais c'est tout"par Félix Edmundovitch Dzerjinski

« Nous vaincrons parce que nous sommes les plus morts. » (Philippe Muray)

« Le problème se pose uniquement ainsi : idéologie bourgeoise ou idéologie socialiste. Il n’y a pas de milieu… C’est pourquoi tout rapetissement de l’idéologie socialiste, tout éloignement vis-à-vis de cette dernière implique un renforcement de l’idéologie bourgeoise. » (Le Chauve-fondateur) Spéciale dédicace à François Grollande et à ses aficionados…

« Le peuple n'a pas besoin de liberté, car la liberté est une des formes de la dictature bourgeoise. » (encore mon pote le Chauve-Fondateur, rrrrah tu manques) Hein, t’avais cru qu’en te citant Verlaine je me ramollissais…

J’espère qu’au sein de tes services de renseignements, il y a des mecs de ma trempe. Parce que pour lutter contre les bandits en babouches, va falloir en mettre un sacré coup, il va t’en falloir des bataillons de travailleurs de choc… Moi, quand j’ai créé ma Tchéka chérie, j’ai fait 50 000 morts en 6 semaines, soit 8333,33 morts contre-révolutionnaires par semaine. Efficace, non ? Ben ouais, faut leur faire peur avant tout. Mais comme l’a écrit Philippe Muray, toi, tu es l’homme en bermuda alors, je sais pas bien si tu fais peur…

Bon, paraît que c’est l période des fêtes et tu n’as pas trop la tête à ça, petit Frantsouz, pour toi c’est plutôt la défaite… Voici une chanson de ce barde, Michel Sardou, qui pourrait être très populaire chez le Russien sur l’ensemble de sa carrière : https://www.youtube.com/watch?v=zdRqJ25oRXQ Tu vas l’aimer celle-là, elle est bien bonne !! Ben ouais, tous tes amis, Saoudiens, Qatari, Emirati, plus ou moins sponsors du terrorisme, inspirateurs de l’Etat islamique, avec des Etats complètement artificiels… Faudrait les vitrifier. Et dire qu’il y a des Frantsouzy qui vivent à Moscou et qui, en bonnes chochottes, ne supportent pas l’hier russe, se disent qu’ils vont y aller à la plage… Ben ouais, alors là, c’est bien sympa de sponsoriser la future bombe qui te fera péter aux galeries farfouillette… T’es parfois un peu con. Nous, c’est Blondin qui dit que tu vas plus en Egypte ou en Turquie, et le Russien, il obéit.

De l’Ukraine à la Syrie, tu l’auras remarqué, c’est Blondin qui mène la danse. Ce qui est drôle, c’est que par chez vous, petits Frantsouzy, vous fantasmez sur Blondin : « il est méchant », « il est fort », « oh, ben, ma bonne dame, y nous en faudrait un comme ça pour redresser le pays », « c’est un dictateur, un fasciste »…,ce qui n’empêche pas un Tadjik, donc un basané à la mode russienne, de chanter ses louanges, mais bon, peut-être qu’il veut son permis de séjour et son passeport intérieur, va savoir… https://www.youtube.com/watch?v=CawO9QVjeEE Bref, comme toujours, quand tu observes quelque chose à travers le prisme de médias médiocres, tu passes à côté de l’essentiel. Blondin n’est pas seul, il a derrière lui des centaines de milliers de fonctionnaires qui marnent pour porter le pays à bout de bras, et quel pays ! Blondin n’est pas arrivé là par hasard à la fin de ces anarchiques années 1990 dont vous, Occidentaux, êtes tous nostalgiques, ces années de chaos, durant lesquelles le pays et ses richesses étaient bradés et vendus à la découpe. L’arrivée de Blondin a été orchestrée par sa maison d’origine, le FSB, l’ex-KGB, qui avait décidé de siffler la fin de la récré et de remettre le pays sur les rails. Et voilà le résultat. Pas mal, non ? Pour un pays âgé d’à peine 24 ans ? Beaux restes, beau retour du refoulé… L’empire contre-attaque !

Tu te souviens, je t’avais dit que nous envoyions les réfugiés syriens vers la Norvège. Tu te rappelles ? Ben ouais, faut dire que le Russien n’a pas une vraie tradition d’accueil pour l’étranger, normal, quand tu as été envahi à plusieurs reprises dans ton histoire… Les Norvégiens, ils sont comme les Allemands ou les Frantsouzy, ils sont gentils. Ils aiment la nature, la (bio)diversité, le commerce équitable, le quinoa… Ils sont dans le qu’on s’en suce… Oui, mais bon, comme ils commencent à trouver que trop c’est trop, environ un millier de réfugiés arrivés depuis la Russie, ben ils demandent aux Russiens de les reprendre, y a un accord pour ça. Rrraaah, si tu ne peux même pas avoir confiance dans les sociaux-démocrates mous, où va le monde… Pas grave, le Russien a plus d’un tour dans son sac, il les enverra plus bas, chez les Baltes… Eux, vu ce qu’ils ont fait dans les années 1940, et tu sais que les traditions, en dépit de la globalisation ont la vie dure, à mon avis, ils ne vont pas les accueillir aussi gentiment que tous ces sociaux-démocrates… Mais bon, c’est l’UE. Et au fait, tu n’es pas surpris que tes amis saoudiens ou qataris ne se proposent pas d’accueillir des réfugiés, après tout, c’est un les leur, c’est un peu le résultat de leur politique… Bon le réfugié, il est pas fou, il n’a pas envie d’être transformé en esclave bâtisseur au Qatar ou ailleurs, comme aux temps des Pharaons…

Par un dimanche gris et neigeux, je suis allé voir une exposition consacrée à Pascin et Foujita, au musée Pouchkine. Tu connais ? Moi, je connaissais Pascin, surtout à travers la bd de Joann Sfar, qui d’ailleurs dessine à la manière de Pascin. Pas mal de peintures de bordel, à l’érotisme troublant, ben ouais, j’ai beau être tchékiste, je suis un sensible, moi, j’aime les belles choses… C’est vraiment un peintre de la chair. Avec Pascin, c’est tout le parfum, aujourd’hui cadavérique, de la défunte et regrettée Mitteleuropa qui nous revient, dans ce dialogue avec Paris, alros phare et capitale de la culture (vous en conviendrez, Frantsouzy, c’est un poil différent aujourd’hui, non ?). Natif de Bulgarie, formé à Berlin, Vienne et Budapest, il arrive à Paris au mitan de ses 20 ans, en 1905, et deviendra le prince de Montparnasse. Il ne fut pas seulement un érotomane, il fut également un dessinateur satirique, façon Grosz et Dix. Il s’alcoolisait, s’enivrait de femmes, bref, la vie de bohème, sans la bourgeoisie et le plan épargne logement. Il a été compagnon de dèche et de galère de Chaïm Soutine, autre gradn exilé sous les cieux parisiens. Pascin est un grand parmi les grands injustement méconnu, un homme véritablement libre auquel la reine des villes rend hommage. Et après cette exposition, suis-moi au Voronej, pour nous régaler de barbaque manière de rendre hommage à Chaïm Soutine et à son bœuf écorché.

Toi qui aimes l’art contemporain et la liiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiberté, tu devrais aimer ça : http://rue89.nouvelobs.com/zapnet/2015/11/09/feu-a-porte-loubianka-a-moscou-lartiste-kamikaze-russe-a-frappe-262019. Bon, so what ?, ben rien, le mec a été arrêté une nouvelle fois. L’art contemporain, c’est tout de même magique comme escroquerie. Et dire que des « journaliste » du Nouvel Obs-Rue89 s’attarde sur un non-événement artistique. Faut vraiment qu’ils haïssent le pays ces trotskistes décérébrés et dégénérés. Honnêtement, je te plains petit Frantsouz, parce dans le fond, c’est ces petits mecs qui façonnent ta vision du monde. Ben soyons honnêtes, ils ont de la merde aux yeux. Finalement, ce genre de gesticulation ne change pas grand-chose à la face du monde, et encore de la face de la Sainte Russie. Encore un artiste stipendié par une ONG occidentale, faux-nez de la CIA, en fait un artiste-ploutocrate.

Par un autre dimanche, jour de repos du salarié, mais le tchékiste ne dort jamais, je suis allé voir une magnifique exposition consacrée à Valentin Serov, peintre né en 1865 et mort en 1911, autre chose que le pitre qui met le feu à des portes. Et tu avais de tout, des portraits de Tsars, de nobles, les Youssoupov (dont un descendant dessouda Raspoutine), de peintres amis (Sourikov, Repine, Levitan), d’écrivains, d’actrices, de danseuses et d’industriels (Mamontov, Morozov) qui étaient des mécènes, des amis de la culture. Pas comme ceux de maintenant pour qui Jeff Koons ou un plug anal place Vendôme représente le nec le plus ultra de la culture… Tu avais des nus et surtout, des scènes mythologiques et des peintures faites pour les saisons russes au début du 20ème sièècle, à Paris. Pour voir cette exposition, j’ai dû fair e40 mn de queue, eh oui, la culture, ça se mérite. Surtout, cela montre que le peuple russe demeure un peuple fier de son passé et surtout un peuple de haute culture, pas comme ces bouffres de Qatari, de Saoudiens ou d’Emirati, des pays sans histoire (comme l’homme africain, si cher au nain) et complètement artificiels.

En ce moment, suite aux attentats, les médias russes s’en donnent à cœur joie sur la France… Pour le Russie, Paris c’est un большая какашка (gros caca), c’est sale, il y a pleins de Turcs (sic) d’Arabes et de Noirs. Pas de doutes, c’est la Russie !! Un échec total de notre politique internationaliste !! Mais bon, tout de même, quand tu fais de telles rencontres, tu te dis que la globalisation a quand même du chemin à faire par chez nous parce que ces jeunots friqués, ils ont voyagé, ils connaissent le monde, c’est pas des minots tout droit sorti de la gloubinka (la Russie profonde), hein. Etonnant, non ? bon allez, tu vas encore entonner ton a antienne sur le Russien qui n’est décidément qu’un fasciste… Non, pas vraiment, regarde nos forces en Syrie, elles remplissent leur devoir internationaliste… et sauveront la démocratie !!

Ben nous voilà en décembre, je vais prendre quelques jours de repos, moi. Je mérite, je mérite de la patrie. Un peu de soleil pour mes vieux os. Comme le disent tes légionnaires, il nous faut du soleil, de l'espace, pour redorer nos carcasses. Ce chant s’appelle « Adieu, vieille Europe », mais il me revient qu’en poètes, tes légionnaires l’auraient rebaptisé « Adieu, vieille salope ». Je vais aller bronzer mon petit cul et me soûler, me transformer en Frantsouz pendant deux semaines, en homme en bermuda !

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 15:39
CONFESSION D’UN TERRORISTE REPENTI par l'écrivain Henri Lhéritier

« Je voulais être méchant et détester le monde !
Connaître le plaisir d’insulter, passer à la calomnie, au dénigrement, puis à l’envie, en arriver au sang, à la vie qu’on enlève, voilà ce que j’ai souhaité. Tuer sans raison ou au nom d’une déraison, gaspiller la vie des autres sans une larme, faire exploser des innocents, jouir de ce sentiment d’une puissance absolue seulement portée par une transcendance imbécile que je finissais par inventer, me fermer au monde, à ses sollicitations, me réfugier dans mon obsession, considérer que je devais me venger, que j’avais un compte à régler seulement parce que je vivais, voilà quelle fut ma quête.
Je me suis entraîné, déshumanisé, croyant atteindre le ciel, en sacrifiant les hommes.
Je n’y suis pas arrivé. Mon échec est patent.
Mes haines ont des faiblesses et mes sympathies des spontanéités que je n’ai jamais pu maîtriser.
Toujours, au dernier moment, un paysage, un sourire, un mot, un geste, un poème m’ont privé de ces triomphes faciles, de ces instants de jouissance gratuite.
Le monde m’en veut : il m’aime.
Et se ligue pour me forcer à l’empathie.
Je crois que je finirai comme la majorité des humains, innocent et dans mon lit ».

Il se trompait, il eut un geste malheureux que l’on assimila à un attentat terroriste.
Il tomba, criblé de balles et on trouva ce mot dans sa poche.
.

Le tout meilleur d'Henri Lhéritier :

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 10:57
Chronique moscovite (épisode 24) : Plutôt mort que rouge! Славян невозможно победить!‏ par Félix Edmundovitch Dzerjinski

« Le vieux monde se meurt, le nouveau est lent à apparaître. Et c’est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres. » (Antonio Gramsci) Je te l’ai dit, je crois à plusieurs reprises, j’adooooore l’Italie ! Des visionnaires, ces gars-là !

« Etre de gauche ou être de droite, c’est choisir une des innombrables manières qui s’offrent à l’homme d’être un imbécile ; toutes deux, en effet, sont des formes d’hémiplégies morales ». (Ortega y Gasset). Réfléchis à ça, Charlie… J’aime beaucoup cet Ibère, il est comme moi, il n’aimait pas beaucoup la démocratie, l’ère des masses, forcément incompatible avec la haute culture. Il appréciait les élites, les vraies, comme les tchékistes par chez nous, pas celles que la masse se donne aujourd’hui avec des élections-pièges à cons. Il aimait le Beau, le Vrai, le Bien. A lire d’urgence car il te tend un miroir dans lequel tu te reflètes et tu n’es pas très beau. Il t’appelle l'« homme-masse », tu es un « enfant gâté » conformiste et égalitariste qui rejette le passé, la raison et l'exigence morale, le tout avec une « étatisation de la vie » et l'« idolâtrie du social ».

« Pour la France et la Russie, être unies, c’est être fortes, être désunies, c’est être en danger. C’est une condition indispensable du point de vue de la géographie, de l’expérience et du bon sens ». (Charles, pas Baudelaire, mais de Gaulle). A méditer…

Je vais essayer de t’apporter un peu de légèreté made in Russia… T’en as besoin, t’es pas dans ton assiette après ces tristes événements. Faut te dire que le Russien vit avec « ça » depuis 15 ans…

Les températures baissent sévèrement, nous sommes entre 3 et 5°, il neige, le bonheur. Cela sonne le retour vers le bania, afin de régénérer le corps et l’esprit du Russien. Franchement, petit Frantsouz, tu vivrais à Moscou, tu serais saisi par le sacrosaint nietzschéen élan vital, tu n’aurais de cesse de te nourrir, y compris culturellement, une vraie fringale. Il a l’air de faire meilleur en Syrie, plus chaud. Franchement, vous êtes des ingrats, les Frantsouzy, je ne parle même pas des Caincains. Le Russien va se battre en Syrie et ce n’est que reproches !!! Eh oui, le Russien est malicieux et il a ses buts de guerre, qui diffèrent des vôtres. Il frappe la brave et gentillette Armée de la conquête. Tu connais ces gars. Oui ? Non ? Alors laisse-moi te rencarder sur eux, ce n’est ni plus ni moins que les supplétifs de l’Arabie Saoudite et du Qatar, tu sais, tes nouveaux amis, qui te veulent tu bien et auxquels tu vends des armes. Tu sais, tes nouveaux amis, qui haïssent ton mode de vie, tes Lumières et tout ce que tu représentes, les mêmes qui sponsorisaient les terroristes islamistes tchétchènes, Bassaev et consorts, ceux du 13 novembre... Et voilà t-y pas que vous nous avez reproché de leur larguer des bombes sur la gueule, mais vous êtes malades, malade d’être Charlie et de ne pas voir le monde tel qu’il est !! Les Cains Cains, tes amis de 30 ans, n’ont pas l’air bien presser d’en découdre véritable avec les bandits en babouches…

Allez, accoudes-toi au comptoir et parlons plutôt culture, paraît que ça rapproche les peuples, laissons-nous dériver, oublions ces heures sombres et célébrons la vraie vie, celles que les bandits en babouches n’auront jamais, ils n’en sont pas capables…

Je voudrais te parler du photographe russe Igor Palmin, https://www.flickr.com/photos/igorpalmin/page4. Je te conseille vraiment. Ce type a fait des photos, essentiellement de bâtiments, un peu d’humanoïdes, mais son truc, c’est l’architecture. Tu iras sur son site et tu regarderas quelques album, je te conseille le Moscou Art nouveau, l’architecture soviétique, Shekhtel (un architecte Art nouveau) et light in architecture. Allez, sois curieux, c’est du bon ça, pas de culture estampillée Télérama, de la vraie, de la bonne ! Perso, j’adore l’Art nouveau, en russe Modern, cette esthétique des lignes courbes, ses couleurs, cette inspiration qui vient de la natures, des animaux, des végétaux, son petit côté décadent. Puis, je suis allé voir l’exposition « Terra Russa » (photos d’Erwin Parviz et Borja Carsi) chez les frères Lumière, belles photos du pays, faut dire qu’il est tellement photogénique. D’ailleurs certains de tes photographes ne s’y sont pas trompés, mais connaissent-ils vraiment le pays, ils ne font qu’y passer. Tu y as de tout, dans mon pays pour les photographes, un peu de guerre, des paysages urbains ou campagnards déglingués, des univers post-industriels dignes de Mad Max, des créatures… La Russie, mon petit Frantsouz, ce n’est pas un pays pour les tièdes, c’est un pays de passions, Stanley Greene a failli y laisser sa peau. Si tu es adepte du consensus mou, bref aujourd’hui par chez toi, socialiste, alors passe ton chemin. Ce ne sera pas une grande perte pour la Russie, qui s’en remettra. Et si tu es curieux, va voir les photos de Vladimir Filonov. T’as vu le crochet de la grue, saloperie, c’est quand ils ont enlevé ma statue de la place de la Loubianka, ça fait peur, non, ce crochet ? Et, t’as vu le raccord sur le mur sous le slogan ?

Belle expo Louise Bourgeois, au Garaj, le lieu consacré à l’art contemporain, sis Parc Gorki et qui appartient à la p’tite copine de l’oligarque Abramovitch, tu sais le propriétaire, entre autres du club de foot Chelsea. Ce Garaj, c’est un peu sa danseuse. Mais pour le faire, dans le parc Gorki, le beau Roman a dû cracher au bassinet. C’est lui qui a payé toute la rénovation de ce bon vieux parc soviétique devenu un parc digne de New York, avec ses buvettes, ses bars branchés, ses poufs sur la pelouse.. Bref, tout ce que j’abhorre, la douceur de vivre à la mode capitaliste, moi qui suis un ascète, me voilà servi ! C’est drôle, il a craché au basinet comme il avait craché au bassinet auparavant quand il était député de la Tchoukotka. T’avais Blondin qui à l’époque lui demandait, « Dis Roman, qu’as-tu fait pour tes administrés de la lointaine Tchoukotka ? », l’autre répondait « Euh… » et Blondin de suggérer : « Rénove les routes ». Et l’autre d’obtempérer illico presto car pas vraiment envie d’être dégusté à la sauce Khodorkovski. Bon, autrement Louise Bourgeois, bonjour le trauma, papa n’était pas vraiment sage, tyrannique, volage et la petite Louise de régler ses comptes à travers son art-thérapie. Maman est symbolisée par une araignée, prévenante, attentionnée, sa meilleure copine et papa par une « fillette », qui n’est autre qu’une bite. L’expo était consacrés à la cellule… Moi, en cellules, pour y avoir séjourné et y avoir fait séjourner, j’en connais un rayon mais comme je le disais, « Pour nos ennemis, quatre murs, c’est trois de trop ».

T’as vu le titre de la chronique ? Belle référence, hein ? C’est Goebbels qui en est à l’origine puis ensuite, il fut repris dans le berceau de la démocratie, à savoir l’Amérique des années 1950, ce pays que tu adules, ce modèle. Je me suis dit que cela serait sympa de te rafraîchir la mémoire, petit Frantsouz, toi qui atteint de ton Alzheimer, ira couler des jours heureux dans un village niché dans ce pays de Cocagne qu’est votre Sud-Ouest. Plutôt mort que vieux !! Bon, moi, chuis pas gérontologue, chuis tchékiste alors nous pourrions parler politique, du monde comme il va ou pas, de l’Europe, qui ne fait pas très envie en ce moment. Sauf à ces escrocs et autres Valaques d’Ukrainiens mais pour eux c’est un mariage de raison. Ils sont prêts à fermer les yeux au moment du coït et à s’imaginer dans les bras d’une splendide créature. Gaffe, Blondin pourrait les réveiller…

Prends ça, c’est pour toi : https://www.youtube.com/watch?v=Duan5QOstb8

Je termine par un petit poème, d’un Frantsouz, à la gloire de Jo le Moustachu… Tu méditeras sur ton passé.

Staline dans le cœur des hommes
Sous sa forme mortelle avec des cheveux gris
Brûlant d’un feu sanguin dans la vigne des hommes
Staline récompense les meilleurs des hommes
Et rend à leurs travaux la vertu du plaisir
Car travailler pour vivre est agir sur la vie
Car la vie et les hommes ont élu Staline
Pour figurer sur terre leurs espoirs sans b
ornes.

Et Staline pour nous est présent pour demain
Et Staline dissipe aujourd’hui le malheur
La confiance est le fruit de son cerveau d’amour
La grappe raisonnable tant elle est parfait
e.

Paul Eluard, 1950

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 09:41
Devant l'ambassade de France à Moscou
Devant l'ambassade de France à Moscou

« Российские самолёты наносят и будут наносить удары в Чечне исключительно по базам террористов, и это будет продолжаться, где бы террористы ни находились. …Мы будем преследовать террористов везде. В аэропорту — в аэропорту. Значит, вы уж меня извините, в туалете поймаем, мы и в сортире их замочим, в конце концов. Всё, вопрос закрыт окончательно. » Traduction : « Les avions russes bombardent et bombarderont en Tchétchénie uniquement les bases de terroristes. Nous pourchasserons les terroristes partout. S'ils sont à l'aéroport, ça sera à l'aéroport. Cela veut dire, veuillez m'excuser, que si on les attrape dans les toilettes — on les butera dans les chiottes, finalement. C'est une question définitivement close ». (Blondin, en 1999).

A l’instar de mes compatriotes russiens, je compatis aux attentats qui se sont déroulés à Paris le 13 novembre. Le Russien, homme de culture (j’espère ne pas te surprendre en te disant cela, le Russien, ben tu vois, il est mieux que le qatari ou un autre bandit en babouches comme l’émirati pour lequel tu as construit un Louvre artificiel), il aime la France parce que pour lui, c’est une terre de culture, de peinture, de grande littérature, enfin c’était... Mais cela demeure dans l’imaginaire du Russien, qui aime à y passer quelques jours quand il a quelques roubles devant lui. Dès 3h00 du matin, le 14 novembre, le Russien est venu déposer des fleurs devant ton ambassade. Beau geste, la classe. Vous les Frantsouzy, vous faites plutôt dans la caricature, si je me souviens de ce qu’a fait ton journal satirique préféré suite à l’explosion de l’Airbus russe en Egypte. Pas classe… mais c’est la liberté paraît-il… Faut vivre avec son temps postmoderne… D’ailleurs, les terroristes ont visé le Paris de Festivus-Festivus…

Le Russien, tu vois petit Frantsouz, sait ce qu’est le terrorisme depuis près de 15 ans et il vit encore avec. Avec la peur au ventre quand il prend le métro ou le train, chaque jour, quand il sort… Mais il continue à vivre et je t’encourage à faire de même, ne te rends pas, ne cède pas. Je me souviens, il y a 15 ans, votre presse aux mains de trotskistes attardés, aujourd’hui aux commandes de vos médias, et de Mao-Mao écrivaient que ces attentats avaient été fomentés par le FSB, la maison de Blondin, afin d’asseoir l’autorité naissante de Blondin. Comme s’il avait besoin de ça ! Je me souviens de votre presse d’alors, parcourue par le doux frisson de la rébellion qui soutenait alors les Tchétchènes, appelés rebelles. C’est vrai, Bassaev, était un doux idéaliste… Je n’ai pas oublié Boudiennovsk, la Doubrovka, Beslan. Tu préférais évoquer les « horreurs » commises par l’armée russe, ben ouais désolé, la guerre c’est sale et celle contre le terrorisme encore plus, rappelle-toi de la guerre d’Algérie. Je me demande où est Sophie Sihab… Aujourd’hui, dans la presse russe, pas un journaliste n’a écrit que les attentats de Paris sont le fait de la DGSI pour assurer la réélection de MHollande… Faudrait juste être tordu pour écrire ça. Vous rendez-vous compte aujourd’hui de la façon dont vous considérez la Russie ?

Ces événements ont eu l’air de déciller les yeux de ton MHollande sur la marche du monde. Il prône désormais une vaste coalition contre les bandits en babouches, il est un peu apeuré, il en appelle à l’ONU (un machin qui ne sert à rien) et à l’OTAN, il ne fait plus du départ de Bachar, cet artiste qui nous régale de ses happenings, un préalable. Il aurait enfin compris qui est le véritable ennemi !! J’espère également qu’il va apprendre à mieux choisir ses alliés. Certes, tu vends des bricoles aux Saoudiens, aux Qataris et aux Emiratis, mais n’oublie pas que ces pays financent le terrorisme. Et il me semble que tes élites (faut-il vraiment les appeler ainsi ? Réfléchis si elles méritent cette appellation et au besoin plonges-toi dans Ortega Y Gasset), le nain ou MHollande, vous vous êtes trompés sur vos amis… Et puis va falloir prendre une série de mesures de couillu, chais pas si MHollande est capable de cela. Par exemple, il va falloir pratiquer des assassinats ou des disparitions ciblées en France ou dans des pays arabes. Peut-être même va-t-il falloir pratiquer la torture, je crois qu’il y a une bonne école française en la matière. Normalement, vous avez les bonhommes pour ça, dans une démocratie, y a toujours des mecs qui vont se salir les mains pour que tu puisses dormir en paix, que le politique pourra lâcher en rase campagne. C’est le jeu. Secoues-toi, y a urgence… Mais ton problème c’est qu’il y aura toujours des pleureuses dans ton pays qui diront que c’est pas bien, que c’est méchant, enfin tu iras expliquer ça aux familles qui ont perdu les leur le 13 novembre. Je te conseille de mettre la Justice au pas, qu’elle soit à la disposition des services…

Il te faut désormais petit Frantsouz t’approprier un logiciel que tu as oublié depuis longtemps et avec lequel le Russien vit depuis des années, celui de la guerre. Courage, la Russie est à tes côtés. Saches que le Russien n’abandonne jamais le camarade tombé au combat !!

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 17:08
Chronique moscovite (épisode 20) : The place to be!‏par Félix Edmundovitch Dzerjinski



« Nous n’emprunterons jamais le chemin de l’isolationnisme, de la xénophobie, de la défiance, de la recherche d’ennemis. Ce sont toutes des manifestations de faiblesse, or nous sommes forts et sûrs de nous. » (Blondin, ce bon mec)


Désolé de perturber le rythme habituelle des chroniques, tu auras ma prochaine livraison mensuelle très vite avec de la culture et des bonnes choses, mais là, faut que je te tienne au jus, parce qu’à mon avis, tu n’auras pas tout ça dans ta presse libre et surtout tout ça analysé par une fine mouche de tchékiste.


Non, mais quel activisme tous azimut de la part des Frantsouzy !!! Pas moins de deux ministres venus baiser les valenki du Russien en un mois !!! Ben ouais, il y a eu Foll (en Christ comme Saint Basile) et Ségolène Royal. M’est avis que ton Grhollande se fait hésitant et qu’il a envie de se rabibocher avec Blondin, qui est tout de même incontournable sur un certain nombre de dossiers. Oublié la Crimée, que nous avons gobé, qui est en cours de digestion, et bientôt tournée la page du Donbass… Hin, hin, hin…

Bon, alors, Le Foll (en Christ), son objectif était la levée de l’embargo sanitaire sur la viande de porc. C’est bien, c’est pour dire aux éleveurs de par chez toi, ces maudits koulaks, « regardez, je fais le job », surtout que cette politique agricole, ben, t’as pas toutes les cartes, vu que tu as tout délégué au Moloch de Bruxelles. Bref, Le Foll (en Christ), il ne peut pas grand’chose et le Russien, ça il le sait. Et même, imagine que le Russien lui trouve une p’tite gueule sympathique à ton ministre, il lève l’embargo sanitaire, ben y en a un deuxième embargo que le Russien n’est pas prêt de lever, qui est maousse, c’est celui adopté suite aux sanctions occidentales. Donc, une visite pour presque rien, pas de point de PIB pour ton pays.

Après lui, c’est l’ex de Grhollande qui débarque. Elle veut voir Blondin, mais Blondin, il est occupé, il a des trucs sur le feu, un poil plus urgent que le climat-les petits oiseaux. Donc, elle se contentera de voir ses homologues et d’un peu de tourisme et de parler de COP21, cet événement majeur pour le Frantsouz de base, qui en fait aimerait avoir un vrai travail et un peu plus de kopeks dans ses poches avant tout. C’est ce qu’on appelle le pouvoir d’achat. Là également, ne compte pas sur ce genre de visite pour engranger des points de PIB, de quoi distribuer des kopeks à tes gueux.

Ces visites, sur des sujets consensuels aux yeux de tes partenaires européens (car ton pays n’est plus vraiment libre, il ne décide plus vraiment seul, faut se concerter à 27 ou 29 je ne sais plus…), me semblent traduire la volonté de renouer le dialogue avec Blondin et les Russiens. Une sorte de reset, comme disent les Caincains. Bah, le Russien, tu sais, il est ouvert, tu peux venir le voir, discuter, mais attention, il n’a pas la mémoire courte, surtout Blondin, qui est tchékiste… Cela montre surtout une politique étrangère hésitante, qui tâtonne ou alors faites de reniements plus ou moins bien assumés. Tu peux t’agiter, venir et te faire plaisir, croire à ton reset, à un retour possible au monde d’avant la Crimée, les sanctions/embargo et l’intervention russe en Syrie, mais rien ne sera comme avant. Ton problème, petit Frantsouz, est que tu es sourd et aveugle au monde qui vient. Parce que depuis 2014, la relation entre la France et la Russie ne sera plus la même.


Mais, ces visites, en fait, elles vont être occultées par une visite, celle de Nicolas Sarkozy, ton ancien berger (car tu es un mouton), le 29 octobre, qui lui, contrairement à tes ministres, aura son entretien avec Blondin. De quoi vont-ils parler ? Des affaires du monde, probablement, et de la future présidentielle… Blondin a une qualité, parmi d’autres, c’est qu’il n’oublie pas ses amis et sait qui ils sont et il sait les aider quand il le faut. Blondin, c’est un peu le mec que tu aimerais avoir pour pote, toujours prêt à aider. Mais bon après, t’as une dette…


Quelle agitation, quelle frénésie tout de même chez tes politiques, de vrais agités du bocal. Tous à rappliquer à Moscou, belle revanche pour Blondin, qui vous sait obséder par les parts de marché de vos entreprises en Russie… Il vous connaît, Blondin…

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