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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 16:00

Les cailloux de la colère Fut un temps Perpignan était une ville agricole. Une ville de céréales. Une ville où on produisait du grain. À l’époque, à Perpignan, on avait du grain à moudre. Ça a bien changé, faut dire. Le petit truc à savoir c’est que le grain ça se pèse, le grain ça s’évalue, le grain ça se mesure. Et pour mesurer le grain de quoi a-t-on besoin ? D’une mesure ! D’une mesure agricole pour être précis.

La ville possédait donc, en ces temps anciens, d’assez élégants blocs de pierre taillés. Évidés, l’on y versait les grains pour les peser. Un bloc, une céréale. Une céréale, un bloc. La mesure se prenait place Rigaud, nous dit-on. La rumeur passe et prétend que la ville possédait des originaux en métal. Ils auraient disparu dans les années 50. Peut-être agrémentent-ils le patio de l’hôtel particulier d’un riche notable amoureux des belles choses et peu scrupuleux.

Le caillou n’a plus la cote par chez nous, fut-il beau, fut-il porteur de la mémoire de notre ville.

Non, non, le caillou on s’en fout ! D’ailleurs la ville ne jouit pas d’un dépôt lapidaire digne de ce nom. D’ailleurs la ville ne jouit pas, tout court. Mais ça, c’est un autre problème. Les deux dernières mesures agricoles qu’il nous reste subissent les avanies de la météo, au fond d’un champ, près d’un ruisseau. Alors que dans d’autres villes ce genre d’objet trône au milieu de places publiques et fait le bonheur des touristes.

Mais ici, question touristes, c’est plutôt : paye ta place de parking et ferme ta gueule.

D’aucuns rajouteront : connard ! Perpignan doit se ressaisir. Perpignan doit créer un vrai dépôt lapidaire. Perpignan doit créer un musée autour de ce dépôt. Perpignan doit valoriser son histoire, fut-elle minérale. Et se faisant, il faut sauver ces mesures de pierre. Pour redevenir fiers de qui nous sommes, le chemin ne peut que passer par là.

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17 août 2020 1 17 /08 /août /2020 14:30

 

"Dans les discours et dans les choses, ce sont deux sortes de personnes que vos grands médecins. Entendez-les parler : les plus habiles gens du monde voyez-les faire : les plus ignorants des hommes".
 
Le malade imaginaire - Molière
 

Au commencement était le verbe, et le verbe était Dieu. Le verbe, donc la parole , était à la fois, le levier et le point d'appui de la cosmogonie pour soulever l'univers. Dans le monde des humains, il a un rôle descriptif, une valeur d'échange . Quant au discours, il a un objectif démonstratif. Il est dans le langage, une version vertébré dont la construction donne accès  aux buts qu'il veut mettre en lumière: votez pour moi!

Mais, comme le décrit Jordi Vidal dans son livre " Servitude & simulacre en temps réel et flux constant" , le discours n'est plus que du remplissage pour ne pas laisser aux autres, la possibilité de s'y insérer à votre place: une sorte d'anti-jeu, qui ne met que le "moi" en avant!

C'est pourquoi dans une élection, ce n'est plus le programme qui est mis en avant (un programme engage à une action) , mais le candidat . Le candidat est le message. Le candidat n'a pas à avoir d'étiquette, puisqu'il est la sienne propre. Le candidat est la marque! Et ce qu'il fait à l'intérieur, se voit à l'extérieur!

Mais vous me direz (et vous aurez mille fois raison) , c'est un peu court jeune homme, un enfant verra au premier regard que le roi est nase! Un enfant oui, parce qu'il lui reste de la spontanéité. Mais un adulte qui a des désirs à assouvir, peut synthétiser la naïveté de l'enfant et comme si, il n'avait rien vu!  D'autant qu'une presse qui n'est pas payée par ses lecteurs, mais par ceux qui leur achètent des espaces publicitaires, ne vont pas les contredire! Ainsi, il est dure de régler la focale pour avoir une image bien nette...

Aussi, on peut faire passer des vassaux, pour ce qu'ils ne sont pas: des lanternes!

Qu'il est difficile de connaître la valeur des produits dans la vitrine, pas ce (ou ceux) qu'ils coûtent, mais si le temps ou l'argent qu'on investit en eux, valent en retour sur investissement ? C'est toujours la question que le citoyen devrait se poser: quel est mon retour sur investissement? Poser une équation: discours / candidat, élu / incarnation du discours dans le réel...Que l'on parle de sécurité ou de culture: qu'as tu fais de ton mandat?

Il y a peu d'historiens sur l'histoire contemporaine immédiate, pour une mise en perspective(https://fr.wikipedia.org/wiki/Perspective_(repr%C3%A9sentation) )des mécanismes qui aboutissent  au bord du gouffre où se trouve Perpignan. Un centimètre de plus et c'est l'abîme! Parce qu'un discours sans action ne consolide aucun plancher!

Perpignan n'est pas une ville "malade imaginaire", mais malade de son imagination...

 

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15 août 2020 6 15 /08 /août /2020 16:23

 

"Il y a une loi de beauté qu'il importe de ne pas oublier ! Malgré l'effort de quelques-uns, nous semblons marcher vers cet oubli, tant la Médiocrité, monstres à mille têtes, a de fidèles dans les sociétés modernes."
 
"Monsieur croche et autres écrits" (1901-1914), Claude Debussy, édition Gallimard, 1987, p. 110 - Claude Debussy
 

"Je crois que la lucidité rend le succès amer alors que la médiocrité espère toujours quelque chose..."
 

L'elegance du herisson - Muriel Barbery

 

Perpignan, ville de potentiel ne semble pouvoir se relever de l'enchaînement de ceux qui prétendent la diriger; Cela fait plus de 60 ans que Perpignan, a été l'ascenseur social et financier d'une classe au pouvoir (il suffit de regarder le "avant /  après" de leur patrimoine et de leur lot de médailles, pour comprendre que l’ascenseur républicain fonctionne encore en province pour ceux qui ont réussi à en voler la clef) .  Mais ils ont tous en commun d'avoir su faire rêver les sots, les veules et les paresseux, en leur laissant croire qu'à force de ces tares, ils pourraient s'élever à ces places eux aussi...

Des lors, il ne s'agit pas de dénoncer ce dont nous pourrions profiter si nous acceptions un certains silence et l'esprit de résignation . Contrairement à "l'esprit saint" , l'esprit de résignation préside à l'inchangement . Les masques tournent , mais les mêmes demeurent ( du coup, peut-on les qualifier de "demeurés" ?). Ce qui évolue, ou diminue, c'est qu'à l'instar des glaciers avec le réchauffement climatique, la couche d'illusions fond à vu d’œil. Et plutôt que la montée des eaux, on observe la croissance de l'abstention. Sauf que l'abstention ne présentant pas de liste: elle n' a pas d'élus!  

De là, découle le manque d'autorité de ceux qui se sont vissés au pouvoir, et cette urgence covalente de paraître autoritaire!

Le discours est martial, mais la réalité est marsupiale: c'est à dire à poche...Dans leur volonté, d'être élus, il n'y avait pas de vision de la ville, où elle était, et où là ils voulaient la mener, mais juste un désir infantile de s'afficher publiquement, jouant avec les hochets du pouvoir ( Dieu vomit les tièdes, et ceux qui répandent le pouvoir en vain!)

Est-on obligé de boire ces califes jusqu'à la lie, pour qu'après leur définitive chute, nous puissions nous relever?

Tant qu'il y aura des vizirs, qui dans leur lie feront des rêves, il n'y aura que peu de personnes pour leur signifier que: l'incompétence n'est pas un bon instrument d'escalade!

Il reste la possibilité de ne pas se construire contre, mais à coté!

Parce que lorsque le pouvoir est construit au centre, il faut s'installer à sa périphérie et récupérer les matériaux nés de sa destruction, pour avec recombiner l'ADN et offrir une autre chose. "Parce que, n'est-ce pas, les roses poussent bien sur les tas de fumier. " comme l'écrivait Saïd Meckbel dans sa dernière chronique, avant son assassinat par les islamistes http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/videos/70

 

 

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1 août 2020 6 01 /08 /août /2020 18:33
Par l'auteur de "résistance au chaos" , "servitude et simulacre" et "la société du chaos"
 
Pour présenter cet entretien je citerai John Stuart Mill, l'auteur de
De la liberté (1859) Jordi Vidal http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/la%20societe%20du%20chaos/


"Quand  la vérité n'est pas librement et ouvertement débattue, notre
croyance, aussi juste soit-elle, sera comme un dogme mort et non comme
une vérité vivante."

"Celui qui ne connaît que ses propres arguments connaît mal sa cause."

"Le dicton, d'après lequel la vérité triomphe toujours de la
persécution, est un des plaisants mensonges que les hommes répètent
l'un après l'autre jusqu'à ce qu'ils passent en lieux communs, mais
que toute expérience réfute."
 
 

 

Instrumental aux effets sonores inter-galactiques tout-à-fait époustouflants! Il démontre entre autre qu'il est possible de faire une mélodie avec des cloches de Noël, ou d'église.

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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 14:06
  • "RÉIFICATION, subst. fém PHILOS. Transformation, transposition d'une abstraction en objet concret, en chose. Synonyme . "chosification".Nous nous bornerons au cours de ce chapitre à l'étude d'un seul point: celui de la réification du corps. Le corps humain est devenu − en grande partie du fait des médecins − un objet de propriété (David, Cybern., 1965, p. 142):
Toutes ces impostures se valent, et elles font vivre aujourd'hui bien des farceurs. Car tel est le piège de la réification statique: quiconque hypostasie le pouvoir-faire-autrement, parce qu'il exploite la dialectique de la self-contradiction, fait le jeu de la servitude. Jankél., Je-ne-sais-quoi, 1957, p. 209."
 
Je ne connaissais du tango, que l'image que l'on donne, jusqu'à ce qu'en 1997, je devinsse ami à Barcelone avec une bande d'argentins : une pandilla comme on dit (prononcez  "pandicha" ou "pandidja", si vous vous sentez plus "portégno" que les autres) . Le tango fut une danse populaire (comprendre pratiquée par le peuple) jusqu'à ce que les anglais, l'introduisent dans les salons (où elle devint mondialement popularisée: c'est curieux ce qui est populaire dans les salons anglais, puisse le devenir dans les salons du monde entier, l'esthétique du thé et du bus impérial...).
A l'origine, c'était une danse de garçons vacher , les "gauchos" , puis les mauvais garçons et les prostituées commencèrent à la pratiquer dans les "bordels": la danse comme acte sexuel en public, jusqu'à "la petite mort", un savant mélange d'éros et de thanatos.
 
Je me souviens que, cheminant pour aller manger à "Los Asadores" (restaurant typique de cuisine argentine de Barcelone)  avec mon ami Fédérico (alias Freddy) et son père José-Maria, je lui demandais: "José-Maria, que es un buen Tango? " Il me répondit :" un buen tango Nicolas , es cuando se les falta la mugré!" . "La mugré" qu'est ce que c'est (le mot en castillan m'était inconnu). Il reprit en français ""la mugré", c'est "la saloperie" : c'est quand la poussière se collent aux danseurs avec la sueur!"
 
En politique, outre l'esprit de l'andouillette, ce qui fait l'esthétique, comme dans le bon tango : c'est la "mugré" . Ainsi donc, Perpignan et sa politique sont devenues, mon tango préféré. "La cumparsita" qui nous est révélée (diminutif de comparsa  petite parade de rue, en castillan) avec ses retournements d'alliances et autres ralliements, au gré ou malgré des résultats électoraux, est un spectacle qui pourrait ravir un enfant et attrister un adulte, pour quelqu'un qui n'a pas la nostalgie de l'enfance mais celle d'un monde adulte...Alors Stéphane Babey sèmera-t-il "la peur sur la loge" après la terreur au cabinet du conseil départemental (encore socialiste, pour ce que cela peut signifier) d'Hermeline Malherbe..."qu'est ce qu'on s'en fout !"
"Jeter une lumière sur les problèmes les plus sérieux et en même temps ne pas prononcer une seule phrase sérieuse, être fasciné par la réalité du monde contemporain et en même temps éviter tout réalisme, voilà "La fête de l'insignifiance" "
Perpignan :mon tango préféré, ce sentiment triste qui se danse...par Nicolas Caudeville

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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 16:36

 

 

Sur la nécessaire et urgente reformulation d’un projet humaniste revenant aux fondamentaux héritiers des Lumières, le texte de Marguerite Stern, « Féminisme : peut-on encore débattre de tout ? » est particulièrement significatif et révélateur.

Si nous voulons prolonger le combat engagé par Walter Benjamin, nous pourrions aujourd’hui transcrire l’urgence d’un tel projet par une formule lapidaire : NI FACHOS NI POMOS

 

POMOS : Pour ceux qui l’ignorent encore, le terme de POMOS renvoie à postmodernes.

Sur la critique du postmodernisme je renvoie à ma série télévisée : « La Société du chaos » (en lien sur l’archipel contre attaque) et à mes deux essais : « Résistance au chaos » et « Servitude et simulacre ». http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/la%20societe%20du%20chaos/

 

Féminisme : peut-on encore débattre de tout ?

Par Marguerite Stern, activiste féministe et ex-Femen

7 juillet 2020

 

Il y a quelques mois, j’ai commencé à m’exprimer au sujet du « transactivisme » et de la pensée dite queer sur les réseaux sociaux, estimant que ces sujets-là prenaient désormais trop de place dans le féminisme jusqu’à invisibiliser les combats des femmes.

 

Quand je lis l’expression « colleur·euses » ou « personne à vulve », je ne peux pas m’empêcher de penser que cet outil qu’est l’écriture inclusive, et qui était au départ destiné à nous redonner une place dans le langage, a été dévoyé et qu’il sert désormais à installer la présence des hommes dans la sphère féministe.

 

De la même façon, quand on me dit que je mens et que je ne suis pas l’initiatrice des collages contre les féminicides alors que j’ai passé six mois à coller seule avant que l’attention médiatique ne prenne, on invisibilise encore une femme. Qu’on soit d’accord avec moi sur toutes mes idées ou pas n’est pas la question : j’accepte qu’on pense différemment et que d’autres utilisent cette technique pour dire ce qu’elles veulent. Je n’ai pas posé de copyright dessus. Mais qu’on efface la contribution d’une femme à l’histoire est un procédé profondément patriarcal. « Rendons à Cléopâtre ce qui appartient à Cléopâtre », comme le dit la brillante autrice et comédienne Typhaine D.

 

Par souci d’horizontalité et par penchant anarchiste, j’ai volontairement abandonné la tête de ce mouvement au bout d’un mois. Comme l’attention médiatique s’était cristallisée autour de moi, je trouvais que ça avait du sens de le laisser évoluer en dehors de mon jugement. Mais je me retrouve aujourd’hui dans une position où je dois sans cesse réaffirmer sa création pour ne pas être invisibilisée par des militantes queers qui tiennent des propos haineux tels que « Les TERFS au bûcher »

[TERFS pour « trans-exclusionary radical feminist » soit « féministe qui exclut les trans de sa lutte », ndlr].

Ça n’est pas normal. Ces procédés sont violents et remettent en question la base même du féminisme, c’est-à-dire l’esprit de sororité et de transmission que nous devons maintenir et développer au sein du grand peuple des femmes.

 

 

Esprit de sororité

 

Ça fait quelques années que je suis habituée à recevoir des menaces de mort. A l’époque où j’étais dans les Femen, elles venaient de l’extrême droite et des islamistes. Ce qui m’inquiète, c’est qu’aujourd’hui, elles proviennent des militant·es dites « féministes queers ». Depuis l’arrivée d’Instagram, ce mouvement de pensée s’est largement développé en France et prône un libéralisme dangereux, qui commence même à envahir la sphère universitaire.

 

Ce que j’appelle « libéralisme », c’est le fameux argument du libre arbitre. Une femme serait « libre » de porter le voile, « libre » de se prostituer, « libre » d’échapper à son genre pourtant déterminé par son sexe de naissance. Or, je pense que dans une société où l’on considère que nous sommes des objets sexuels entièrement tendus vers le désir masculin, et où règne la culture du viol, on ne peut pas dire qu’on puisse « choisir » de se prostituer. Pour celles qui l’affirment (c’est-à-dire très peu, puisque la majorité des femmes en situation de prostitution sont victimes d’un système de traite humaine), je pense que c’est en réalité le fruit d’une construction sociale genrée sinon 85% des personnes en situation de prostitution ne seraient pas des femmes et 99% des « clients » ne seraient pas des hommes.

 

J’estime que cette question est extrêmement grave puisqu’elle met en jeu la santé des femmes et la conception globale qu’on se fait de ce qu’est ou de ce que peut être une femme, mérite de pouvoir entendre tous les types d’arguments, y compris les miens. Or, dès que j’ose exprimer mes idées abolitionnistes sur les réseaux sociaux s’ensuit un lynchage en ligne de plus en plus violent. Le cyberharcèlement fait désormais loi, et il se poursuit dans le réel : nombre d’entre nous n’osons plus nous rendre en manifestation par peur d’être agressées.

 

On est entrées dans un nouveau règne loin de l’utopie de la sororité : celui de la terreur. Désormais, si l’on pense que le consentement ne peut pas s’acheter, que le voile est un objet de contrôle sur nos corps ou que les mouvements queers viennent réactiver la permanence des stéréotypes de genre, on se fait lyncher.

 

Tous les jours, je reçois des messages de femmes qui me remercient de continuer à défendre mes idées et de ne pas céder aux intimidations. Elles me disent qu’elles ont peur de faire pareil. Qu’elles ont même peur de partager ou de liker mes posts. Hier encore, une survivante de la prostitution m’a envoyé un témoignage édifiant dont voici un extrait :

« En tant qu’abolitionniste, je ne me sens plus en sécurité pour manifester. Une de mes connaissances a été agressée pour ce type de position en plein cortège en mars. Hier, à la Pride, j’ai ressenti la même chose. Finalement c’est comme si je n’avais plus de place nulle part. Invisibilisée en tant que femme, en tant que bisexuelle et en tant que victime. Toutes ces pancartes « vive les putes » et compagnie, cette banalisation voire promotion du « travail du sexe », c’est justement une violence de plus pour moi. »

 

 

Mécanismes patriarcaux

 

Je reçois aussi des messages de lesbiennes qui me disent qu’elles souffrent d’être accusées de transphobie parce qu’elles ne veulent pas de pénis entre leurs cuisses. Des messages de femmes qui me disent que je les ai fait changer d’avis, et qu’elles n’avaient jamais eu accès aux arguments que je développe avant. Des messages de femmes qui me disent qu’elles ne sont pas d’accord avec moi, mais qu’elles aimeraient pouvoir assister à des débats sains, idées contre idées, sans insultes et sans haine.

 

J’écris pour elles. Pour celles qui pensent comme moi et pour les autres qui sont fatiguées par la violence de certaines féministes d’aujourd’hui. Pour celles, nombreuses, qui abandonnent le combat parce qu’elles n’en peuvent plus de constater que désormais la violence vient de leur « propre camp ». Je voudrais vous dire que vous n’êtes pas seules. Que si vous êtes des centaines à m’écrire, alors vous êtes probablement des milliers en vérité. Que vous n’avez pas à culpabiliser de ne pas vous exprimer : nos vies sont déjà suffisamment structurées par la peur, inutile de rajouter de nouveaux traumatismes que vous n’êtes pas prêtes à encaisser.

 

J’écris aussi pour celles qui considèrent que c’est un débat de niche : bientôt ça ne le sera plus. Je vous le dis, je l’observe depuis environ deux ans, le milieu féministe en France et ailleurs est en train de devenir violent sous couvert d’inclusivité. Il est en train de se faire gangrener par des mécanismes patriarcaux et virilistes. Que nous ne soyons pas d’accord sur tout c’est une chose, mais que nous reproduisions dans nos sphères militantes les mêmes mécanismes que ceux que nous dénonçons est un non-sens complet qui finira par nous détruire. La lutte contre les violences conjugales et les féminicides ne le supportera pas. Ce texte est une sonnette d’alarme.

Voir aussi de Jordi Vidal :

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/la%20societe%20du%20chaos/

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26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 14:18

 

Quand on a demandé à Winston Churchill de couper dans le budget des arts pour l’effort de guerre, il a répondu : "Alors pourquoi nous battons-nous ?"

"L'Étrange Défaite". https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%89trange_D%C3%A9faite Témoignage écrit en 1940 est un témoignage sur la bataille de France écrit en 1940 par Marc Bloch, officier et historien, qui a participé aux deux guerres mondiales. Dans ce livre, il ne raconte pas ses souvenirs personnels mais s'efforce, en témoin objectif, de comprendre les raisons de la défaite française lors de la bataille de France pendant la Seconde Guerre mondiale. Rédigé sur le moment, L'Étrange Défaite a marqué les esprits dès sa parution par la pertinence des constats qui y sont faits"

Il en va de même pour la culture à Perpignan, face à son poisson pilote la mondanité: la culture n'est plus qu'un prétexte à sa fête (sa défaite) la mondanité. Les mondains ne célèbrent la culture que pour mieux l’enterrer: l'étouffer de leur tendresse .

C'est que dans la culture, il y a quelque-chose d'âpre, de difficile au début: c'est comme apprendre à nager!

C'est avant tout un travail sur soi dans la confrontation aux techniques pour créer une œuvre, ou la comprendre, mais, c'est ce travail qui nous transforme et nous rend meilleur.C'est le chemin de l’œuvre ou vers l’œuvre, qui nous modifie! Mais les mauvais compagnons de la culture ont voulu voler ses secrets sans vouloir faire ce travail sur eux-même et ainsi l'ont tué! Désormais,la mondanité est à la culture, ce que le canada dry est à l'alcool !

En matière de culture et de sa révélation, il y a toujours  les 3 stades: Jésus, ses apôtres et l'église. Et se sont toujours les ayants droit qui sont les plus exigeants en matière de rétributions! 

Pour revenir à Perpignan, ceux qui ont pignon sur rue, sont plus, les commentateurs, que les créateurs, les grands commandeurs sur catalogues de spectacles que ses acteurs . Avec la complicité d'une presse qui ni entend pas plus en culture qu'en politique, (le syndrome du limonadier, converti en journaliste) on maintient la confusion dans l'esprit des braves gens que cela intéresse encore...

Il y a aussi que lorsque la culture va, le BTP va ...

On met souvent au crédit de la culture, la construction de bâtiments en son nom. Des bâtiments dont les coûts épuisent la possibilité d'investir dans le contenant culturel.En matière de culture, il vaut mieux être maçon que comédien, musicien ou peintre (à moins que ce soit en bâtiment)

A Perpignan la dernière élection a mis fin à des décennies d'ancien régime, mais dans la composition du nouveau , il y a déjà les traces du "beau comme l'ancien"

Comme une nouvelle saveur qui aurait l'arrière goût de tradition locale!

 

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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 12:49


Pour retrouver toute la pertinence et l’actualité de la pensée de Walter Benjamin, il me semble important d’en revenir à l’universalisme de sa démarche, à sa revendication d’une histoire éclairée par Les Lumières, à la manière fulgurante par laquelle un passé vaincu revient au présent pour le mettre en cause et lui réclamer justice. Pour ce qui concerne notre triste époque, rien moins que l’universalisme concret des Lumières.
Je vous invite donc à lire le texte tout à fait remarquable d’André Markowicz (traducteur et poète français.)

Jordi Vidal

Retour au péché originel

 

J’ai laissé passer pas mal de temps avant de me dire qu’il fallait que je reparle de ce qu’on appelle « l’anti-racisme » tel qu’il fait la une de la presse dans le monde aujourd'hui, — parce que, oui, j’avais été brûlé par ce qui s’était passé avec les « Suppliantes » de Philippe Brunet https://www.franceculture.fr/emissions/signes-des-temps/les-nouvelles-censures-au-theatre, et brûlé pas seulement par les arguments mais par mon propre aveuglement : je ne m’étais pas rendu compte que nous étions passés dans un autre monde, — un monde où la lutte des classes, c’est-à-dire la lutte pour sortir d’un système d’exploitation, en hommes libres et solidaires, avait été remplacée par la lutte des races, c’est-à-dire qu’il n’y avait absolument plus aucun moyen d’imaginer un progrès social, à partir du moment où chacun de nous portait sur sa peau la preuve de son péché originel. Les Noirs (supposés existants en tant que tels, dans une masse indifférenciée définie par la couleur) étant tous victimes des Blancs (qui que puissent être ces Blancs). Les Noirs, seuls habilités, du coup, à parler des souffrances des esclaves, sinon à jouer des Noirs au théâtre (ou des supposés Noirs), parce que les Noirs sont, en tant que Noirs, « racisés ».

J’avais parlé des « Jésuites » qui me traitaient de raciste parce que je m’élevais contre ce que je considère toujours comme une ignominie et une stupidité. Je ne voulais pas seulement parler des méthodes chafouines que je voyais à l’œuvre : envoyer au charbon des nervis, des brutes épaisses, laisser hurler, et puis se présenter pour des gens modérés et retirer les marrons du feu. Je voulais dire, réellement, que c’était le triomphe du péché originel.

Il y a d’abord le péché originel de la naissance. Ce péché brandi par des militants qui se proclament de gauche, anti-capitalistes, anti-systèmes, écologistes ou quoi ou qu’est-ce, pour moi, il est pire, au final, que l’islamisme. Pour un islamiste, de fait, la race ne compte pas, seule compte votre conversion. Mais que puis-je faire, moi, avec ma peau blanche ? Et que peut faire un noir ? Sa peau restera toujours noire. Bien sûr, il peut y avoir des agents de l’étranger, des traîtres, du coup, à la cause, des noirs, par exemple, qui tombent amoureux d’une blanche, et là, quel est le résultat ?... des mischlinge, des hybrides ?... C’est ce racisme-là, cette hydre-là que je vois prospérer aujourd’hui, en même temps que l’autre, celui de toujours, et celui dont je pensais que notre but à tous (je ne parle pas aux électeurs du FN sur ma page) était de le combattre.

Ensuite, il y a dans le discours « antiraciste » d’aujourd’hui quelque chose de profondément non pas « antiraciste » mais anti-historique.

Il y a l’idée (pas exprimée, considérée comme une évidence) que l’esclavage se réduit à l’esclavage des noirs par les blancs. L’esclavage des noirs par les blancs a été, ô combien, réel, mais l’esclavage des noirs par les arabes l’a été tout autant. Je devrais dire : l’est encore, dès lors qu’il existe encore, quasiment légalement en Mauritanie, et que Daesh y est revenu massivement et qu’aujourd’hui encore, en Libye, on vend des réfugiés africains comme esclaves. Or, les accusations ne sont portées que sur les Occidentaux. Moi, ça, ça me pose problème.

Ça me pose d’autant plus problème que l’esclavage ne se réduit pas à l’Afrique. Je n’ai pas l’impression, par exemple, qu’il ne reste pas un problème, majeur, catastrophique, par exemple, en Inde (et depuis bien avant la conquête anglaise) ou, d’une autre façon, en Chine. Je n’ai pas l’impression que l’esclavage n’ait pas existé, autre exemple, en Russie — légalement jusqu’en 1861 (même date d’abolition que les Etats-Unis), et, dans les faits, bien plus tard. En Russie, ce n’étaient pas des Noirs qui étaient vendus, torturés, utilisés comme du bétail et jetés au rebut, c’étaient des Blancs, par d’autres Blancs. Et ces Blancs, dans le même temps, utilisant souvent des soldats blancs esclaves, colonisaient l’Asie Centrale, où les esclaves existaient aussi, et où, là encore, ces esclaves n’étaient pas noirs. Et puis, en Afrique même, je n’ai pas l’impression que les différents royaumes africains d’avant la colonisation ne pratiquaient pas l’esclavage et ne vendaient pas, par exemple, leurs prisonniers aux marchands, arabes, portugais, français, anglais, américains. Et je n’ai pas l’impression (ou me trompé-je ?) que la solidarité des noirs ait un jour existé davantage que celle des blancs, ou des jaunes, ou des indiens d’Amérique entre eux.

Bref, le discours des associations dites anti-racistes accuse les uns (à juste titre) et dédouane les autres, ce qui permet de ne pas analyser le phénomène global et donc de le laisser se perpétuer dans le monde.

Ensuite, il y a la revendication de détenir seul le droit de s’exprimer sur ses propres problèmes, — revendication qui ravage en ce moment le monde anglo-saxon au même rythme que les ravages de Trump. Cette revendication n’empêche pas seulement la lutte commune, la lutte politique, humaniste. Elle empêche, je l’ai dit et je le redis ici, cette chose fondamentale qui est à la naissance de la littérature, l’empathie. Parce que la littérature est l’expression de l’autre — de ce que je ne suis pas. Parce qu’on écrit toujours pour l’autre, pour le frère, jamais pour soi (même quand on passe sa vie à faire un journal intime). Faire un procès d’intention à un écrivain parce qu’il traite un sujet qui ne le concerne pas par la couleur de sa peau est une des définitions du racisme. Et ce racisme, dans le monde anglo-saxon, devient la loi. Une loi agressive, vindicative, pleine de la bonne conscience universelle du fanatisme.

Et puis, il y a autre chose : la tentation hygiéniste de l’histoire. Il faudrait que l’histoire soit comme nous voudrions qu’elle soit, et il faudrait juger le passé à l’aune du présent, ou, plus précisément, pas à l’aune du présent en général, mais du présent tel que nous le comprenons, nous, tel que, nous, nous voulons qu’il soit. Il faut tout nettoyer. Voltaire dès lors, par exemple, ne serait plus qu’un vil antisémite, Jules Ferry ne serait plus qu’un infâme colonialiste (il l’a été, sans aucun doute), et ainsi de suite — c’est-à-dire que l’histoire tout entière n’est plus regardée que par ce prisme-là. Du coup, l’histoire n’est plus regardée du tout, elle n’est plus qu’un présent détesté. Ce que nous voyons se déployer, à une très grande vitesse, c’est une nouvelle Révolution culturelle à la chinoise (qui a été encensée, à l’époque, par bien de nos grands intellectuels). Je pense que le moment viendra où, chacun de nous, devant une foule hurlante (peut-être par l'intermédiaire de « meet » ou de « zoom »), devra demander pardon d’être ce que vous pensez qu’il est.

Ce n’est pas ça qui va changer la misère endémique des banlieues, ni le racisme des électeurs de Le Pen. Mais ça fera plaisir — et ce sera déjà bien.

Parce que, ce qui fait le plus plaisir, c’est de désigner les méchants et, donc, d’être un gentil au milieu des gentils. Ça vous donne bonne conscience. La bonne conscience, c’est bon pour la santé. Et la santé, nous sommes d’accord, c’est l’essentiel.

Et j’oubliais cette évidence : l’universalisme, c’est une valeur de Blancs.

André Markowicz (29 juin 2020)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Markowicz

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13 juillet 2020 1 13 /07 /juillet /2020 12:03

 

"Quand Noé a-t-il bâti son arche Gladys ? Avant le déluge ! Avant le déluge!"
film Spygame
 
Le déluge avait déjà eu lieu à Perpignan bien avant l'élection de Louis Aliot, on avait fermé l'école des Beaux Arts et la culture n'était réduite qu'à l'état de vitrine afin que les bourgeois de la ville puissent se montrer en consommant des petits four. Mais dans les mas des Albères en ce temps là, cela ne traumatisait personne . Eux se faisaient leur propre festival dans leur salon et ne se préoccupaient pas du malheur culturel des autres...Vivant à coté du lieu de malheur du philosophe Walter Benjamin https://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_Benjamin, certains se sont emparés de l’œuvre et de sa figure tragique, pour se mettre en scène .
 
Walter Benjamin est désormais plus pour eux un Copyright qu'un philosophe, et ils comptent bien toucher les royalties morales un certain temps. Ils sont à Walter Benjamin ce que les témoins de Jéhovah sont à Jésus: ils n'ont pas vu l'accident, mais ils donnent témoignage à la presse!  Vous voulez faire une piscine Walter Benjamin (oui, il savait aussi bien nager qu'écrire) rédigez leur un courrier en justifiant qui vous êtes, et pourquoi par les temps qui coulent, une piscine Walter Benjamin peut être une bouée de sauvetage pour la pensée... Et si vous remplissez leurs critères, vous aurez droit à votre premier flocon en Walter Benjamisme!
Le temps pour témoigner est tellement large qu'ils s'interdisent pour la plupart de produire des écrits dans la lignée ou non de leur prophète, pas même des hadiths!
Ce sont essentiellement des producteurs en moraline. Ces francs bourgeois ne sont pas là pour prendre des risques, c'est Walter et Benjamin qui meurent et eux qui comptent bien en vivre. La période est à la posture et à l'imposture .
 

Walter Benjamin, il ne s'agit pas de le lire mais de l'invoquer !

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11 juillet 2020 6 11 /07 /juillet /2020 18:00
 
Monty Python : la vie de Brian

 

150 artistes et intellectuels condamnent l'« intolérance à l’égard des opinions divergentes »TRIBUNE La journaliste Gloria Steinem, la créatrice d’Harry Potter J.K. Rowling ou encore l’écrivain algérien Kamel Daoud dénoncent un climat d’« intolérance à l’égard des opinions divergentes » et appellent à « argumenter et convaincre », plutôt qu’à « taire »
 
Il est de bon ton de nos jours de pétitionner, toujours pour la bonne
cause. Bonne cause qui oscille le plus souvent entre la fausse
conscience et l’invective. Le texte que je vous engage à lire, et non
à signer, rappelle que de nos jours, la droite et l’extrême droite
n’ont pas le monopole de l’intolérance.
Comme l’écrivent les signataires :
 
« La censure, que l’on s’attendait plutôt à voir surgir du côté de la
droite radicale, se répand largement aussi dans notre culture :
intolérance à l’égard des opinions divergentes, goût pour
l’humiliation publique et l’ostracisme, tendance à dissoudre des
questions politiques complexes dans une certitude morale aveuglante. »
 
Et encore :
« Cette atmosphère étouffante va finir par nuire aux causes les plus
vitales de notre époque. Restreindre le débat, que ce soit le fait
d’un gouvernement répressif ou d’une société intolérante, nuit
immanquablement à ceux qui ne détiennent pas le pouvoir et nous rend
tous moins aptes à participer à la vie démocratique. »

A Letter on Justice and Open Debate

« Nos institutions culturelles sont aujourd’hui à l’épreuve. Les puissantes manifestations en faveur de la justice raciale et sociale revendiquent une réforme de la police trop longtemps différée et font plus largement entendre des appels pour davantage d’égalité et d’inclusion dans notre société, notamment dans l’enseignement supérieur, le journalisme, la philanthropie
et les arts.
Mais cette nécessaire prise en compte a aussi renforcé tout un ensemble de postures morales et d’engagements politiques qui risquent d’affaiblir les règles du débat public et l’acceptation des différences au profit d’un conformisme idéologique. Autant nous avons salué la première phase de ce mouvement, autant nous voulons nous élever contre la seconde.
Les forces illibérales gagnent du terrain partout dans le monde et trouvent un puissant allié en Donald Trump, qui représente une réelle menace contre la démocratie. Notre résistance ne devrait pas conduire au dogmatisme ou à la coercition. L’inclusion démocratique que nous appelons de nos vœux ne peut advenir que si nous refusons le climat d’intolérance général qui s’est installé de part et d’autre.

 

Crainte des représailles

L’échange libre des informations et des idées, qui est le moteur même des sociétés libérales, devient chaque jour plus limité. La censure, que l’on s’attendait plutôt à voir surgir du côté de la droite radicale, se répand largement aussi dans notre culture : intolérance à l’égard des opinions divergentes, goût pour l’humiliation publique et l’ostracisme, tendance à dissoudre des questions politiques complexes dans une certitude morale aveuglante. Nous défendons le principe d’un contre-discours solide et même caustique de toutes parts.
Or, les appels à sanctionner rapidement et sévèrement tout ce qui est perçu comme une
transgression langagière et idéologique sont devenus monnaie courante. Plus inquiétant
encore, des dirigeants institutionnels, ne sachant plus où donner de la tête pour limiter les dégâts, optent pour des sanctions hâtives et disproportionnées plutôt que pour des réformes réfléchies.

2

On renvoie des rédacteurs en chef pour avoir publié des articles controversés ; on retire des livres sous le prétexte d’un manque d’authenticité ; on empêche des journalistes d’écrire sur certains sujets ; on enquête sur des professeurs à cause des œuvres littéraires qu’ils citent en classe ; un chercheur est renvoyé pour avoir fait circuler un article scientifique dûment examiné par des pairs ; et on limoge des dirigeants d’organisation pour des erreurs qui ne sont parfois que des maladresses.
Quelles que soient les raisons invoquées, la conséquence en est qu’il est de plus en plus
difficile de prendre la parole sans craindre des représailles. Nous en faisons déjà les frais, à en juger par l’aversion au risque qui se développe parmi les écrivains, les artistes et les journalistes, inhibés par la peur de perdre leur gagne-pain s’ils s’écartent du consensus ou même s’ils ne font pas preuve du zèle attendu pour se conformer.

La justice n’existe pas sans la liberté

Cette atmosphère étouffante va finir par nuire aux causes les plus vitales de notre époque.
Restreindre le débat, que ce soit le fait d’un gouvernement répressif ou d’une société
intolérante, nuit immanquablement à ceux qui ne détiennent pas le pouvoir et nous rend tous moins aptes à participer à la vie démocratique.
Pour vaincre de mauvaises idées, il faut les exposer, argumenter et convaincre, et non pas essayer de les taire ou espérer qu’elles disparaissent.
Nous rejetons les faux choix qu’on nous présente entre la justice et la liberté : l’une n’existe pas sans l’autre. En tant qu’écrivains, notre métier repose sur la marge que la société nous accorde pour l’expérimentation, la prise de risque et même l’erreur. Nous avons besoin de préserver la possibilité d’un désaccord de bonne foi sans conséquences professionnelles désastreuses. Si nous ne défendons pas ce qui est la condition même de notre travail, nous ne pouvons pas nous attendre à ce que le public ou l’Etat le fasse pour nous. »
(Traduit de l’anglais par Pauline Colonna d’Istria)

3

Elliot Ackerman
Saladin Ambar – Université Rutgers
Martin Amis
Anne Applebaum
Marie Arana – auteur
Margaret Atwood
John Banville
Mia Bay – historien
Louis Begley – écrivain
Roger Berkowitz – Collège Bard
Paul Berman – écrivain
Sheri Berman – Barnard College
Reginald Dwayne Betts – poète
Neil Blair, agent
David W. Blight – Université de Yale
Jennifer Finney Boylan – auteur
David Bromwich
David Brooks – chroniqueur
Ian Buruma – Collège Bard
Lea Carpenter
Noam Chomsky – MIT (émérite)
Nicholas A. Christakis – Université de Yale
Roger Cohen – écrivain
Ambassadeur Frances D. Cook, ret.
Drucilla Cornell – Fondatrice, uBuntu Project
Kamel Daoud
Meghan Daum – écrivain
Gerald Early – Université de Washington-St. Louis
Jeffrey Eugenides – écrivain
Dexter Filkins
Federico Finchelstein – La nouvelle école
Caitlin Flanagan
Richard T. Ford – Stanford Law School
Kmele Foster
David Frum – journaliste
Francis Fukuyama – Université de Stanford
Atul Gawande – Université Harvard
Todd Gitlin – Université Columbia
Kim Ghattas
Malcolm Gladwell
Michelle Goldberg – chroniqueuse
Rebecca Goldstein – écrivain
Anthony Grafton – Université de Princeton
David Greenberg – Université Rutgers
Linda Greenhouse
Rinne B. Groff – dramaturge
Sarah Haider – militante
Jonathan Haidt – NYU-Stern
Roya Hakakian – écrivain
Shadi Hamid – Établissement Brookings

4

Jeet Heer – La Nation
Katie Herzog – animatrice de podcast
Susannah Heschel – Collège Dartmouth
Adam Hochschild – auteur
Arlie Russell Hochschild – auteur
Eva Hoffman – écrivain
Coleman Hughes – écrivain / Manhattan Institute
Hussein Ibish – Institut des États arabes du Golfe
Michael Ignatieff
Zaid Jilani – journaliste
Bill T. Jones – Arts vivants de New York
Wendy Kaminer – écrivain
Matthew Karp – Université de Princeton
Garry Kasparov – Renouveler l’initiative pour la démocratie
Daniel Kehlmann – écrivain
Randall Kennedy
Khaled Khalifa – écrivain
Parag Khanna – auteur
Laura Kipnis – Université Northwestern
Frances Kissling – Centre pour la santé, l’éthique et la politique sociale
Enrique Krauze – historien
Anthony Kronman – Université de Yale
Joy Ladin – Université Yeshiva
Nicholas Lemann – Université Columbia
Mark Lilla – Université Columbia
Susie Linfield – Université de New York
Damon Linker – écrivain
Dahlia Lithwick – Ardoise
Steven Lukes – Université de New York
John R. MacArthur – éditeur, écrivain
Susan Madrak – écrivain
Phoebe Maltz Bovy – écrivain
Greil Marcus
Wynton Marsalis – Jazz au Lincoln Center
Kati Marton – auteur
Debra Maschek – érudite
Deirdre McCloskey – Université de l’Illinois à Chicago
John McWhorter – Université Columbia
Uday Mehta – Université de la ville de New York
Andrew Moravcsik – Université de Princeton
Yascha Mounk – Persuasion
Samuel Moyn – Université de Yale
Meera Nanda – écrivain et professeur
Cary Nelson – Université de l’Illinois à Urbana-Champaign
Olivia Nuzzi – New York Magazine
Mark Oppenheimer – Université Yale
Dael Orlandersmith – auteur / interprète
George Packer
Nell Irvin Painter – Université de Princeton (émérite)
Greg Pardlo – Université Rutgers – Camden

5
Orlando Patterson – Université Harvard
Steven Pinker – Université Harvard
Letty Cottin Pogrebin
Katha Pollitt – écrivain
Claire Bond Potter – La nouvelle école
Taufiq Rahim – Fondation New America
Zia Haider Rahman – écrivain
Jennifer Ratner-Rosenhagen – Université du Wisconsin
Jonathan Rauch – Brookings Institution / L’Atlantique
Neil Roberts – théoricien politique
Melvin Rogers – Université Brown
Kat Rosenfield – écrivain
Loretta J. Ross – Smith College
JK Rowling
Salman Rushdie – Université de New York
Karim Sadjadpour – Dotation Carnegie
Daryl Michael Scott – Université Howard
Diana Senechal – enseignante et écrivaine
Jennifer Senior – chroniqueuse
Judith Shulevitz – écrivain
Jesse Singal – journaliste
Abattage Anne-Marie
Andrew Solomon – écrivain
Deborah Solomon – critique et biographe
Allison Stanger – Collège Middlebury
Paul Starr, American Prospect / Princeton University
Wendell Steavenson – écrivain
Gloria Steinem – écrivaine et militante
Nadine Strossen – École de droit de New York
Ronald S. Sullivan Jr. – Harvard Law School
Kian Tajbakhsh – Université Columbia
Zephyr Teachout – Université Fordham
Cynthia Tucker – Université de South Alabama
Adaner Usmani – Université Harvard
Chloé Valdary
Lucía Martínez Valdivia – Reed College
Helen Vendler – Université Harvard
Judy B. Walze
Michael Walzer
Eric K. Washington – historien
Caroline Weber – historienne
Randi Weingarten – Fédération américaine des enseignants
Bari Weiss
Sean Wilentz – Université de Princeton
Garry Wills
Thomas Chatterton Williams – écrivain
Robert F. Worth – journaliste et auteur
Molly Worthen – Université de Caroline du Nord à Chapel Hill
Matthew Yglesias
Emily Yoffe – journaliste

6

Cathy Young – journaliste
Fareed Zakaria

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