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L'archipel Contre-Attaque

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 12:12
 LES VÊPRES À LA VIERGE par l'écrivain Henri Lhéritier

Mon téléphone fixe était infesté de sollicitations diverses qui devenaient insupportables : isolation, électricité, chauffage au bois ou à la bouse séchée de bétail tibétain, vacances près de l’eau, et même sous l’eau, assurances gratuites.
Lorsqu’un jour, on proposa à mon épouse un homme à marier, je vis rouge, car elle en avait déjà un, en l’occurrence c’était moi, à moins que tellement rêveur je me sois mis à vivre avec la femme d’un autre, ce qui était aussi une possibilité.
Je résolus de m’en débarrasser, pas de mon épouse, du téléphone.
Dès lors ce fut un enfer, je compris que les appels téléphoniques n’étaient pas du marketing, on ne voulait pas nous vendre quelque chose, on avait avant tout la volonté de nous nuire, nous étions victimes d’un complot. Ne pouvant plus nous joindre au bout du fil, nos persécuteurs décidèrent de venir à notre rencontre. Naïfs, nous en laissâmes entrer quelques-uns, puis nous nous barricadâmes, une infernale bacchanale se tint alors sous nos fenêtres, on nous présenta de tout, des automobiles, de la lingerie, des sex toys, bientôt des types à poil et en érection vinrent se proposer pour se marier avec mon épouse ou avec moi, je ne sais plus, des femmes splendides également, au bout du compte, tous acceptaient de ne pas se marier, et se contenteraient, disaient-ils, de coucher avec nous, on ne savait plus ou donner de la tête, nous n’étions pas intéressés, nous résistions mais c’était tentant, hein ! mettez-vous à notre place.
Un matin, ce fut le bouquet, une dame qui ressemblait à Sharon Stone, en mieux, qui avait dû s’introduire chez nous par le garage ou le jardin, s’était mise à danser en se dépouillant de ses vêtements, devant nous qui nous trouvions au lit et avions remonté notre couverture jusqu’au menton. Une musique admirable tombée du ciel accompagnait chacun de ses mouvements, les "Vèpres à la vierge" de Monteverdi. Sur le" Lauda Jérusalem", elle était en train de faire glisser sa culotte, je n’en peux plus, dis-je à M., trop de désir. Me levant, un drap sur ma nudité, un sourire de carnassier sur ma bouche, je me mis à avancer.
Le téléphone sonna soudain, je m’ébrouai, zut ! ne l’avais-je pas coupé celui-là, serais-je donc dans un rêve ?
Une musique s’échappa de l’écouteur, puis des paroles, elles faisaient :
"Ha ! Qu'est-ce qu'on est serré, au fond de cette boite,
Chantent les sardines, chantent les sardines,"

Je suis M., mon mari est tombé, mort, le téléphone à la main, il avait déjà le drap mortuaire sur lui, je viens de reconstituer sa fin devant vous, depuis quelques jours, il paraissait dérangé.

Le tout meilleur d'Henri Lhéritier, c'est ici!

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 10:44
Chronique moscovite (épisode 13): des hauts et des bas...‏  par Félix Edmundovitch Dzerjinski

« Celui qui ne regrette pas l'URSS n'a pas de cœur ; celui qui souhaite sa restauration n'a pas de tête ». (Blondin). Si tu te souviens de cette citation de Blondin, je t’assure petit Frantsouz, tu auras fait de grands progrès dans ta compréhension du pays, et franchement, si tu veux mon avis, tu as une sacrée marge de progression…

« Bien sûr, je suis un pur et absolu démocrate. (...) Depuis la mort du mahatma Gandhi, je n'ai plus personne à qui parler ». (encore Blondin). Tu vois, petit Frantsouz, Blondin c’est un humaniste, seul et incompris, mais qui conserve son légendaire sens de l’humour. Cela devrait te rassurer sur le pays… Quel blagueur quand même ce Blondin…

Allez, je vais te distraire, je vais te faire sourire ou même rire, après tes élections-piège à cons et toute cette médiocrité dans laquelle tu t’agites ! Tu es bien loin de ta grandeur passée, car un jour, vous les Frantsouzy, vous avez été grands…

Pour commencer, car je sais que Nicolas en gentleman fin de siècle en est friand, un petit détour par l’assiette, avant de rentrer dans le dur… Je suis allé un de ces week-ends dans un restaurant, le Docteur Jivago, dans l’hôtel National, face au Kremlin. De mon temps, il y avait quelques restaurants, pour les privilégiés, moi, en homme intègre et en ascète, je ne fréquentais que les stolovaya (cantines ouvrières) car j’étais et je demeure fondamentalement proche du peuple et du prolétariat même si l’art du tchékiste est de se fondre dans n’importe quel milieu… Les stolovaya, avec le capitalisme, à partir de 1991, ont toutes quasiment disparu. Aujourd’hui, les restaurants ont proliféré et quand un concept a marché, il est décliné en réseau des restaurants. Aujourd’hui, la scène gastronomique moscovite est dominée par deux groupes qui possèdent de nombreux restaurants, Novikov et Ginza. Mais la crèche où je te mène est un poil différente. Elle appartient à Alexandre Rappoport, déjà propriétaire de Kitaïskaya Gramota, où les serveuses sont habillées en garde rouge maoïstes et où j’aime à aller boire un cocktail, nuitamment, après un détour par la bania, ça me régénère. Cocktails de bonne facture comme le Moscow Mull, vodka au citron, bière au gingembre, sirop de gingembre, ça te réveille un mort. Mais retour sur le Docteur Jivago. La décoration y est irréprochable et me rappelle le bon vieux temps (mosaïques, lustres…) . Ah, cette étoile rouge, elle fut mon berger. Ces hommes à cheval, qui rappellent la cavalerie rouge et ses personnages qui rappellent les Malevitch, Petrov-Vodkine et Deneyka… Et tu n’y as que de la gastronomie russe, des bons produits et élégamment présentés. Une farandole de pelmeni (ravioli sibérien, au bœuf, au porcs au canard, au rêne), de pirojki (petit pains fourrés salés) et de kotlety (boulettes de viande). Ici, chez nous, pas de 5 fruits/5 légumes par jour, tu comprends, faut passer l’hiver. De la bonne cuisine russe contemporaine, légèrement revisitée… Une belle adresse, même si ce lieu appartient à un capitaliste, qui a su émouvoir mon cœur endurci de tchékiste. Une adresse qui sonne comme un rappel de l’Histoire et d’une histoire, la nôtre, à laquelle nous sommes irrémédiablement attachés, celle de la défunte URSS, mais si vivace dans mon cœur.

Tu as vu, petit Frantsouz comme les organes de sécurité sont forts par chez nous!! Tu as vu ça, dis? Les assassins de Boris Nemtsov ont été arrêtés et ils sont tous tchétchènes... C’est Ramzan, qui est bien triste… Ben en fait, les gars en question, dont un appartenait aux forces spéciales tchétchènes (bataillon Sever) auraient déclaré que le brun ténébreux Boris (un séducteur si tu as vu les photos de la donzelle qui était avec lui sur le pont) avait heurté leur sentiment religieux en prenant la défense de la liberté de la presse, suite aux attentats contre Charlie Hebdo. Souviens-toi, une manifestation, organisée par Ramzan à Grozny, contre les caricatures de Mahomet avait rassemblé 800 000 personnes…

Le fait que ce soit des Tchétchènes me fait sourire. Un sourire ironique. Tu te souviens de ce peuple délicat pour lequel ta presse et tes élites autoproclamées prenaient fait et cause. Et puis tu te souviendras probablement que le joli Boris était membre du gouvernement de l'Outre alcoolique qui déclencha, après moultes libations forcément alcoolisées, la première guerre de Tchétchénie en janvier 1994. J’ai encore dans la tête le cri du conscrit russe appelant sa matushka à l’aide au moment où le couteau se posait sur sa gorge juvénile... Sale guerre, comme toute guerre qui se respecte. Tu te souviens de l'Outre alcoolique, vous l'aimiez bien, vous disiez que le pays était sympa à l’époque, vous pouviez vous essuyer dessus comme sur un paillasson, souviens-toi du Kosovo, mais en fait, le pays était complètement imprévisible et même dangereux, ben ouais, ça flinguait ou rackettait dans tous les coins mais tu as oublié, tu as la mémoire gommeuse. Mieux vaut Blondin. Il dit ce qu'il va faire et fait ce qu'il a dit, il est très prévisible comme garçon et mieux vaut l'écouter.

Je vais t'expliquer comment cela s'est passé techniquement, cet assassinat. Avant, à l’époque soviétique et au mitan des années 1990, les Tchétchènes étaient utilisés pour les basses œuvres. Le commanditaire s'adressait à un gang et hop, le job était fait avec plus ou moins d’art. Aujourd'hui, tout a changé, tout s'est policé puisque le commanditaire passe désormais un tender (appel d'offres), ce qui suppose un cahier des charges, et c'est le groupe le mieux ou le moins-disant, le plus conforme au cahier des chares, qui l'emporte. Le commanditaire fait ensuite une avance pour régler quelques frais: armes, moyens de communication, moyens d'interception, de brouillage, voitures... Une fois la commande honorée, le groupe perçoit sa rétribution au prix fixé dans l'appel d'offres. Je suis sûr que si cela se passait comme ça en Europe, il y en aurait pour exiger des quotas de femmes, voir si tout se fait conformément au développement durable et au changement climatique, ben ouais, l’empreinte carbone c’est vachement important, le contactant serait un contractant de proximité, une sorte de slow food de l’assassinat... Enfin, ce changement te dit bien que le Russien sait adopter le mode capitaliste car l'appel d'offres suppose une mise en concurrence entre gangs... C'est beau le progrès. De mon temps, un mur suffisait.

Enfin, ce n'est pas la mort du beau ténébreux Boris, ni les sanctions d'ailleurs, qui ont empêché British Petroleum (BP) de signer un accord de 12 Mds de dollars avec le grassouillet oligarque Fridman pour un projet gazier en Egypte... Tu le sais, tu auras beau faire le singe idéaliste, t’agiter, l'argent n'a pas d'odeurs...

Tiens, cela me fait souvenir que le 12 mars 1947 le Président américain Truman définissait sa doctrine contre l’URSS, le containment. Je ne suis pas vraiment convaincu que la patrie du capitalisme ait véritablement changé de doctrine, y compris vis-à-vis d’une Russie hyper-capitaliste. Faut se faire une raison, nous Russiens, nous faisons peur ! Tiens, à propos d’avoir peur, les agités du Donbass, du moins les femmes faisant partie de bataillons, ont organisé un concours de beauté à l’occasion du 8 mars, fête des femmes. Je crois que c’est Svetlana Alexievitch qui a écrit « La guerre n’a pas un visage de femme »… Du même auteur, lis « La fin de l’homme rouge ». C’est irrémédiablement triste.

Laissons de côté ce qui n’est qu’écume sur la vague, la politique comme elle va, et cessons de parler de ce qui (te) fâche et évoquant la belle parmi les belles, Moscou ! Je me suis rendu récemment au pied du monument des conquérants de l’espace, sous lequel se trouve notre musée du Cosmos. Quel monument, quel gigantisme et quelle modernité. Et cela m’a fait plaisir, oui extrêmement plaisir, de retrouver la grandeur de notre beau et vaillant pays, l’URSS !! Ce musée te révèle le paradoxe de notre pays, y compris aujourd’hui, celui d’une puissance « pauvre ». Et puis surtout, nous sommes de sacrés bricoleurs, nous qui avons envoyé le premier homme dans l’espace. Pas comme les Américains, qui doivent tout à Werner Von Braun, ingénieur nazi, père des fusées V1 et V2. Sont pas rancuniers les Anglais avec leurs potes américains… Nous, nous avons fait tout, tout seuls, sur le coin de l’établi, dans un garage. Ce qui est pas mal, c’est que le musée conclue sur la coopération internationale, avec l’ISS, ça c’est quand même gentil de notre part de faire profiter tout le monde de nos savoir-faire. Faudrait pas l’oublier.

Après ce musée, je suis allé faire un tour au VDNKh. Jadis, c’était le centre des expositions où le peuple pouvait constater de visu les réalisations de la vaillante Union Soviétique, notamment dans le domaine agricole. L'entrée principale du parc est un arc de triomphe surmonté des figures d'un conducteur de tracteur et d'une kolkhozienne. C’est Jo le moustachu qui a eu l’idée de la chose histoire de se faire plaisir, un peu d’autosatisfaction ne nuit pas, et de faire plaisir au peuple, histoire qu’il voit le résultat de son travail. Tu as plusieurs pavillons dédiés à chacune des 15 Républiques Soviétiques et une fontaine avec 15 statures représentant les dites Républiques. Aujourd’hui, c’est devenu une foire à tout. Tu rentres dans un pavillon et tu trouves des restaurants, des magasins d’électronique, bref, de quoi satisfaire la fringale consumériste du populo. Mais il me revient que le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, un bon pote de Blondin, puisqu’il a été son chef de cabinet, donc un homme de confiance, aimerait que tout redevienne comme avant. Ben ouais, le Russien est un nostalgique, relis Oblomov ! Alors, il fait à la russe, un mélange d’autorité et de sensibilité. Il fait fermer les pavillons, les rénove, bref, il chasse les marchands du temple. Une perestroïka à rebours… Ou plutôt un savant mélange, un syncrétisme.

Et puis après, j’ai vu une belle exposition consacrée à Rodtchenko et sa compagne Stepanova. Tu avais tout, le Rodtchenko photographe, peintre, affichiste et designer. Là également, une bonne bouffée salutaire de sacrément bons souvenirs. Tu vois, petit Frantsouz, après ce restaurant, ce musée et cette exposition, je suis convaincu que mon pays ne peut pas mourir. Il est traversé par un flux vital, qui résonne jusque dans les bania, au moment où le bantchik force sur la vapeur, tu entends des cris de bêtes libérateurs, ce sont les cris d’ours (si cher à Blondin), des conquérant de l’Est qui bientôt, qui sait, déferleront sur l’Ouest, pour son salut bien évidemment, tu as appris à nous connaître… Vous ne vous débarrasserez pas de nous, vous nous avez sur le dos pour de longues années !

Avant de te quitter, je voulais te dire que j’avais lu « Soumission » de Houllebecq pendant mes vacances polonaises. J’ai trouvé ça un peu long ce qui est compensé par l’humour féroce de l’auteur, un facétieux. Je ne comprends pas la polémique en France, ce livre est juste une pochade, une déconnade. Bon, certes, comme le disait Blondin il y a déjà quelques années, « la France deviendra dans moins de 20 ans la colonie de ses anciennes colonies », c’est un fait, mais le roman de Houellebecq joue de vos peurs et le bestiau, ça le fait poiler et je le comprends. Pour revenir à la citation de Blondin, c’est du typiquement Russien. Vois-tu, petit Frantsouz connecté et globalisé, les Russiens ont trois obsessions assez éloignées des tiennes, mais tu ferais bien de prendre des cours de rattrapage : l’Histoire, la géographie déclinée en géopolitique, et la démographie (le nombre). Donc ne te vexe pas ou n’accable pas Blondin d’anathèmes, il est juste inquiet pour vous, pour ce pays qu’il adore et dont il apprécie particulièrement le Chassagne-Montrachet, à défaut d’avoir goûté les vins du Roussillon.

Si la situation en Ukraine te préoccupe, lis ça, cela te rassurera, hin, hin, hin :https://www.bellingcat.com/news/uk-and-europe/2015/03/11/vreditel-sobaka/ Tu comprendras que comme nous sommes un vaste empire, nous n’avons pas de problèmes de ressources humaines et nous envoyons nos Bouriates se battre en Ukraine contre l’OTAN, contre l’impérialisme. Le petit gars qui témoigne et qui a été blessé ne regrette rien. Amusant de voir les gens les bénir, eux, des Bouriates, des bouddhistes. Amusant de voir que pour nous autres Russiens, la guerre est un fête car partout d’où partent nos vaillants petits gars, tu as des fêtes. Au fait, j’espère que tu es bien conscient, petit Frantsouz, que les Etats-Unis envoient des militaires, en nombre, pour former les Ukrainiens. Dur tout de même de se faire une opinion, hein ?

Je suis retourné au bania, tu sais les bains russes. J’ai un bon rythme, une fois tous les 15 jours. A chaque fois que j’y suis, je me pose des questions sur mon peuple. Comment des gens, des adultes, peuvent-ils supporter une telle chaleur, suivi d’un bain dans une eau à 3°, et se faire fouetter par leur alter égo à l’aide de branches de bouleau, de chêne… Un drôle de peuple, non ? Et c’est une tradition ancestrale. Rien à voir avec ces tafioles turcomanes où tu te badigeonnes d’huiles essentielles. Je crois que mon peuple est un peuple basique, aux plaisirs simples et c’est un peu ple de guerriers. Gaffe à vos miches ! Mais attention, pas des barbares, j’ai tout de même vu une exposition Doisneau, Nadar et de photos soviétiques 1946-1964. Donc y en a dans le ciboulot, donc re-gaffe à tes miches ! Bon, j’arrête avec notre éternel complexe d’infériorité/supériorité (les deux en simultané et vice-versa).

Au fait, petit Frantsouz, tu connais Philippe Muray? Oui, non? Pas grave, pourtant c’est un des tiens, je te dédie ce poème de lui (http://www.youtube.com/watch?v=2lEupp9jzGs). Pas mal de lecteurs de l'Archipel devrait se reconnaître, qu’ils n’en soient nullement offensés...

Terminons sur un sujet qui fâche… Je t’ai pas beaucoup entendu lorsque l’Arabie Saoudite, alliance objective entre la famille régnante, les Saoud, et la prédication wahhabite, est intervenue au Yémen contre les chiites houthistes. Tu as fait plus de tintamarre lorsque Blondin a récupéré la Crimée, tu nous a même sanctionné et tu nous as remis un petit coup de sanctions en raison des agités du Donbass (qui de notre point de vue Russien fait partie de l’Ukraine, c’est un conflit ukraino-ukrainien, attention, c’est pas nous !). Faiut être cohérent, petit Frantsuz, sinon, t’es plus crédible, c’est pas bon l’indignation sélective. Blondin, il est méchant, le roi d’Arabie, il est gentil (pense au blogueur, au fait). Remarque, tu me diras, toutes ces histoires, au Yémen, c’est loin, et puis c’est des Arabes…

Et puis je t’offre une chanson, histoire de te rappeler qui nous sommes ! https://www.youtube.com/watch?v=U_VO6SJiny8 C’est une chanson de la guerre civile qui dit que l’Armée rouge est la plus forte, une chanson qui te pose le décor parce qu’à l’époque, nous avions les Blancs sur le paletot, ça va encore, ça reste les nôtres, mais en plus les alliés, quelques français, des américains (décidément, nous sommes une obsession pour eux), des anglais, des japonais qui soutenaient les Blancs. La chanson est interprétée par les gars de Liube, le groupe préféré de Blondin. Mais toi, tu préfères Emeute dans ta chatte(Pussy Riot).

Voir aussi:

Les précédentes chroniques moscovites

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Chronique moscovite (épisode 13): des hauts et des bas...‏  par Félix Edmundovitch Dzerjinski
Chronique moscovite (épisode 13): des hauts et des bas...‏  par Félix Edmundovitch Dzerjinski
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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 12:39
http://fr.wikipedia.org/wiki/Maximilien_de_Robespierre
http://fr.wikipedia.org/wiki/Maximilien_de_Robespierre

http://fr.wikipedia.org/wiki/Maximilien_de_Robespierre

Entre Robespierre et Savonarole qui choisiriez-vous ?
J’hoquetai. Nous étions chez Pierre Gagnaire et le serveur avait successivement posé devant nous, repus, les yeux emplis d’étoiles et plissés d’émerveillement, la caravane du menu dégustation.
Corolle de Saint-Jacques au gingembre frais, mangue jaune et verte, kaki, pamplemousse thaï, sirop d’oignon doux des Cévennes parfumé au curry Madras, barquette à l’encre de seiche, langues d’oursin, et rouget de roche au potimarron, gousse d’ail de Lautrec, bar St. Germain du chef qui, chez nous, est un loup, pas le chef, le bar, qui n’est pas un bar non plus.
J’étais amoureux de la langue d’oursin dont je prétendis qu’elle était supérieure à la langue d’Esope mais aussi, je fis alors le malin, à celle de Savonarole ou de Robespierre dont je me demandai aussitôt ce qu’ils venaient bien faire chez Gagnaire.
Au dessert, le type qui m’avait invité me pose donc cette question. C’était lui qui payait, je n’aurais pas aimé être à sa place. Me maudissant d’avoir cité ces deux excités, je me mis en quête de répondre.
Qu’auriez vous fait d’autre ? me dit-il.
Moi ? Rien ! Répondis-je, car on ne me payait jamais à bouffer chez Pierre Gagnaire, je me contentais d’un sandwich à midi, d’une soupe le soir, du bar des Allées avant et après (le seul bar connu par moi) et je me foutais de Savonarole et de Robespierre comme de l’an quarante.
Eh bien ! Entre l’illuminé de Florence et celui d’Arras, figurez-vous que je choisis Robespierre alors que le serveur nous fournissait en desserts aussi fastueux que nombreux pour la raison simple que je n’aime pas les desserts et que Robespierre va bien avec eux, (comprenne qui pourra) et aussi parce que je me souvins subitement que lors de mon voyage de noces, à Florence, ma voiture fut mise en fourrière au petit matin, et la fourrière, en Italie, à cette époque, c’était l’antre des Gorgones. Cette fâcheuse aventure post maritale jeta le discrédit sur le jeune marié que j’étais, mon épouse ayant compris, dès le lendemain du mariage, mais c’était top tard, à quel imbécile elle avait affaire. Je suis l’ultime victime de Savonarole.
Ayant fait ce choix sans doute néfaste, j’avalai alors le fond de la bouteille de Côte rôtie, la Landonne de Guigual, en catimini, car mon vis à vis aimant les gâteaux mais pas Robespierre, je craignais fort qu’il ne changeât d’avis sur la note qu’on ne tarderait pas à nous présenter.

Voir aussi:

Le tout meilleur d'Henri Lhéritier

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/henri%20lheritier/

Le travailleur Catalan,André Marty: toute une histoire!interview de l'historien Michel Cadé par Nicolas Caudeville

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/article-le-travailleur-catalan-andre-marty-toute-une-histoire-interview-de-l-historien-michel-cade-par-nico-78010778.html

Lorsque les Pyrénées-Orientales étaient révolutionnaires, récit par l'historien Michel Cadé! interview par Nicolas Caudeville

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/article-lorsque-les-pyrenees-orientales-etaient-revolutionnaires-recit-par-l-historien-michel-cade-intervi-107337232.html

ROBESPIERRE ET SAVONAROLE par l'écrivain Henri Lhéritier
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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 11:36
LES CHATS D’OSAKA par l'écrivain Henri Lhéritier

Toute sa vie il s’était pris pour un thon rouge à cause de la Méditerranée qu’il aimait tant.
Il chérissait cette mer non pas pour l’eau qui remplissait ses flancs mais pour les terres qui la découpaient. S’extrayant parfois de son banc, sautant au-dessus de ses congénères et contemplant ses rivages, il ressentait une grande fierté de lui appartenir, de rôder, libre et puissant, à l’intérieur de ses lignes brisées, longeant ses plages, heurtant ses promontoires et remontant ses estuaires.
Combien de fois, passant au large de Rome, s’était-il cru César ou kaiser à Trieste, tsar à Sébastopol, sultan à Istanbul, raïs au Caire, Ramsès II à Memphis, négus à Addis-Abeba, bey à Tunis, gouverneur à Alger, tyran à Syracuse, comte à Barcelone, président de la république à Marseille, tous les potentats locaux, les Cléopâtre aux seins d’albâtre, les princes des déserts, et les despotes sanguinaires, défilaient devant lui, il les reconnaissait, il se racontait leur histoire, et il faisait des bonds de joie au-dessus des rouleaux, alors que flottaient encore autour de lui les bois brûlés des batailles passées, Salamine, Lépante, Aboukir, Odessa, et les os blanchis des marins sacrifiés.
Et maintenant, il se trouve là, abandonné.
Il entend encore ce cri de fureur lorsque d’un coup de couteau, on le transperça, devant des faces jaunies, dans cette halle hurlante, vide d’eau et emplie de puanteurs cruelles :
« Nom de Dieu, il est blanc ! »
Il se croyait rouge, il n’était que blanc
Il gît sur ce trottoir où on l’a jeté, blessé à mort, les flancs palpitant encore, séparé des siens qui l’avaient toujours accompagné et qui le sachant différent l’avaient accepté comme un des leurs, sans un reproche, ni la moindre remarque, lui agonisant si loin des horizons qui avaient tenu une telle place dans sa vie, des criques devant lesquelles il croisait, des visages de l’histoire dont cette terre regorgeait, entouré des chats d’Osaka qui lui mangent déjà les ouïes.

Voir aussi:

"OBLOMOV" par l'écrivain Henri Lhéritier

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Le tout meilleur d'Henri Lhéritier ici:

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LES CHATS D’OSAKA par l'écrivain Henri Lhéritier
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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 16:09
"OBLOMOV" par l'écrivain Henri Lhéritier

Il n’avait plus envie de rien.
Il ne sortait pas de sa maison lorsqu’il pleuvait et n’en bougeait pas non plus quand il faisait beau. Il ne souhaitait ni dormir, ni rester éveillé, se plaignant de s’endormir lorsqu’il était éveillé ou de se réveiller lorsqu’il était endormi.
Il n’était pas capable d’écouter plus de deux mesures du « Voyage d’hiver », et de boire plus de deux cuillerées de la soupe aux truffes noires qu’il préparait pourtant à merveille. Il ne faisait plus l’amour, ne tournait plus les pages d’un livre, ne regardait plus les étoiles, n’enfilait plus ses chaussettes, ne lisait plus un seul commentaire sportif dans son quotidien.
Parfois il avait l’impression d’être emporté au fil de l’eau, tel un chien mort, ballottant dans les remous, touchant une rive puis l’autre, cadavre raidi plongeant et surgissant, les pattes en l’air ou le museau à fleur d’eau, jusqu’à ce qu’un amas de branchages, le retienne, tournoyant dans une anse, désormais à la disposition des poissons, des oiseaux et des rats.
Et à d’autres moments, il n’était qu’un lichen de forêt nordique, attaché à son arbre, à peine oscillant au vent glacé de l’Arctique, insensible à l’humidité, au froid et aux caribous.
Quelque chose de la vie l’abandonnait, son âme s’évanouissait et le monde jour après jour lui devenait indifférent, il avait le sentiment que cette terre qu’il avait tant aimé, se dénudait, perdait ses atours, comme une jeune fille se déshabillant devant lui à qui chaque vêtement ôté enlèverait peu à peu l’essentiel de son charme et de son mystère..
Tout le lassait, tout le saoulait, le bruit d’un papillon le dérangeait, le vent dans les platanes l’irritait et les petits portraits qu’il s’amusait à faire, saynètes ou contes ou fables ou petits riens, appelez les comme vous voudrez, ne l’amusaient plus.
Et même celui-ci, il jeta son papier par la fenêtre, il ne le finirait pas !

La tramontane qui l’emportait l’a déposé devant ma porte.

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 09:59
Chronique moscovite (épisode 12) : La roue de l'Histoire et du T-34‏ par Félix Edmundovitch Dzerjinski

« Idéaliste probe, implacable et chevaleresque, au profil émacié d’inquisiteur, grand front, nez osseux, barbiche rêche, une mine de fatigue et de dureté. Mais le parti avait peu d’hommes de cette trempe ». (Victor Serge, sympa, il parle de moi…)

« Car désormais, dans un monde en proie à la cohue et à la plèbe, la plus haute conquête est l’œuvre d’art ». (André Suarès, Le Condottiere)

Ben même si je ne passe pas, de prime abord pour un esthète vu mon beau métier, qui est tout de même un métier de seigneur/saigneur, je me sens proche de cette citation et je pense que le véritable gentleman, aujourd’hui, je ne te parle pas des post-modernes gavés par la globalisation, euh j’adore le concept, t’es allé en Thaïlande, quel peuple, quelle douceur, non mais la guerre je supporte pas, le racisme non plus et la faim dans le monde itou… (sans en avoir conscience, il est un peu cette cohue et cette plèbe même si sa classe est celle des dominants), se doit d’avoir lu ou de relire ce magnifique livre qui parle d’un temps où l’Homme fut grand (hormis notre révolution, bien sûr), la Renaissance en Italie.

« Nous devons puiser dans différentes périodes historiques tout ce qui est réellement important et précieux. Cette synthèse peut être résumée par la formule ’’foi, justice, solidarité, dignité, grandeur de l’État’’ ». (Kirill, Patriarche de Moscou et de toutes les Russies).

Kirill, un ex du KGB, de ma grandiose maison qui assure le présent et l’avenir de mon glorieux pays. Et l’histoire n’est pas prête de s’arrêter vu que c’est nous, les Russiens, qui tenons la plume et nous ne sommes pas prêts de la lâcher. Bon, dans ce qui dit le petit père Kirill, tu l’auras compris, Blondin ne retient que la grandeur de l’Etat. Et quoi de mieux que nous, les organes, pour assurer et incarner cette grandeur. Le reste, c’est tout juste bon à amuser la galerie et le populo. Si tu t’intéresses à la religion aujourd’hui en Russie, cours voir « Leviathan » de Zviaguintsev, un film qui en dit long sur la Russie d’aujourd’hui, c’est-à-dire libérale, ultra-libérale comme tu aimes…

Quel coquin ce Blondin, il aurait proposé, en marge du G20 (pas le supermarché, le sommet qui sert à rien et te coûte cher) à la Füreur Angela de régler l’affaire de la petite province, l’Ukraine, à la tchétchène. C’est-à-dire en achetant les deux entités agitées, à coup de subvention et d’autonomie. Elle en a été soufflée, la Füreur. Faut nous comprendre, nous les Russiens, nous avons un côté un peu oriental, un peu marchand de tapis, un peu négociant de bazar. Désolé, petit Frantsouz, nous n’avons pas la même culture et je crois que nous résistons tout de même bien à la globalisation même si le mode de consommation est le même mais tout cela, dans le fond, n’est qu’apparence. Les fondamentaux demeurent. Bon, tu vois, tout en haut de la pyramide, que dis-je, du mausolée, il y a Blondin et en bas, il y a tout le reste. Et dans tout ce reste, tu as nos députés, bon ils sont un peu comme les tiens, pas finauds, sensibles aux lobbies, j’en passe. Ben chez, nous, dans le contexte des sanctions et de la crise économique, tu en as certain qui ont trouvé des solutions, des génies. Ils disent au bon peuple : « Mangez moins, utilisez de la betterave en guise de rouge à lèvres, préférez les culottes russes en coton à la délicate lingerie française et rappelez-vous que Dieu met votre foi à l'épreuve. » Alors, je te vois avec ton air narquois, mais cela en dit long sur le pays et sur les mentalités. Cela démontre notre patriotisme. J’en veux pour preuve que peu de Russes se sont rendus à l’étranger pour les fêtes. Normal, chute du rouble oblige, bon sauf pour certains de nos oligarques qui sont allés aux Seychelles ou à Saint-Bart’. Les fonctionnaires (tu te rappelles la chanson de la dernière chronique, de Seminon Slepakov, sur ce fonctionnaire qui a tellement peur qu’il n’arrête pas de voler) ont dû donner l’exemple cette année, ils sont restés dans le pays comme la plupart de leur compatriotes, ils sont allés à Sotchi s’adonner aux joies des sports d’hiver. C’est ça la patriotisme à la russe. Allez, écoute cette chanson sur Paris de Semion Slepakov (https://www.youtube.com/watch?v=9eCvm9YJPXY). C’est l’histoire d’une baba (une bonne femme chez nous) qui dit à son muj (son homme), voir Paris et mourir et lui de lui égrener bons nombres de villes de notre 1 000 fois Sainte Russie où tu peux mourir itou et pour moins cher. La chanson se termine par un « Vperiod Rossiia » (en avant la Russie) et « Parij govno » (Paris, c’est de la merde) et il dit même qu’il veut mourir en Russie !

Tu as le sens de l’Histoire, petit Frantsouz ? Non, je ne crois pas. Tu es perdu dans l’immédiateté, dans le consommable, le rapide et le jetable, c’est ça la postmodernité. Ben, tu vois nous sommes en février et je veux m’arrêter au 4 février. En 1900, j’étais arrêté en raison de mes activités révolutionnaires et mis en prison à Varsovie (tu as la photo), dans une citadelle, pavillon 10.

Mais surtout le 4 février est une date mémorable, en 1945 surtout. C’est la conférence de Yalta !! J’ai pas l’impression que ta presse s’y arrête, sûrement une mémoire sélective ou gommeuse… Cet anniversaire a été l’occasion pour Blondin de participer à une conférence intitulée « Yalta : passé, présent et futur » (y avait un député qui est le petit-fils de Molotov). La conférence avait lieu en Russie, en Crimée, à Yalta au palais Livadia, ancienne résidence d’été de ces pourceaux de Tsars, que nous avons jetés dans les poubelles de l’histoire en 1917. Pour nous, dans le contexte actuel où chacun réécrit l’Histoire à sa façon, vois ces bouffres de Polonais, ces pitres d’Ukrainiens, cet anniversaire est important. Ces salopards minimisent le rôle de la vaillante Armée rouge dans la victoire sur le fascisme. Et Blondin, qui se mue en professeur d’Histoire te donne une leçon à cette occasion en soulignant que malgré des divergences idéologiques profondes, ben le trio de la photo (tu as remarqué, petit Frantsouz, y a pas un Frantsouz sur la photo des vainqueurs qui se partagent le gâteau) a fait un boulot plutôt constructif (ce qui va dans le sens de nos intérêts est forcément constructif) qui a abouti à la fin de la 2èmeguerre mondiale. Mais Blondin, il est fort et le passé lui rappelle le présent et inversement d’ailleurs et il te dit « dommage que les récents événements nous disent le contraire : sous nos yeux, se déroule une campagne de révision du bilan de la 2ème guerre mondiale, diminuant la part de l’Armée rouge dans la victoire. » Blondin, ça l’énerve que les anciens vassaux se mettent à prendre la plume pour écrire et dire n’importe quoi. Et il te dit que Yalta, c’est un modèle de règlement de conflit, y a pas plus clair comme message !!! Mais aujourd’hui, avec qui veux-tu parler ??

L’Histoire, ne l’oublie pas, demeure un enjeu idéologique et politique et Blondin l’a bien compris, alors que vos dirigeants occidentaux, ben, ils sont postmodernes et pas vraiment animés par la grandeur et l’épopée… Y a qu’à voir le procès du gras sodomite qui voulut être roi qui se déroule actuellement chez toi petit Frantsouz, ça passionne les foules… Quelle misère, incapable de voir au-delà du bout de sa queue… Vous en avez des visionnaires par chez vous, dites donc !! Imaginez ce gras sodomite président de votre petite république… Imaginez que le bout de sa queue ait pu guider votre politique étrangère… Je peux te dire qu’il aurait adoré la Russie, ce qui est le cas aujourd’hui puisqu’il y vient fréquemment en tant que membre (tiens…) du conseil de surveillance d’un fonds et d’une banque… Je pense que nous devons avoir les images à la Loubianka… Au moins, Blondin est un ascète, un ascète gourmand !! Je reprendrais bien una fettina d’Ukraine…

Bon, le cessez-le-feu a l’air de tenir, du moins, tout le monde fait semblant d’y croire, surtout les Européens. C’est le jeu, d’abord, il faut dire que la négociation a été un succès, puis le temps passant… Toutes ces histoires me fatiguent, de mon temps, nous serions déjà à Kiev, en train de laver nos bottes dans le Dniepr… Pour me distraire, je suis allé au Musée Pouchkine, non pour voir la magnifique collection des impressionnistes, mais pour aller voir une exposition sur la thématique des Madone à l’enfant depuis les icônes byzantines jusqu’à la Renaissance italienne, le cinquecentao. Tu y avais donc une magnifique Madone de Piero della Francesca, un Bellini, un Cosme Tura. Puis après, j’ai baguenaudé dans le musée, peinture italienne, flamande… Et j’ai vu un drôle de truc. Il y avait là une jolie femme, une étrangère, une Frantsoujenka. La voilà abordé par un jeune Russien, en anglais. Elle lui répond en russe, il est agréablement surpris de constater que cette étrangère ne parle pas que la langue de l’impérialisme. Et le jeune Russien de la questionner : « vous aimez Nicolas Sarkozy ». Elle fait la moue, je la comprends. Et le jeune Russien de lui répondre : « Moi, j’aime Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen ».

Woua ! J’apprends que vous décorez le patron du contre-espionnage marocain. Moi, en tant que professionnel, je trouve ça bien, il mérite. Ce Monsieur protège ses concitoyens et je pense même qu’il échange de substantielles informations avec ses collègues occidentaux sur ces barbus qui causent tant de tracas. Et je pense qu’il peut même rendre service, surtout à toi petit Frantsouz, ou plutôt à des hommes politiques, qui parfois en villégiature au Maroc, se laissent un peu aller en s’adonnant en toute impunité à leurs vices cachés. Tu vois ce que je veux dire ? Bon, mais là n’est pas la question, les gens de ma profession font leur miel de ces failles si humaines, argent, sexe, ego, déviances diverses… C’est du tout bon ! Non, ce qui m’amuse, c’est que toi qui est si prompt à défendre les droits de l’Ôm, ben là, je t’entend pas beaucoup. Tu imagines que vous ayez décoré le patron du contre-espionnage russe (qui le mérite tout autant que son collègue marocain, tchékistes de tous les pays, unissez-vous !), cela aurait donné lieu à de jolis discours indignés et bien-pensants, à de jolies cris d’orfraies, ce dans quoi tu excelles, petit Frantsouz, un peu comme un castrat. Tout est dans le rapport de forces et c’est un domaine dans lequel tu ne brilles pas, un peu comme si tu n’avais rien compris à la marche du monde. Et c’est comme cela que tes élites, ton Grolland and Co., qui se disent porteurs de valeurs, et vas-y que je fasse un fourre-tout république-droits de l’homme…, baisent les babouches des grand bey assis sur des bonbonnes de gaz ou de pétrole ou tentent de leur vendre des armes dernier cri… En fait, vous les Frantsouzy, vous êtes un peuple schizophrène, vous ne vous assumez pas.

Obama, le président de l’Empire du mal, a dit que ce qui distinguait les Etats-Unis de la Russie, c’était la capacité à produire de l’innovation, de l’immatériel, bref la créativité. Eh, nous aussi, nous sommes capables, nous sommes des créatifs. J’en veux pour preuve le nom d’un des bataillons des agités du Donbass, Motorola, qu’il s’appelle. Et qui sait, bientôt un bataillon Google, Apple, tu auras toute la Silicon Valley dans le Donbass !!! Et puis, nous sommes sacrément créatifs, en géographie surtout ! Blague à part, ce que dit Obama est très important. Il n’a justement pas compris que nous étions différents, nous les Russiens. Ben ouais, nous sommes plus dans le concret, nous, c’est des territoires que nous conquérons, voilà tout. Et moi, pauvre naïf, qui croyais qu’aux Etats-Unis tu avais le droit d’être différent…

Allez, je te laisse, petit Frantsouz, je vais en Pologne, pas en T-34 et pas pour laver mes bottes dans la Vistule, tu peux rassurer tes amis polonais vendus aux américains, juste en villégiature, histoire de me remémorer mes origines, visiter Cracovie, la ville Mitteleuropa par excellence, un temps bien révolu, puis Auschwitz, histoire de se souvenir et surtout de ne pas oublier et le musée de l’insurrection (où éclate tout le réalisme politique de Jo le moustachu puisque pendant l’insurrection menée par l’armée de l’intérieur, qui dépendait du gouvernement polonais en exil à Londres, l’Armée rouge n’a pas bougé, faut dire que ces résistants n’étaient pas très collectivistes dans l’âme…). Tu vois c’est ce qui nous caractérise le réalisme, nous nous sommes complètement affranchis de critères moraux, nous avons des intérêts et nous cherchons à nous y tenir, tant pis s’il y a des morts, ce sont des copeaux de l’Histoire, tandis que par chez toi, petit Frantsouz, vous êtes très à cheval sur la morale et vous avez des critères dignes d’une cours de récréation « il est gentil », « il est méchant ». Prends Blondin, il n’est ni gentil, ni méchant, il poursuit ses intérêts personnels et ceux de son pays. Rien à ajouter, circulez. Après tu es d’accord ou pas et alors… « Me ne frego » comme disait les autres dans les années 30 en Italie.

Mais avant de te laisser pour mieux nous retrouver plus tard, un petit retour sur l’assassinat de Boris Nemtsov s’impose.

Pas un mec que j’aurais fréquenté, un libéral, un de ceux qui ont vendu le pays et qui ont bien profité, pas le genre de ma crèche si tu vois ce que je veux dire, ancien vice-Premier ministre de l’Outre alcoolique que vous aduliez en Occident à cette époque. Remarque, je vous comprends, à cette époque, le pays qui était vendu à la découpe vous faisait rire, vous disiez que c’était une démocratie, en fait c’était un bardak (bordel), aujourd’hui qu’il s’exprime et qu’il a des intérêts, ben le même pays vous fait peur. Vous avez oublié qu’à l’époque de l’Outre alcoolique, des assassinats de ce type, tu en avais des dizaines par mois et à peine un entrefilet dans ta presse de révérence… Attention, faut pas imputer l’assassinat de Nemtsov à Blondin comme l’insinue, par des détours pervers, la mauvaise presse occidentale, il y est pour rien et il prend même personnellement le contrôle de l’enquête. Le Nemtsov ne représentait aucune menace pour Blondin. Tu as écouté le discours ambiant des potes de Blondin, « c’est une provocation étrangère »… Ce climat me rappelle des souvenirs, pas toi ?… Les mecs qui ont fait ça sont probablement des types un peu bas du front (national), des nationalistes qui ne supportent pas que le pays soit critiqué et Sali et pour lesquels Nemtsov était un agent de l’étranger à moins que ce ne soit des Russiens qui aient tout perdu dans les années 1990 et qui aient décidé de se venger. Faut dire qu’en ce moment, Blondin et ses séides bourrent le mou du populo sur un pays assiégé, entouré d’ennemis, mais bon, c’est un poil vrai, la Russie est aujourd’hui en guerre et c’est le doux climat délétère d’un pays en guerre. Bon faut reconnaître que Blondin leur a un peu lâché la bride, ben ouais, c’est ça la démocratie, la liberté d’expression et tutti quanti… mais c’est pas lui ! Au fait, Blondin est toujours à 85% d’opinions favorables, alors… Personne ne changera le pays, c’est un pays dur, surtout pour les siens si cela peut te rassurer petit Frantsouz.

Ah, au fait Nicolas, commande-moi le livre de Victor del Arbol ! Moi, je te recommande « La limite de l’oubli » d’Alexandre Lebedev.

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Chronique moscovite (épisode 12) : La roue de l'Histoire et du T-34‏ par Félix Edmundovitch Dzerjinski
Chronique moscovite (épisode 12) : La roue de l'Histoire et du T-34‏ par Félix Edmundovitch Dzerjinski
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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 12:14
Chronique moscovite (épisode 11) : Roulette russe ‏par Félix Edmundovitch Dzerjinski

Priviet, petit Frantsouz ! Je te rassure je ne suis pas atteint de prurit littéraire, si tant est que le produit de l’exploitation dont je suis la victime consentante de Nicolas, soit de la littérature, et je ne te persécute pas mais je me dois tout de même d’assurer le service après-vente de ma dernière chronique. Je ne vais pas te laisser seul face à ta presse vendue à tes oligarques made in France comme MM. Dassault, Pigasse/Niel/Bergé, ces manipulateurs de symboles et d’opinion. Prépare la bande-son, pas avec Rihanna mais avec les Lords of New Church… (http://www.youtube.com/watch?v=q7QhZ3OLjYg)

Ta presse ment doucereusement d’après ce que je lis, elle relate le bombardement du QG des forces ukrainiennes, dites anti-terroristes, mais passe sous silence l’assaut mené par les forces ukrainiennes, le bataillon Azov, celui avec la rune du Wolfsangel (crochet deloup) pour symbole, sur Novoazovsk, seul accès à la mer pour les agités du Donbass. Ben ouais, eux aussi ont le droit d’aller à la plage… Tu as bien vu la symbolique du bataillon Azov ? C’est celle du mouvement panukrainien qui reprend celle de la 2ème division SS Das Reich, qui a participé à l’invasion de l’URSS et qui a commis, chez toi, le massacre d’Oradour sur Glane. Et après, tu viens causer à Blondin de droits de l’homme, d’économie de marché, de libéralisme, d’Etat de droit, de LGBT et tutti quanti et tu soutiens des mecs qui ne sont ni plus ni moins que des nostalgiques du nazisme. Tu es Charlie et tu les soutiens ? Bonjour la schizophrénie !!! J’accepte que les mecs du Donbass soient des agités mais face à des types du bataillon Azov, face à l’extrême-droite ukrainienne qui dénie aux russophonoes le droit élémentaire de parler leur langue et bien, tu as choisi ton camp, petit Frantsouz. Ben, laisse-moi te dire que ce n’est pas le bon et sûrement pas celui du vainqueur…

Et puis tu as ces braves Caincains, qui t’ont libéré, paraît-il, ben ouais, autant réécrire l’histoire et oublier Ivan qui s’est pas mal fait trouer la paillasse pour libérer l’Europe de la barbarie nazie, ingrats que vous êtes, qui sont prêts à livres des armes. Les salauds !! Tu vois, c’est ce que je n’aime chez vous, pourceaux occidentaux, c’est ce parti pris, le double standard comme vous le reproche Blondin, à qui vous servez la soupe en la matière. Je me souviens, à l’époque de la glorieuse guerre civile, de ces contingents étrangers, anglais, frantsouzy, américains, même japonais pour soutenir les Blancs face aux Rouges. Relis ton divin Kessel, « La nuit sibérienne », « Les temps sauvages » ou « La steppe rouge ». Vraiment, vous ne nous aimez pas, mais laissons les questions d’affect, vous vous méfiez de nous et ce depuis fort longtemps. Vous avez raison !!! Mais tout de même, Blondin, qui est bien gentil se rend à Minsk pour y discuter avec le provincial Petro(lette) d’un conflit interne à l’Ukraine, entre deux parties qui ne veulent plus vivre ensemble. Bon, après que Blondin ait décidé d’aider un peu, de souffler sur les braises, c’est une autre question. Tu vois, petit Frantsouz, l’Ukraine en ce moment, elle vit ce que nous avons vécu avec cette agitée de Tchétchénie en 1994. Et nous avons mis un terme au boxon en achetant la république sécessionniste à coup de subventions, toutes bien sûr détournées, et en nommant le brave Ramzan.

Mais voilà, tu as un accord à Minsk, un morceau de papier, un truc bancal, un truc de diplomates, de marquis poudrés, de petits messieurs qui se gobergent et glosent. Cela se voit que ce n’est pas eux qui font la guerre et heureusement qu’ils laissent cette besogne à des professionnels… Mais que dit donc ce papier, qu’y a-t-il de nouveau à l’Est de l’Europe et à l’Ouest de notre sainte Russie ? Au fait, avant d’évoquer l’accord, il ne t’aura pas échappé que l’armée américaine a l’intention de former l’armée ukrainienne. Tu vois, ces Américains, tes libérateurs petit Frantsouz, je crois qu’ils ont une conception particulière de la paix, tu devrais t’en méfier, leur intérêt étant d’avoir une Russie faible. Mais y a un os, un gros, Blondin et derrière lui, le peuple russe, qui ira manifester contre Maïdan le 21 février, « Plus jamais ça ! ». Parce que Maïdan, c’est un coup d’état, parce que Maïdan, c’est la guerre. Certes, le régime précédent était ultra corrompu, au-delà des standards russes en la matière, mais cela ne s’est pas arrêté. Vous déversez un tombeau de pognon sur l’Ukraine et pfuit, tout s’évapore, l’évasion de capitaux s’est intensifiée. Maïdan n’est pas une révolution, pauvre cloche occidentale, c’est une réaction !

Bon, retour sur cet accord. Tu as vu comme Blondin est un bon comédien. Il quitte la table des négociations, parce que Petro(lette) trouve les conditions russes inacceptables, notamment sur le contrôle de la frontière et sur le statut des territoires des agités du Donbass. Blondin considère que l’indépendance, ce serait pas mal… Je vais te dire l’objectif de Blondin, que Petro(lette) a parfaitement décrypté : un nouveau Maïdan qui déposerait Petro(lette) et qui mènerait au pouvoir les plus extrémistes des Ukrainiens. Comme cela, l’Occident serait face à ses contradictions. Et qu’y a-t-il finalement dans ce papier : un accord de cessez-le-feu (en vigueur dimanche ce qui laisse le temps aux agités du Donbass de gagner du territoire), retrait de l’armement lourd, une réforme constitutionnelle pour donner un statut aux territoire des agités du Donbass. Cela rappelle furieusement le précédent accord de Minsk, qui avait tenu une quinzaine de jours. Parce que nous ne savons pas comment réagiront les agités du Donbass, que Blondin ne (re)tient absolument pas, jure-t-il, la main sur le cœur. Cet accord, c’est un truc traditionnel de diplomates, rien de neuf. Bon, la presse te dit qu’ils ont passé la nuit dessus, y a intérêt à ce que ce soit un bon accord, alors. Mais qui te dit que c’est vrai ? Ils ont pu faite une méga teuf façon DSK aussi et signer un accord sur les fesses rebondies d’une accorte girl ? Je plaisante, y avait que des gens sérieux, surtout Blondin, qui est le plus sérieux de tous. Il a quand même la responsabilité de la protection de tous les Russes où qu’ils se trouvent, en Ukraine, en Biélorussie, au Kazakhstan, à Chypre, à Nice… Parions que cet accord durera jusqu’à la fonte des neiges… Bah, nous autres Russes, nous avons la géographie et le temps pour nous, vous, vous avez l’Ukraine et ses dirigeants… dommage !

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Chronique moscovite (épisode 11) : Roulette russe ‏par Félix Edmundovitch DzerjinskiChronique moscovite (épisode 11) : Roulette russe ‏par Félix Edmundovitch Dzerjinski
Chronique moscovite (épisode 11) : Roulette russe ‏par Félix Edmundovitch Dzerjinski
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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 16:10
Chronique moscovite (épisode 10) : Ich liebe dich!!‏ par Félix Edmundovitch Dzerjinski

Et revoilà ton Groland sur nos bonnes terres moscovites, si hospitalières, après une petite escale kiévienne. Mais pas tout seul cette fois. Il a rencontré une petite à une boum à Bruxelles et comme ils se sont plus, ils se sont dit qu’ils convoleraient en juste noce par chez nous. Ben ouais, y a pas que Venise pour les amoureux.

Le voici avec Angela, la Füreur ou la Vénus à la Füreur, tu choisis, pour dire, un peu comme les chœurs des vierges, à Blondin : « Mais arrête d’être méchant », nous venons avec un plan de paix. Tu vois, ils en ont sorti un comme ça, comme ça te gratte... Là, Blondin, il tremble comme un maltchik (un petit garçon) pris les doigts dans le pot de caviar. Tout seul face à la locomotive de l’Europe… Ben mince alors… Et Blondin de rétorquer : « Mais c’est pas moi, c’est un problème de provinciaux entre eux, moi je suis là, peinard, au Kremlin et croyez-moi, j’ai d’autres chats à fouetter, pas vous ? » Les deux zigues, ils auront vu le Petro(lettte) juste avant et lui auront dit, « t’inquiète, on va t’aider mais tu nous coûtes un peu cher ». Ben ouais, la Vénus à la Füreur, elle est un peu près de ses sous… Le problème est qu’ils seront passés après le Caincain qui propose de livrer des armes, un joli plan de paix, ça. Mais c’est normal l’Ukraine, l’Europe, c’est tellement loin des States… Davaï, davaï !!

Tu l’auras compris, petit Frantsouz, dialogue de sourd. Mais c’est normal, à force de ne pas entendre ce que dit Blondin depuis le début du conflit. Il a donné la solution : la fédéralisation ! Faut juste que les Européens s’approprient l’idée, qu’il la vende à Petro(lette) qui l’achètera avec l’argent de l’UE ou du FMI. Mais bon, tu as, à la tête de la petite province un marchand de (mauvais) chocolats multimillionnaire, mais lui personne ne le traite d’oligarque, qui te cause intégrité territoriale et tout le frichti, tout ça sent l’arrière cuisine, les recettes éculées… Il oublie de dire que sitôt arrivé au pouvoir avec une clique de gens pas très recommandables auxquels toi, simple citoyen frantsouz, tu n’oserais pas prêter ta mobylette, il a nié les droits élémentaires des minorités russophones. Et Grolland et la Füreur de s’apercevoir que les prix du pétrole ont beau chuter, les sanctions ont beau agir, Blondin est toujours là, la truffe fraîche et le poil brillant. Ben ouais, rappelle-toi lorsque les sanctions ont été adoptée, à Bruxelles, ils comptaient sur une sorte de révolution de palais… Résultat, Blondin est à 85% de popularité. Et rappelle-toi que Blondin avait proposé la fédéralisation il y a un an et il a fallu à ces peccamineux d’Européens une année pour adopter l’idée. De vrais besogneux tous ces premiers de la classe, pas un qui n’ait l’étincelle, le génie ou la vision long terme…

Faut surtout pas qu’ils resservent les vieilles recettes, genre retrait des armes lourdes, échange de prisonniers, stabilisation de la zone de front, reconnaissance d’une nouvelle zone tampon (histoire d’entériner les conquêtes territoriales des séparatistes), parce que là, Blondin va faire son gentil, tu le connais, il souffle le chaud et le froid, puis le printemps venu, tout va repartir comme en 14, il va vouloir pousser son avantage et risque de demander plus d’autonomie pour nos compatriotes. Et puis d’ailleurs, pas sûr que Blondin ait la maîtrise totale sur nos compatriotes du Donbass. Ou alors la locomotive de l’Europe va arriver en proposant l’envoi d’une force d’interposition ou de maintien de la paix sous l’égide de deux machins qui ne servent à rien l’ONU ou l’OSCE. Là, Blondin va penser « banco », j’ai réussi à leur coller un conflit gelé que je pourrais réchauffer dans ma marmite quand cela me chantera, comme la Géorgie avec l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie en 2008.


Faut dire que Blondin sait pertinemment que Petro(lette), en ce moment, il a ses couilles posées sur le billot. Ben ouais, à tout moment, il peut être renversé par les extrémistes du Pravyï Sektor, un gentil parti d’extrême-droite. Dis-moi, il me semble que tu n’aimes pas l’extrtême-droite chez toi, non ? Alors, pourquoi elle te plaît ailleurs ? Et oui, ces mecs-là sont dans des milices privées, les bataillons Aïdar ou Azov, à l’esthétique particulière, financés par des oligarques comme Kolomoïski. Tu sais le mec qui a fait rentrer dans le conseil d’administration de sa boîte pétrolière, Burisma, le fils du vice-Président américain, Joe Biden… Je dis ça, je dis rien. Petro(lette), il a tout intérêt que ces mecs se battent à l’Est, faut surtout pas les laisser sans travail, tu le sais, l’oisiveté est mère de tous les vices, et ces bons mecs seraient capables de déposer Petro(lette). Et alors là… face à Blondin, y aurait du spectacle. Je crois que c’est un peu ce que veulent éviter la Füreur et votre gentil Groland.

A mon avis, si Petro(lette) ne fait pas une croix sur les provinces sécessionnistes, nous en prenons pour entre 10 et 40 ans de bordel.

Et ces maudits Américains qui glosent sur l’autisme de Blondin, cela me rappelle les bons vieux temps de la guerre froide, durant lesquels ils scrutaient les maladies de nos gérontes, Brejnev, Andropov et Tchernenko. Ils avaient même été jusqu’à tenter d’analyser les selles de Brejnev. Quel peuple de de coprophage !!! Y a qu’à voir de quoi ils nourrissent…

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Chronique moscovite (épisode 10) : Ich liebe dich!!‏ par Félix Edmundovitch Dzerjinski
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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 15:13
Chronique moscovite (épisode 9): Hum... le fond de l'air est frais!  par Félix Edmundovitch Dzerjinski

"Si le parti communiste et le peuple ne sont pas d’accord, il n’y a qu’à dissoudre le peuple." (Berthold Brecht)

Ouah, c’est un Allemand, bon certes communiste, qui a dit ça !!! Qu’en pense la Fureur Angela?

En ce début d’année, je réfléchis sur mon sort et mon métier de Tchékiste, cela m’arrive de m’introspecter mais pas trop car c’est bourgeois, et parfois je me demande, « mais Félix, qui es-tu vraiment ? ». En fait je suis l’homme sans visage ou plutôt l’homme au cent visages. Pour faire ce métier, il faut savoir maîtriser sa schizophrénie et laisser prospérer son atypie, car ce n’est pas un métier comme les autres. Tu as vu, avec les tristes événements qui se sont déroulés chez toi, le 7 janvier, toute l’importance du renseignement et des organes de sécurité. Tu vois, je te disais bien que ces services constituaient la colonne vertébrale de toute société car ils ont pour objectif d’assurer la sécurité et sans sécurité, la liberté devient impossible, ingérable. Tu as vu ton Président, petit Frantsouz, à Davos, un socialisteuh chez les kapitalistes, qui déclare, « Il n’y aura pas de prospérité sans sécurité », et bien , il pense comme moi, on ne le dirait pas mais c’est un partisan de Félix Dzerjinski !! Eh ben voilà, ils y viennent tous, les gentils démocrates, ma parole, à croire, qu’ils ont relu ma vie, mon œuvre !! Je te le disais dans ma dernière chronique, pas de liberté sans sécurité!!! Ton Groland doit lire ma chronique !!! Et bientôt, vous allez voir, il va vous annoncer la création d’un grand Ministère de la Sécurité nationale dont l’acronyme en russe donne MNB, qui fusionnera et rationaliser tes services de sécurité à la fois intérieur et extérieur. Quel style ! Quelle classe, ça aurait vraiment de la gueule et tu aurais une sacrée machine à surveiller le citoyen, par définition un déviant. En plus, tu ajoutes un peu de surveillance des partis politiques et de leur leaders, genre « qui baise avec qui » et tu te fais une collection de kompromats (dossier compromettants) et tu deviens, comme Blondin, le roi du pétrole et du gaz !!!

Le renseignement, c’est un métier de seigneur et parfois de saigneur. Tu places l’Etat, le collectif plus haut que tout, über Alles ! C’est un métier totalisant et totalitaire. Si tu as l’âme d’un bourgeois, passe ton chemin, ce n’est pas pour toi. J’espère, petit Frantsouz, toi si rebêêêêêêêêêleuh (humpf, je lis Libé et Télérama et je manifeste…), que tu auras un peu plus de respect pour tes organes de sécurité. En Russie, ils sont craints et vénérés. En Russie, c’est Blondin et toute sa bande qui est aux commandes, une sorte de promotion Voltaire, tu vois ? Tes journalistes ont tôt fait d’écrire que c’est un clan qui au pouvoir mais il me semble qu’ils n’écrivent pas la même chose pour le président du Grolland.

Reprenons nos pérégrinations moscovites. Tu as vu, dans ma dernière chronique, ce ciel bas, sans lumière, ce temps de gueux. Pas de doutes, le climat doit avoir une influence sur les peuples comme le postulait ton Montesquieu, petit Frantsouz. C’est comme dans une bd que j’ai lue dernièrement, le dernier Tardi, quand il évoque la Poméranie et qu’il n’est pas étonné qu’une telle terre à patates rendent le peuple un poil hargneux. Faut avoir un sacré mental pour vivre sous ses latitudes. L’hiver s’installe en Russie, la Moscova est gelée, un vrai hiver russe, un hiver de moujik. Pour se faire du bien, dans ces conditions hostiles mais auxquelles nous nous sommes bien adaptés, le Russe est ainsi et l’Européen va l’avoir longtemps sur le dos, rien ne vaut un bon bania russe. Le bania influence notre résistance thermique et il est inscrit dans nos gènes. Il est en effet d’usage de prononcer à n’importe quel pékin venant de sortir d’une douche ou du four en bois « С лёгким паром ! » ce qui veut dire que la vapeur soit légère… Si tu n’est pas allé dans un bania alors tu ne peux pas comprendre la Russie et sentir son âme. Le bonheur de sentir les veniki vous fouetter la peau pour faire circuler la chaleur. La petite bière après… N’est pas Russe celui qui n’est jamais allé au bania, n’est pas Russe celui qui n’a jamais ressenti la satisfaction profonde de se rouler dans la neige ou de plonger dans une eau à 1° après avoir senti ses poumons fondre dans la vapeur chaude. Cette tradition nous vient de très loin, va pas croire que ce sont les Mongols, cela date en fait de bien avant le baptême de la Russie en 988.

En ce moment, Blondin, qui est un bon mec, réfléchit à un nouveau jour férié, normal fut ménager le populo, le pays est en crise, en récession comme chez vous. Il a songé à commémorer l’entrée des cosaques dans Paris en 1814. Ne te fâche pas petit Frantsouz, mais comprends que dans contexte de sanctions où vous nous faites jouer le rôle du méchant, nous ayons conservé notre sens de l’humour… et de l’Histoire. Hé, c’est drôle, à l’époque, les Russes avaient mis leur QG à Bondy, aujourd’hui riante cité de la banlieue parisienne… Ben ouais, faut que les Frantsouz se rappellent que les Russes leur ont mis une mouflée et que nous pourrions recommencer, surtout si vous nous agacez Blondin. Mais je te rassure, c’est un Tchékiste, il sait se maîtriser, jouer la comédie, souffler le chaud et le froid. Bon, je te l’accorde, en ce moment, c’est plutôt le froid. Mais tout cela n’est pas grave, si tu sais lire le Russien (http://www.kommersant.ru/doc/2648716), tu seras heureux d’apprendre que les Russes, selon un institut de sondage, il me semble que tu aimes cette expression de la démocratie, non ?, estiment à 69% qu’ils ne sont pas aimés mais qu’ils font peur et en plus, ils considèrent leur pays comme étant riche, développé et… libre !!!! Ah, voilà qui te ferme ton clapet, toi qui pense et dit tout le contraire de mon grand, très très grand pays.

Tiens, il me revient quelques déconvenues arrivées à des touristes, quelques Frantsouzy, dans mon beau pays. Certains d’entre eux, visitant Saint-Pétersbourg, la ville de Pierre Ier, dit le Grand et de Blondin l’encore plus Grand, ont voulu fréquenter les lieux interlopes de la ville en quête d’aventures gentiment sales et de frotti-frotta charnels. Mal leur en a pris. Ils ont été drogués au GHB et pour certains mêmes ont été analement défloré. La Russie, c’est un peu le pays de possibles, de tous les possibles... Quel peuple de farceurs que le peuple russe. Quelle belle tradition que la nôtre que celle des poisons. Ben ouais, bien avant Litvitnienko et le polonium, le Chauve avait créé dès 1921, quel visionnaire mon pote, un cabinet des poisons. L’objectif de ce cabinet/laboratoire était l’élimination des ennemis de la révolution, où qu’ils se trouvent, sans laisser de traces à l’autopsie. Car tu dois savoir une chose, petit Frantsouz, si un jour tu nous as sur le dos, jamais et nulle part tu ne seras tranquille. C’est drôle, ces histoires d’Occidentaux qui viennent chez nous en rêvant de s’encanailler avec nos femmes et qui le lendemain matin ne se souviennent plus de rien, à poil dans un terrain vague, avec parfois une douleur intime… C’est vraiment la loi universelle du capitalisme sauvage, tout est permis, du renard libre dans le poulailler libre. La Russie, ce n’est pas la Thaïlande, petit Frantsouz… Ce n’est pas le pays du sourire, mais celui des possibles…

La semaine dernière, j’ai vu une excellente expo photos au centre des frères Lumière. Elle portait le titre de ProZavod et était consacré à l’industrie, mais surtout au passé industriel, un petit peu au présent aussi, de notre cher vieux pays. C’est beau de (re) voir ces masses prolétariennes, qui avec leurs seules mains, contribuent à l’édification d’un grand pays et au bien-être des masses. Faut admettre qu’avec l’effondrement de ce qui était devenu la parodie de l’URSS, rien à voir avec ce que j’ai connu et contribué à édifier, le pays s’est sévèrement désindustrialisé, y compris dans des secteurs stratégiques comme le pétrole et le gaz, tout a été vendu à la découpe ou fermé. Et c’est pourquoi, notre industrie importe des services et des technologies occidentales et comme vous le savez bien, vous avez spécialement adopté des sanctions pour nous faire mal. Mais même pas mal !!! Nous ne pouvons pas exploiter un gisement en Arctique dans les 3 ans et bien s’il le faut, nous attendrons 10 ans !! Tu as oublié, ordure occidentale, la capacité de résilience du pays et du peuple russe. Nous avons le temps et vous avez les montres comme disent les Afghans… N’oublie pas que chez nous, petit Frantsouz, l’individu n’existe pas, c’est le collectif qui prime. La valeur de la vie humaine, connais pas ce concept, comme le démontre notre histoire.

Je trouve que mon ami Nicolas s’est pris quelques vacances, rien depuis le20 janvier ! J’ai bien aimé son article sur La Cigale. C’est le genre d’endroit qui me rappelle nos petits troquets où tu vas pouvoir déguster sans façon quelques chachliks (brochettes) accompagné d’une bonne bière Baltika ou Sibirskaya Korona. Promis, quand je reviens garer mon T-34 à Perpignangrad, j’y passe.

Tu as vu, toute cette agitation à cause des événements de la petite province. Il est fort Blondin, quand il parle des « légions de l’OTAN ». Il sait jouer du sentiment patriotique et puis il sait jouer de la propagande, le bon peuple ayant les yeux rivés sur sa télé, Piervy kanal de préférence. A voir Blondin, je me dit que nous sommes encore aux manettes et ça me rassure pour l’avenir de mon beau et grand pays. C’est drôle, je vous vois gesticuler, Américains et Européens, agiter de nouvelles sanctions, et alors… Dans le fond, vous n’en voulez pas vous-mêmes de ces sanctions et cela, nous le savons et nous avançons. Et puis sur la commémoration de la libération d’Auschwitz, à laquelle Blondin ne s’est pas rendu car il n’avait pas été invité par l’Etat polonais (quelle petite province mesquine…), tu as noté ce qu’il a dit, le petit rappel historique à l’égard des Ukrainiens, qui furent les auxiliaires zélés des Einzatsgruppen, ces commandos de la mort, chargé de la Shoah par balles. Faut dire qu’il réagissait aux propos d’un ministre polonais particulièrement du à digérer pour nous autres Russes.

Je voudrais finir cette chronique avec quelques chansons, un peu sur Blondin. Un peu de légèreté. Tu vois, il y a des minettes qui l’adorent et chantent sa gloire surtout Mashany avec la période difficile que le pays travers…http://mashany.ru/moj-putin/, http://www.youtube.com/watch?v=uWasqyZmQrMOu alors, tu as la chanson du fonctionnaire russe, celui qui s’enrichit et vend le pays à la découpe : http://www.youtube.com/watch?v=GXz0iG82jOo Ou celle-là sur mon pays où il y a de tout et surtout un peuple qui vit dans la m….http://www.youtube.com/watch?x-yt-cl=84924572&x-yt-ts=1422411861&v=dnP1fJ1bzxE

J’ai beau être un tchékiste, j’ai tout de même de l’humour. N’aie pas peur, si jamais nos chars viennent jusqu’à toi pour te libérer…

Voir aussi:

Les précédentes chroniques moscovites http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/chroniques%20moscovites/

Chronique moscovite (épisode 9): Hum... le fond de l'air est frais!  par Félix Edmundovitch Dzerjinski
Chronique moscovite (épisode 9): Hum... le fond de l'air est frais!  par Félix Edmundovitch Dzerjinski
Chronique moscovite (épisode 9): Hum... le fond de l'air est frais!  par Félix Edmundovitch Dzerjinski
Chronique moscovite (épisode 9): Hum... le fond de l'air est frais!  par Félix Edmundovitch Dzerjinski
Chronique moscovite (épisode 9): Hum... le fond de l'air est frais!  par Félix Edmundovitch Dzerjinski
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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 15:21
Chronique moscovite (épisode 8) : Une révélation par Félix Edmundovitch Dzerjinsk‏i

« C’est un chevalier du prolétariat ». C’est Jo le moustachu qui avait dit ça de moi et c’est tout moi ! Jo, ce qui a de bien avec lui, c’est qu’il avait le sens de la formule et que c’était un fin psychologue, un grand connaisseur de l’humain…

Avant de commencer ma chronique petit Frantsouz, je tenais à te faire part de mes très sincères condoléances pour les événements qui se sont déroulés chez toi, l’assassinat des caricaturistes et des policiers. Je l’écrivais dans une de mes précédentes chroniques, mais je crois que pour traiter ce genre de problèmes, il ne faut pas lésiner sur la manière forte. Il vous faudrait un Ramzan Kadyrov ou beaucoup mieux, un Blondin ! Heureusement que ces événements ne se sont pas déroulés chez nous, votre presse vendue aux plus offrants, aurait aussitôt accusé Blondin d’avoir éliminé les irrévérencieux caricaturistes… Bon, il y a eu des types pris en otage, nous en Russie, on ne s’embarrasse pas pour si peu, le collectif doit primer, on bombarde et on ramasse à la petite cuillère ou on gaze comme en 2002 au théâtre de la Doubrovka… Nous, cela fait 20 ans, depuis la première guerre de Tchétchénie, que nous sommes confrontés au terrorisme et nous appliquons un adage bien Frantsouz, « pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! ». Faut croire que vous avez molli ou que vous êtes devenus bien naïfs vis-à-vis de ces gens-là… Faut te viriliser. Seulement, chez toi, il y en aura toujours qui diront que les mesures prises constituent une atteinte à la liberté… Je me souviens de ta presse aux temps où nous guerroyions en Tchétchénie, qui ne cessait de dénoncer les atrocités commises (désolé mais cela me semble consubstantiel d’une guerre) par les forces russes, oubliant au passage les soldats égorgés comme des moutons par les barbus.

Bon je reprends la balade, histoire de te sortir de ton quotidien morose (prends exemple sur les Russes, ils boivent le bouillon avec leur monnaie qui fait plouf et les sanctions et la baisse du prix du pétrole, mais ils restent stoïques, grands seigneurs !, c’est tout nous, ça !) je t’avais laissé au musée des forces armées où j’avais été me laver la tête de tout ce caca qu’est l’art contemporain, tu te souviens, allez continuons la balade et mon lavage de tête, direction la rue Ostojenka, il y a, paraît-il, une chouette exposition photo à la Maison de la Photographie. La rue Ostojenka est parallèle à la Pretchistenka. Ces deux rues, si tu es amateur d’architecture, faut que tu y passes, tu as de tout, du néo-classique, de l’art-nouveau et un peu de soviétique. Moscou est comme ça, elle s’apprécie pour qui sait prendre le temps de regarder, faut la désirer, c’est comme une jolie femme avec un sacré caractère. Allez, je rentre dans l’expo, c’est une expo consacrée à Arkady Shaykhet. Tu connais pas ? Bon, tu connais Rodtchenko ? Oui, j’espère et ben Arkady, il est presque aussi grand que Rodtchenko mais moins connu, c’est tout. Il a réalisé pas mal de clichés sur la construction de l’URSS, notre beau pays éternel (des aciéries, construction de canal en Asie centrale, séance de sport, gardes-frontières…), le tout avec un regard constructiviste, jouant sur les lignes et les contre-plongées. Il a aussi été reporter de guerre.

Je suis un homme de culture, curieux et comme je suis curieux, je me suis dernièrement glissé subrepticement au Théâtre des Nations pour aller voir une pièce que j’adore, Ubu roi, d’Alfred Jarry. Joliment troussée cette pièce sur la tyrannie. Eh oui, qu’est-ce que tu croies, je suis ouvert, moi. Ben oui, parce que d’aucuns me disent que cette tyrannie, évoquée dans Ubu roi, c’est l’Union Soviétique ou la Russie d’aujourd’hui, ce à quoi je réponds à ses contempteurs, regardez en quelle année la pièce a été écrite, 1896 !!! Pour moi, vu les traits de caractère du père et de la mère Ubu, ils incarnent la bourgeoisie, les accapareurs, les parasites… Récemment, j’ai lu dans votre journal « Le Monde », que comme l’agence ITAR TASS reprenait son nom soviétique de TASS ou que Blondin avait fait rebaptiser un bataillon de notre cher Ministère de l’Intérieur avec mon joli nom, que le pays revenait à l’URSS, se (re)fermait. Mais virez-moi ces correspondants permanents, qui bien que vivant dans et sur le pays, car ils sont grassement payés, ne comprennent rien à rien et sont restés congelés à l’époque brejnévienne (en fait, c’est sous son règne que le pays a commencer à déconner…). Franchement, tu mets le nez dehors et tu ne reconnais plus mon défunt pays. L’URSS est morte, vive l’URSS ! Blondin, il fait tout ça parce que c’est du cosmétique, pour que des journalistes peccamineux tombent dans le panneau et en plus, comme tes politiques et tes diplomates sont paresseux et mal entourés et pas assez affamés, ils ne lisent que ça et se font une drôlement pas bonne idée du pays.

Allez, je reprends ma balade, je baguenaude, je vais du côté d’un petit marché parce que tu vois, je suis homme de culture mais j’aime côtoyer les humbles, les gueux, les nouveaux prolétaires, mes frères et puis surtout je mange. Ce marché est près de la station de métro Soukharevskaya, les vendeurs sont ouzbeks, azerbaïdjanais, géorgiens… Les fruits et les légumes viennent de ces contrées. Tu sais, je t’en ai parlé dans ma première chronique, ces sans-grades qui font tourner le pays, qui jadis étaient ici chez eux et qui aujourd’hui sont traités comme des laquais. Brrr, depuis que je connais Nicolas, il n’arrête pas de me faire trimer comme un Tadjik, faut qu’il se méfie, cet exploiteur. Bon, je reprends, j’achète quelques fruits (ces mandarines abkhazes sont gorgées de soleil, ces raisins ouzbeks pleins de sucre…) et légumes chez des Ouzbeks où j’ai mes habitudes, il est 11h00 et voilà t’y pas que le mec m’annonce qu’il est grand-père pour la 4ème fois. Qu’est-ce que ça peut se reproduire ces bêtes-là, faut-il qu’ils y croient à leur avenir radieux… Il veut fêter ça et il invite plein de gens, des copains à lui du marché, à nous rejoindre dans sa guitoune et voilà qu’il te sort vodka, plov, légumes marinés et tout ce qui fait une table de fête chez nous, comme ça, improvisé. Zut, je suis à jeun, et il faut prendre deux, trois, quatre verres de vodka à 11h00. Ben ouais, le type est sympa et moi, je suis paf, le girafe comme le chantait les Bérus (moi, j’aime la bonne musique). Tu vois, petit Frantsouz, c’est ça la Russie, tu auras toujours l’occasion de vivre de tels moments, de la vraie chaleur humaine en toute simplicité, tu trouveras toujours des types sympas, mais bon, je te rassure, il y a les autres… Et parfois, en fonction de la besogne, tu as plutôt besoin de ceux-là, mais en fait, ils sont toujours sympas, ils ont bon fond, faut passer la première couche.

Allez, je vais faire un tour au monastère de Novodievitchi. Ne crois pas que je me sois laissé séduire par l’obscurantisme, mais j’aime assez le lieu, fondé au 16ème siècle pour commémorer la prise de Smolensk et qui servait de place forte dans le Sud de Moscou. Je ne suis pas du genre à me laisser aller à la religion, pas comme Blondin, qui en fait des tonnes, la sainte alliance du sabre et du goupillon. C’est sûr, le populo, tout déboussolé qu’il a été après nous avoir eu sur le dos pendant près de 75 ans, il lui faut quelque chose à quoi se raccrocher même si le Métropolite est un ancien de ma noble maison, le KGB, c’est pas grave. C’est ce qui prouve que nous sommes forts et que nous sommes l’âme et la colonne vertébrale de ce pays.

Ah et puis, j’ai pris quelques jours de vacances. Ben oui, d’une part, mon métier de Tchékiste me dévore mais c’est normal, tu ne peux pas faire ce métier sans deux passions, celle de la mère-patrie et celle de l’amour du travail bien fait (surtout). Et puis, il y a ces chroniques pour cet exploiteur de Nicolas. Un jour, je vais l’envoyer à Magadan, poser des rails par – 40° et il en reviendra transformé. Non, je plaisante, je préfère le laisser pour l’instant à Perpignan, qu’il continue à poursuivre son œuvre sanitaire d’édification des masses, elles en ont besoin. Donc, je te disais que j’avais pris quelques jours pour me reposer. Je suis allé rendre visite à mon ami Nicolas, qui est un peu mon agent sur place, une sorte d’illégal, tu te souviens comme l’affaire Chapman en 2010, cette rousse russe donzelle qui appartenait à nos vénérés et vénérables services et qui travaillait aux Etats-Unis, sous une fausse identité, avec 10 autres de ses congénères, belle opération et crois, il y en a d’autres et même chez toi, petit Frantsouz. J’ai donc visité votre bonne ville de Perpignan, non sans avoir fait un détour par la vraie Catalogne, de l’autre côté des Pyrénées. C’est drôle, jadis Barcelone c’était l’insoumise, la ville de Durutti, c’est fou comme l’argent corrompt, gangrène et pourrit tout, uniformément. Mon pays en fournit un bel exemple aujourd’hui, du règne de cet hyper-capitalisme que rien ni personne ne semble capable d’arrêter. En parlant d’hyper-capitalisme, votre ville de Perpignan est stupéfiante, bonjour le Tiers-Monde. Pour le coup, le quartier populaire est vraiment populaire. Mais comment font les masses pour supporter cela, sans révolte, sans même une jacquerie ? Franchement, je me serais cru dans un quelconque de ces pays d’Amérique du Sud, que tu aimes bien visité en bon touriste bien globalisé, petit Frantsouz. C’est quand même la misère. Comment un grand pays ou alors un pays qui s’est cru grand a-t-il pu en arriver là ? Je n’ai pas la réponse mais toi qui y vis, tu pourras probablement me la donner. Heureusement, j’ai vite retrouvé mon Moscou enneigé et j’ai chaussé mes skis de fond au parc Sokolniki. La ville n’a pas trop changé mais les trottoirs sont sévèrement verglacés, faute d’Ouzbeks pour les déblayer. Et ils sont où, nos Ouzbeks ? Ben, il paraît qu’avec la nécessité pour séjourner en Russie d’être doter d’une passeport international et non plus d’un passeport intérieur comme avant, ça date de l’URSS ce truc, ben nos Oouzbeks ont commencé à regagner leurs pénates. Il me revient également que dans le contexte actuel de crise économique, que vos sanctions n’ont fait qu’accélérer, il y aurait une préférence nationale pour les emplois… Cela doit te rappeler des choses, ça… Mais bon, j’ai pas vu une seul Russe déblayer… Faut comprendre notre mentalité et pour cela, rien de mieux que la littérature et je te conseille de lire « Oblomov » de Gontcharov et tu découvriras que le Russe peut être très volontariste et/ou velléitaire, un peu comme une moule.

Je suis déçu, en lisant la presse, d’apprendre qu’il y a une rumeur qui dirait que Blondin ne serait pas invité pour la commémoration de la libération d’Auschwitz à cause de cette affaire ukrainienne. Tu auras tout le monde, y compris les Ukrainiens, probablement quelques baltes (des enfants de la baltes…) mais pas Blondin. Là, je m’insurge, Auschwitz, c’est nous qui l’avons libéré !!! L’oublie pas !!! Et quand j’entends le Premier ministre ukrainien, Yatseniouk expliquer à la mère Angela que l’Ukraine, à l’instar de l’Allemagne a subi l’occupation russe, là ça m’énerve. Parce que cete face de merlan oublie un peu qu’il y avait bon nombre d’auxiliaires dynamiques ukrainiens et baltes aux côtés des Einzatsgruppen. Tu te souviens de ces mecs ? La Shoah par balle, justement avant les camps d’extermination, ça te parle ? 33 000 juif assassinés par balle à Kiev, à Babi-Yar, qui est aujourd’hui à la fin d’une ligne de métro à Kiev. Je peux te dire que quand tu demandes à un Kieviens où se trouve Babi-Yar, soit il ne sait pas et il ment, soit il est gêné, soit il passe son chemin sans te répondre. Ben ouais, petit Frantsouz, tu le vois, nous n’avons pas la même histoire entre l’Europe occidentale et l’Europe orientale. Il ne s’y est pas passé les mêmes choses, mais il ne faut surtout pas que tu oublies que ta liberté d’aujourd’hui, ben tu la dois un peu-beaucoup à Ivan, ingrat !

Voir aussi!

Chronique moscovite (épisode 7) : A la guerre, comme à la guerre! par Félix Edmundovitch Dzerjinski‏

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/2014/12/chronique-moscovite-episode-7-a-la-guerre-comme-a-la-guerre-par-felix-edmundovitch-dzerjinski.html

Les chroniques moscovites:

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/chroniques%20moscovites/

Chronique moscovite (épisode 8) : Une révélation par Félix Edmundovitch Dzerjinsk‏i
Chronique moscovite (épisode 8) : Une révélation par Félix Edmundovitch Dzerjinsk‏i
Chronique moscovite (épisode 8) : Une révélation par Félix Edmundovitch Dzerjinsk‏i
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